Djibouti: journée de vote pour une présidentielle sans grande surprise

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L’heure est au dépouillement à Djibouti qui organisait ce vendredi 9 avril son élection présidentielle. Les bureaux ont fermé à 19h et on attend désormais les résultats, qui tomberont peut-être durant la nuit. L’issue du scrutin fait peu de doutes avec le président Ismaël Omar Guelleh, candidat à un 5e mandat face à Zakaria Ismail Farah, un candidat indépendant.

« L’enjeu, c’est surtout le taux de participation », a reconnu le Premier ministre djiboutien. Abdoulkader Kamil Mohamed a fustigé l’opposition qui a boycotté le scrutin et appelé les citoyens à bouder les urnes.

Pour le chef du gouvernement, les adversaires du pouvoir ont l’impression d’être importants et d’avoir le soutien des réseaux sociaux, mais la réalité se joue dans les urnes, dit-il.

Les autorités ont organisé ces derniers mois une campagne pour encourager les Djiboutiens à retirer leurs cartes d’électeurs et à voter. Elles espèrent un plébiscite pour le président Guelleh, couronné d’une forte mobilisation citoyenne, pour donner une meilleure légitimité à son 5e mandat.

Mais l’opposition, qui n’a présenté aucun candidat, avait appelé les Djiboutiens à bouder les urnes et à ne pas retirer leurs cartes d’électeurs. Les adversaires d’IOG considèrent ce scrutin comme une « mascarade électorale », face à un adversaire servant de faire valoir. « La population est fatiguée de cette mascarade électorale. Il n’y a pas de concurrence. Ça n’a aucun sens d’aller voter », a déclaré Abdurahman Mohamed Guelleh du parti Radde.

Difficile encore de dire quel appel a été le plus entendu. En tout cas ce matin, plusieurs témoins ont décrit des bureaux de vote quasi déserts, sans files d’attente. Néanmoins, les électeurs sont venus plus nombreux après Salat Al Jum’ah, la prière du vendredi après-midi.

Le résultat attendu fait peu de doute avec d’un côté le président Guelleh, 73 ans, au pouvoir depuis 99 et jamais réélu avec moins de 75% des voix. De l’autre Zakaria Ismail Farah, un entrepreneur de 56 ans inconnu du grand public et qui se présente en indépendant. Ce dernier s’est d’ailleurs plaint que ses délégués n’aient pas pu accéder à une partie des bureaux de vote, entachant selon lui le vote d’irrégularités.

Les rapports des 45 observateurs dépêchés par l’IGAD, l’UA ou encore la Ligue arabe pourraient donner une meilleure idée de la régularité du scrutin.

Néanmoins si Ismaël Omar Guelleh se dirige vers un 5e mandat, l’opposition elle n’en a pas fini. Le parti Radde a par exemple annoncé la fin de ses manifestations qui duraient depuis plus de deux mois. « Nous entamons une nouvelle phase avec une sensibilisation de la population, un renforcement de la base et le recrutement de nouveaux militants », a déclaré le chef du mouvement Abdourahman Mohamed Guelleh.

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