Ultra-droite: dix interpellations contre un projet d'attentat

Dix personnes de 17 à 25 ans, soupçonnées de vouloir attaquer des hommes politiques, arrêtées dans le sud-est de la France et en région parisienne

Paris (AFP) - Quatre mois après l'arrestation d'un ex-militant d'ultradroite, soupçonné d'avoir projeté un attentat contre des hommes politiques et des mosquées, les services antiterroristes ont interpellé mardi dix personnes dans son entourage.

Neuf hommes, dont trois mineurs, gravitant pour la plupart dans la mouvance ultradroite, et une femme ont été arrêtés par la Sdat (Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire), en co-saisine avec la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), dans le sud-est de la France et en région parisienne, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Les dix protagonistes "étaient en lien" avec Logan Alexandre Nisin, un ancien militant de l'Action Française Provence, organisation royaliste qui avait multiplié les provocations musclées autour de Marseille et d'Aix-en-Provence avant l'été, a précisé une des sources. La femme interpellée est la mère de Nisin.

Interpellé le 28 juin à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Nisin, 21 ans, a été mis en examen début juillet et placé en détention provisoire dans le cadre d'une enquête ouverte pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Les investigations avaient "mis en lumière un projet d'action violente aux contours imprécis: évocation d'un lieu de culte, d'un homme politique, d'un migrant, d'un trafiquant de stupéfiants", a relevé une source judiciaire.

L'affaire avait d'abord été traitée localement par le parquet d'Aix-en-Provence et la section de recherche (SR) de la gendarmerie de Marseille, avant d'être confiée à la Sous-direction antiterroriste.

Les enquêteurs cherchent désormais à établir la nature des liens entre Logan Alexandre Nisin et les personnes interpellées mardi, et à savoir si ces dernières avaient connaissance de son projet d'attentat, visant notamment le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner et Jean-Luc Mélenchon, ex-candidat à la présidentielle de la France Insoumise, d'après une des sources proches de l'enquête.

"Jean-Luc Mélenchon n'a pas été informé et ses demandes de protection pendant les législatives ont été rejetées", a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'ex-candidat.

- projet "OAS" -

Nisin avait été repéré car il était l'administrateur d?une page Facebook à la gloire de l'extrémiste de droite norvégien Anders Behring Breivik, auteur d'une tuerie qui a fait 77 morts en Norvège en 2011. D'après Le Monde, son projet baptisé "OAS", le sigle de l?Organisation de l?armée secrète responsable d?une campagne sanglante contre l?indépendance de l?Algérie au début des années 1960, visait à "enclencher la "remigration"" de la France. Plusieurs armes avaient été retrouvées à son domicile.

Après son interpellation, l'Action française avait indiqué que Nisin avait "quitté (le) mouvement depuis un certain temps" et ne pas avoir eu connaissance "de ses agissements solitaires".

Organisation royaliste se réclamant de Charles Maurras, inspirateur des mouvements d'extrême droite condamné après la guerre pour son soutien résolu au régime de Vichy, l'Action Française a été particulièrement active ces derniers mois à Aix-en-Provence et à Marseille.

Ses militants, souvent jeunes, ont été impliqués dans des accrochages avec des militants de gauche dans le centre-ville de Marseille, où ils ont ouvert un local, et lors d'une empoignade devant un lycée au cours d'une distribution de tracts, dans laquelle un lycéen avait été blessé. Ils ont aussi perturbé des réunions publiques de personnalités politiques locales, et une conférence universitaire sur le FN.

Sollicité par l'AFP, l'avocat de Nisin, Me Eric Bourlion, n'était pas disponible dans l'immédiat.

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