Dix Hongkongais ayant cherché à fuir jugés en Chine pour franchissement illégal de frontières

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DIX HONGKONGAIS AYANT CHERCHÉ À FUIR JUGÉS EN CHINE POUR FRANCHISSEMENT ILLÉGAL DE FRONTIÈRES

SHENZHEN (Reuters) - Dix résidents de Hong Kong étaient jugés lundi par un tribunal chinois pour des accusations de franchissement illégal de frontières après que le bateau dans lequel ils faisaient route cet été vers Taiwan a été intercepté.

Les autorités de Chine continentale ont arrêté onze hommes et une femme en mer le 23 août dernier. Le plus jeune d'entre eux a 16 ans.

Ces 12 personnes, qui faisaient tous l'objet d'accusations à Hong Kong liés à des manifestations anti-gouvernementales, sont détenues depuis leur arrestation dans une prison située en Chine continentale.

Les autorités chinoises, qui estiment qu'il s'agit de séparatistes, ont indiqué que deux d'entre eux seraient jugés séparément car ils sont mineurs.

Les douze sont accusés d'avoir franchi illégalement la frontière ainsi que d'avoir organisé un passage illicite de la frontière et risquent une peine pouvant aller jusqu'à sept ans de prison, selon les autorités chinoises.

L'affaire a suscité beaucoup d'intérêt à Hong Kong car les cas d'arrestation de personnes essayant de quitter l'ancienne colonie britannique sont rares.

Elle intervient après l'entrée en vigueur en juin d'une loi, très décriée, sur la sécurité intérieure.

Des diplomates de plusieurs pays tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie n'ont pu assister à l'audience, les autorités ayant déclaré que le tribunal était complet.

"On nous a refusé l'entrée. L'explication officielle donnée est que l'affaire n'implique aucun citoyen étranger", a déclaré un de ces diplomates à Reuters.

Le sort des détenus a attiré l'attention de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'homme qui s'inquiètent de leur traitement. Les familles des détenus ont déclaré qu'ils n'avaient pas eu droit à des avocats indépendants.

"Ils essaient de dire que c'est un procès ouvert, mais ils disent aussi que tous les sièges sont occupés. Les membres de la famille n'ont pas le droit d'assister au procès. C'est absurde", a déclaré Lee Cheuk-yan, président de l'Alliance de Hong Kong pour le soutien aux mouvements démocratiques patriotiques de Chine.

"Ils n'ont pas le droit de désigner leur propre avocat. Ils ne connaissent même pas les noms des avocats nommés par le gouvernement."

Plus tôt lundi, l'ambassade américaine en Chine a exhorté les autorités chinoises à libérer les détenus.

"Leur soi-disant 'crime' était de fuir la tyrannie. La Chine communiste ne reculera devant rien pour empêcher son peuple de chercher la liberté ailleurs", a déclaré l'ambassade américaine.

Les militants hongkongais pro-démocratie ont commencé à fuir Hong Kong pour l'île de Taiwan dès les premiers mois des manifestations anti-gouvernementales l'an dernier, la plupart de façon légale et par avion mais certains ont fui par bateau de pêche, ont déclaré à Reuters des militants de Taipeh qui ont aidé des citoyens de Hong Kong à obtenir des visas.

(David Kirton à Shenzhen et Pak Yiu à Hong Kong; Blandine Hénault pour la version française, édité par Henri-Pierre André)