Djihadistes renvoyés de Turquie : "Ils peuvent servir de moyen de pression sur l'Europe"

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Le ministre de l'Intérieur turc a annoncé que les djihadistes étrangers qu'il détient seraient renvoyés dans leur pays d'origine dès lundi. Faut-il le croire ?

À quoi joue la Turquie ? Le ministre de l'Intérieur turc Süleyman Soylu a annoncé ce vendredi que la Turquie allait renvoyer dans leur pays d'origine les membres étrangers du groupe État islamique (EI) qui sont actuellement détenus sur son sol. "Nous commencerons à partir de lundi", a-t-il déclaré lors d'un discours à Ankara. "Pas besoin de courir dans tous les sens : nous allons vous renvoyer les membres de l'EI. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez", a-t-il ajouté. 

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Si le ministre turc n'a pas précisé quels étaient les pays concernés par cette mesure, il s'est adressé à l'"Europe" dans son discours. Ankara appelle régulièrement les pays européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de Daech en Syrie, mais ceux-ci sont bien peu enclins à les récupérer, notamment pour des raisons sécuritaires et d'impopularité d'une telle mesure.  

Dans ce contexte, comment analyser cette décision soudaine de la Turquie ? L'Express s'est entretenu avec Adel Bakawan, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (IFRI) et spécialiste du Moyen-Orient.  

L'Express : L'annonce du renvoi dans leur pays d'origine de djihadistes détenus en Turquie, formulée par le ministre de l'Intérieur turc, est-elle crédible ?  

Adel Bakawan : Tout d'abord, il faut rappeler qu'à ce jour, le pouvoir turc ne contrôle pas l'une des cinq prisons tenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), où sont retenus de nombreux djihadistes. Donc lorsque la Turquie parle de renvoyer des djihadistes dans leur pays d'origine, elle fait référence à ceux qu'elle a capturés lors de l'offensive en Syrie, ou alors ceux qui ont été arrêtés sur son sol.  

Cependant, il ne faut pas oublier qu'Ankara a besoin de ces djihadistes, car ils peuvent servir de moyen de pression sur l'Europe. En effet, jusqu'à présent, Recep Tayyip Erdogan a principalement utilisé les 3,6 millions de réfugiés prés...Lire la suite sur L'Express.fr

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