Djibouti: l’ONU épingle les autorités sur l’interdiction du parti MRD

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Le Comité onusien des droits de l’homme a rendu un rapport sur le cas de Daher Ahmed Farah. Visé par un mandat d’arrêt international, l’opposant préside le parti MRD, dissout par le pouvoir djiboutien en 2009. Résidant en Belgique, Daher Ahmed Farah avait saisi le comité en 2017. Ce dernier a estimé que Djibouti avait violé ses droits.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

« DAF est de retour », a réagi le MRD. Le Comité des droits de l’homme a estimé que la dissolution du parti était une ingérence dans la liberté d’association et que les autorités avaient plusieurs fois violé les libertés de Daher Ahmed Farah ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont Djibouti est signataire.

Les experts onusiens ont donc demandé la réhabilitation du MRD, que l’opposant puisse rentrer au pays, poursuivre son activité politique librement et être indemnisé. Djibouti a 180 jours pour expliquer où en est l’application de cette décision.

DAF s’est dit « satisfait » après ce rapport « à la dimension internationale ». Assigné à résidence plus de vingt fois et arrêté six fois selon son entourage, l’opposant n’a rien perdu de son engagement. « Tant que rien ne changera à Djibouti, je continuerai », assure-t-il. Pour lui, l’idéal serait « de rentrer rapidement et d’être candidat à la présidentielle d’avril ».

Son avocat décrit « un soulagement après une longue procédure ». Me Zacharia Abdillahi, estime que « les conclusions s’imposent à Djibouti », néanmoins il ne cache pas son pessimisme quant à leur application. « Le pouvoir s’acharne car il a peur de son influence politique », avance Me Abdillahi.

Et en effet, Djibouti n’a pas l’intention d’appliquer ces conclusions. Selon Daoud Houmed, porte-parole de la majorité, « Djibouti est un Etat souverain, sa justice est indépendante. Personne ne nous imposera quoique ce soit », dit-il. Pour lui, les droits du chef du MRD ont été respectés et il a épuisé toutes les voies de recours.