Dmitri Tcherniakov: l'opéra panoramique

Libération.fr
Dmitri Tcherniakov, à Berlin.

L'actualité choisie de la grande musique. Cette semaine, le metteur en scène russe évoque «la Fille de neige», la façon dont il travaille avec les chanteurs et un certain pouvoir «surnaturel» qu'il développe en répétitions.

Le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov, 46 ans, est massif dans le discours, carré dans l’apparence, et revendique un travail parfois oblique (par exemple son traitement du Dialogue des carmélites en 2010, pour beaucoup sifflé comme hors jeu) mais toujours personnel, dans lequel la fascination du spectacle le dispute à l’intelligence du propos – ou à celle du dispositif selon le degré de réussite. Pour sa dernière production à l’Opéra Bastille, la (rare) Fille de neige de Rimski-Korsakov, cet amoureux du principe réflexif met des cadres dans des cadres, comme il l’avait fait l’an dernier avec la doublette Iolanta/Casse-Noisette.

La Fille de neige, rejeton de Dame printemps et du Bonhomme hiver, va traverser un monde des humains fantasmé, dans un décor de forêt slave qui tient du chromo folklorique façon Tintin. Des villageois y jouent aux simulacres d’offrandes et de sacrifices (passage des saisons, moissons… à l’image des contes populaires dont ce Snegourotchka est tiré, et du Sacre du printemps qui arrivera trente ans plus tard), et Tcherniakov s’interroge largement sur les facettes du vivre-ensemble (quand par exemple on est habillé de jaune et bleu et qu’on est amoureux d’une femme vêtue en rouge, blanc et bleu), des communautés, des hiérarchies (qui commande, l’homme qui aide la Fille de neige ? Le tsar ? Le cœur de la Fille de neige a-t-il quelque chose à dire ?), mais aussi de l’intimité des sentiments. Il fait parcourir à son héroïne, la brillante soprano russe Aida Garifullina, un chemin de croix qui de l’amour ne connaît que les mauvais aspects. Elle est méprisée par ceux qu’elle aime, est ensuite adorée par ceux qu’elle rejette. Ce personnage allégorique de transition qui ne peut vivre avec les humains reste fidèle à sa (...) Lire la suite sur Liberation.fr

Jackie Berroyer
Trance
Arnaque, stream et polémique
Joe Goddard en zone hétérogène
Fantaisies linguistiques

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages