Dix morts par arme blanche, un suspect toujours en fuite: ce que l'on sait des attaques survenues au Canada

Damien Sanderson et Myles Sanderson, les deux suspects des attaques au couteau survenues dans des localités isolées du Canada. - Handout / Royal Canadian Mounted Police Saskatchewan
Damien Sanderson et Myles Sanderson, les deux suspects des attaques au couteau survenues dans des localités isolées du Canada. - Handout / Royal Canadian Mounted Police Saskatchewan

Chasse à l'homme au Canada. Les villes de James Smith Crew Nation et de Waledon se sont réveillées en deuil ce lundi après que plusieurs attaques au couteau ont fait dix morts et une quinzaine de blessés dans ces deux localités isolées du Saskatchewan, une province du pays.

Alors que la population tente encore de comprendre les raisons qui ont poussé les deux suspects à passer à l'acte, l'un d'entre eux a été retrouvé mort par la police. L'autre est toujours activement recherché par les autorités.

• L'une des attaques les plus sanglantes du pays

La police canadienne a reçu un premier appel à 5h40 heure locale faisant état d'une attaque à l'arme blanche à James Smith Cree Nation, suivie d'autres. Les autorités ont retrouvé dix corps dans la communauté autochtone et dans la ville voisine de Weldon, dans la province occidentale de la Saskatchewan.

"Plusieurs autres victimes ont été blessées, dont 15 ont pour l'instant été transportées dans différents hôpitaux", a déclaré la commissaire adjointe de la Gendarmerie royale du Canada, Rhonda Blackmore, au cours d'une conférence de presse.

Signe de l'ampleur du drame: la localité de James Smith Cree Nation, qui compte 2500 habitants, a décrété localement l'état d'urgence. La population de la Saskatchewan a en outre été priée de rester chez elle, par mesure de sécurité. L'alerte et les recherches se sont également étendues aux provinces voisines du Manitoba et de l'Alberta.

Le pays à la feuille d'érable a été touché ces dernières années par une succession d'événements dramatiques. En janvier 2017, six personnes ont péri et 19 ont été blessées dans des attaques ayant visé la grande mosquée de Québec. En avril 2020, ce sont 22 personnes qui on été tuées par un tireur se faisant passer pour un policier en Nouvelle-Écosse, soit la tuerie la plus meurtrière perpétrée sur le sol canadien.

• Des victimes "ciblées", d'autres "attaquées au hasard"

Aucune information n'a pour l'heure été communiquée au sujet des victimes de ces attaques. Pour autant la police canadienne "pense" que certaines des personnes tuées "ont été ciblées par les suspects et que d'autres ont été attaquées au hasard.

"Parler d'un motif est extrêmement difficile pour l'instant", a néanmoins ajouté Rhonda Blackmore.

Le fait que ces attaques aient eu lieu dans une ville peuplée par une communauté autochtone n'a pas manqué de faire réagir Bobby Cameron, chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan. "Ceci est la destruction à laquelle nous devons faire face lorsque les drogues illégales nocives envahissent nos communautés", a-t-il écrit dans un communiqué rapporté par Radio Canada.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a de son côté réagi en qualifiant les attaques d'"horribles et bouleversantes".

• Un suspect toujours recherché, un mandat d'arrêt émis

Les suspects ont été rapidement identifiés: il s'agit de deux hommes appelés Damien Sanderson et Miles Sanderson, âgés de 30 et 31 ans, aux cheveux noirs et aux yeux marron. Les deux individus, se sont apparemment enfuis dans une Nissan Rogue de couleur noire. Les forces de police ont annoncé que l'un des deux, Damien Sanderson, a été retrouvé mort dans l'une des localités où se sont déroulés les meurtres.

Miles Sanderson était, selon le service de police de Saskatoon, recherché par les forces de l'ordre depuis le mois de mai dernier pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire. Il avait été condamné à près de cinq ans d'emprisonnement notamment pour vol.

Article original publié sur BFMTV.com