Djibi, poète à la rue

Libération.fr

Un docu empathique suit le parcours d’un ado et de ses proches dans un centre d’hébergement d’urgence à Paris.

En mai 2016, Libération publiait un article reproduisant les paroles d’enfants et d’adolescents vivant dans des centres d’hébergement d’urgence (1). Parmi eux, Djibi, 13 ans, écrivait, à propos d’une existence forcée d’être nomade : «Je suis un serial déménageur.» Le documentaire Un jour ça ira retrace quelques mois du parcours de ce même Djibi (lire son portrait dans Libération de mardi) et de ceux qui partageaient alors sa vie dans un centre géré par l’association Aurore, dans le XVIIe arrondissement de Paris : l’Archipel, qui a depuis fermé ses portes. Des ateliers d’écriture et de composition musicale y sont proposés aux enfants : Djibi se lance, en jeune poète qui a le sens des trouvailles verbales, dans l’invention du récit qu’il scandera bientôt sur scène pour les habitants du lieu. «Où sont mes racines ?» demande-t-il : sa voix assurée traverse les mers et les pays, le Sénégal lointain de sa famille, l’Italie inconnue de sa naissance, la France précaire de son quotidien. Dans le dédale du centre aux airs de couvent ou d’hôpital, il interroge sa mère et les autres mères, pose des colles aux animateurs, discute avec ceux de son âge et avec ceux qui passent, venus de loin entre ces murs pour quelques nuits ou quelque temps. Un jour ça ira, avec sa forme bien policée mais entièrement tendue vers l’émotion et l’empathie, s’adresse (aussi) à de jeunes spectateurs, dont on ne peut que souhaiter qu’ils y jettent un œil.

(1) «Moi jeune… le 115 à 15 ans», Libération du 25 mai 2016.



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