Dix ans après Serval, la France continue de perdre «la guerre de l’info» au Mali

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« Pour moi, les médias français sont des menteurs », explique Bakary (le prénom a été modifié), Malien résidant en France depuis près de 25 ans. Installé sur une chaise de sa cuisine partagée, il fixe son smartphone avec attention. Sur son écran, les vidéos YouTube et journaux télévisés de médias africains en ligne défilent depuis près d’une demi-heure. Ses colocataires regardent dans le salon un des reportages du 20 h d’une chaîne de la TNT. Pas lui. Bakary ne veut plus les voir depuis plusieurs mois, « lassé de la manière dont y est traitée la présence française au Mali ». Loin d’être isolé, Bakary fait partie du nombre croissant de Maliens devenu suspicieux tant de l’État que des médias français.

Il faut remonter au 11 janvier 2013, pour comprendre l’origine de cette désaffection. Ce jour, l’armée française lance son intervention militaire au Mali, alors en proie à la propagation des mouvances jihadistes. Demandée par les autorités maliennes, autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU et acclamée à son arrivée, l’opération « Serval » se transforme en août 2014 en un plan de long-terme qui acte une présence française continue dans la région et se renomme, « opération Barkhane ». Son but : enrayer le terrorisme au Mali.

La mission s’avère bien plus complexe que prévue, créant insécurité et mécontentement dans la population. S’y ajoute l’instabilité politique au Mali à partir de 2020. Après deux coups d’Etat, l’un en 2020, l’autre en 2021, le régime militaire nouvelle...


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