Dix événements qui ont marqué l'année 2020

·10 min de lecture

L'année 2020 restera gravée dans les mémoires et dans l'Histoire. De la pandémie de Covid-19 à la défaite de Donald Trump, en passant par la mort de George Floyd et la double explosion au port de Beyrouth : retour sur une année à part.

Le magazine Time la considère comme la "pire année de l'Histoire". Pour beaucoup, 2020 restera dans les mémoires comme l'année qui a vu l'arrivée d'un virus meurtrier bousculer nos habitudes et fragiliser l'économie et les structures sociales dans le monde entier. Désormais historique, cette année ne saurait pourtant se résumer au Covid-19. France 24 vous propose un retour sur dix moments qui ont marqué l'actualité internationale de ces douze derniers mois.

  • Confinement mondial

L'événement pourrait facilement figurer dans un scénario catastrophe. Partout dans le monde, des populations entières ont été appelées dès le mois de février à rester chez elles confinées et à limiter autant que possible leurs déplacements pour freiner la propagation du Covid-19 et soulager les hôpitaux. La Chine – et plus particulièrement la ville de Wuhan, épicentre de l'épidémie – a été la première à confiner ses habitants, le 17 février. Une mesure d'abord observée curieusement, avant d'être imitée par des dizaines de pays quelques semaines plus tard.

De Tokyo à New York, en passant par Berlin ou Johannesburg, la planète entière a marqué une pause au printemps dernier. Pendant près de deux mois, la plupart des commerces ont fermé leurs portes, tout comme les écoles et les lieux culturels, privant d'activité des millions de personnes. Le télétravail et le suivi scolaire se sont imposés dans les foyers, accentuant parfois des inégalités déjà préoccupantes. Après un net recul des admissions dans les hôpitaux au début de l'été, les États ont progressivement allégé le confinement... avant de voir poindre les premiers effets d'une deuxième vague à la rentrée.

  • La course aux vaccins

Face à une pandémie meurtrière, les scientifiques ont redoublé d'efforts pour tenter de développer le plus rapidement possible un vaccin contre le Covid-19. Ces derniers mois, la course aux vaccins s'est aussi illustrée par une bataille de chiffres aussi spectaculaires que difficiles à interpréter pour le grand public.

Dans cette compétition planétaire, chaque laboratoire tente d'occuper le terrain médiatique avec son vaccin en vue de récolter le maximum de précommandes. La Russie a été la première à vanter les mérites de son vaccin Spoutnik V, avant que l'Américain Pfizer et l'Allemand BioNTech annoncent avoir conjointement développé un produit efficace à 95 %. Deux autres fabricants ont fait valoir l'efficacité de leur produit : l'Américain Moderna et l'alliance britannique AstraZeneca/Université d'Oxford.

Après avoir obtenu un feu vert de l'Agence européenne du médicament, la France pourrait débuter sa campagne de vaccination dès la "dernière semaine de décembre" pour les résidents en Ehpad. Le reste de la population devra attendre la fin du printemps. Si partout dans le monde, l'arrivée d'un vaccin est porteuse d'espoir, elle ne marquera pas pour autant la fin de l'épidémie, ont toutefois insisté les spécialistes.

  • Mort de Ruth Bader Ginsburg

Figure historique de la Cour suprême des États-Unis, la juge Ruth Bader Ginsburg a été emportée par un cancer du pancréas à l'âge de 87 ans, le 18 septembre dernier. Sa disparition a entraîné une salve d'hommages unanimes. Devenue un modèle du féminisme, la doyenne de la Cour, nommée en 1993 par Bill Clinton, avait défendu pendant de nombreuses années les droits des femmes, des homosexuels ou encore de l'environnement.

Elle fut également une figure adoptée par la jeune génération qui l'avait affectueusement surnommée "Notorious RBG", inspirée par le nom d'un rappeur (Notorious BIG). La sortie d'un livre hagiographique et de plusieurs films ont consacré sa popularité, qui l'a fait entrer dans l'univers de la pop culture. Sa frêle silhouette a ainsi été reproduite à l'infini, s'imposant sur des mugs et des tee-shirts adoptés par la gauche américaine.

Son décès a donné au président républicain Donald Trump l'opportunité de désigner un successeur conservateur. Appréciée des milieux religieux, la juge Amy Coney Barrett a vu sa nomination confirmée en un temps record, le 26 octobre, au terme d'un processus houleux. Une ultime victoire pour le président Trump, qui a placé trois magistrats conservateurs au sein de la prestigieuse institution lors de son mandat.

  • Élection de Joe Biden

"Le moment est venu de guérir en Amérique." Le démocrate Joe Biden a été élu 46e président des États-Unis, le 7 novembre dernier, après quatre jours d'attente particulièrement tendus. Voulant en finir avec l'ère Trump, le futur locataire de la Maison Blanche a promis d'être le président qui unifierait l'Amérique, après quatre années de tumultes et de divisions.

Les résultats du scrutin n'ont toutefois pas permis de mettre un terme aux tensions : le président sortant Donald Trump a multiplié les actions en justice pendant plusieurs semaines, fustigeant des "fraudes électorales" sur lesquelles il n'a fourni aucune preuve. Des procédures qui n'ont pas abouti.

Sans attendre que son rival reconnaisse sa défaite, Joe Biden s'est lancé dans la composition de son administration, une équipe qui fait place aux talents issus des minorités et aux femmes. Le démocrate fera son entrée à la Maison Blanche après son investiture, le 20 janvier 2021.

  • Double explosion à Beyrouth

Beyrouth embrasée, puis dévastée. Deux explosions survenues le 4 août dans la capitale libanaise ont détruit le port et les bâtiments alentours, tuant plus de 200 personnes et laissant 300 000 citoyens sans abri.

La communauté internationale et de nombreuses ONG se sont mobilisées pour venir en aide aux Libanais, qui ont dû panser une nouvelle fois leurs plaies et encaisser un choc de plus. En proie à une crise économique aiguë, le Liban voit sa monnaie nationale chuter et sa population toujours plus appauvrie. Sans compter la pandémie de Covid-19 venue aggraver une situation qui échappe au contrôle d'un pouvoir contesté dans la rue et accusé de corruption.

Quatre mois après le drame, Emmanuel Macron a réitéré ses exigences de réformes envers le pays, alors que les dirigeants libanais semblent incapables de s'accorder. En parallèle, le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab et trois anciens ministres libanais ont été inculpés de négligence dans l'enquête sur la double explosion.

  • Décès de George Floyd

George Floyd, Afro-Américain de 46 ans, est mort, le 25 mai, asphyxié par un policier blanc, lors d'une interpellation à Minneapolis, dans l'État du Minnesota. La scène, filmée pendant une dizaine de minutes par une passante, montre la victime plaquée au sol par un policier qui l'immobilise avec un genou sur le cou. "Je ne peux pas respirer", répète-t-il, tandis que l'agent continue de l'étouffer. Malgré l'intervention des secours quelques minutes plus tard, George Floyd est déclaré mort dans la soirée.

Devenue virale, la vidéo a donné un nouvel élan aux militants qui dénoncent les discriminations et le racisme dans la police. Au lendemain de sa publication, plusieurs milliers de personnes réclamant justice se rassemblent à Minneapolis au cri de "Black Lives Matter" ("Les vies des Noirs comptent"), le nom d'un mouvement politique apparu en 2013.

Si quatre policiers de Minneapolis ont été limogés, la colère des citoyens ne s'éteint pas. Plusieurs nuits d'émeutes s'enchaînent dans la ville, provoquant l'indignation de Donald Trump. Puis, le mouvement de révolte, fortement ancré sur les réseaux sociaux, gagne de l'ampleur et dépasse les frontières du Minnesota. Plusieurs grandes villes du pays comme Chicago, Los Angeles, New York ou Houston, ville d'origine de la victime, voient les manifestations se multiplier pendant plusieurs jours, menant pour certaines à quelques débordements et à des affrontements entre la police et des manifestants.

  • La Chine met au pas Hong Kong

Pékin a continué en 2020 sa reprise en main musclée de Hong Kong. Malgré des manifestations historiques menées par le mouvement prodémocratie dans l'ex-colonie britannique, la Chine a adopté, le 30 juin, le projet de loi controversé sur la sécurité nationale. Le texte visant Hong Kong donne aux autorités chinoises le pouvoir de "réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des forces étrangères". Pour l'opposition comme pour plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis, cette loi constitue une attaque contre l'autonomie et les libertés du petit territoire.

En décembre, trois célèbres militants prodémocratie, dont Joshua Wong, sont condamnés à des peines d'emprisonnement. De même, le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, très critique envers Pékin, doit répondre devant le tribunal d'une inculpation pour "collusion avec des puissances étrangères". Il encourt la prison à vie.

  • L'Arménie défaite par l'Azerbaïdjan

Le réveil d'un vieux conflit. Depuis le 27 septembre, les forces azerbaïdjanaises ont conquis des territoires échappant au contrôle de Bakou depuis les années 1990. À cette époque, dans la foulée de la chute de l'URSS, une guerre avait fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, et abouti à la sécession de la région du Haut-Karabakh, aujourd'hui peuplée quasi-exclusivement d'Arméniens. Mais si la guerre s'est terminée par une trêve en 1994, des violences continuent à se produire depuis, de manière sporadique, sur ce petit bout de terre bordé par l'Iran.

Pendant six semaines, des combats ont opposé les forces séparatistes arméniennes à l'armée azerbaïdjanaise, avant l'entrée en vigueur, le 10 novembre, d'un cessez-le-feu conclu sous l'égide de la Russie. En signant l'arrêt officiel des combats, l'Arménie a accepté de rendre à Bakou trois districts entourant le Haut-Karabakh – Agdam, Kalbajar et Latchin. Des territoires repris dans un climat toujours marqué par la tension et quelques accrochages, malgré le cessez-le-feu. À l'étranger, la crainte est désormais de voir le conflit s'internationaliser dans une région où Russes, Turcs et Occidentaux partagent tous des intérêts.

  • Assassinat du général Qassem Soleimani

Après des semaines d'échanges houleux entre Téhéran et Washington, les États-Unis annoncent, le 3 janvier, avoir tué à Bagdad le général iranien Qassem Soleimani par un tir de drone. "Soleimani préparait des attaques imminentes et malveillantes contre des diplomates et du personnel militaire américains, mais nous l'avons pris en flagrant délit et nous l'avons éliminé", avait alors justifié Donald Trump.

Figure redoutée de la politique iranienne, le général était le chef de la Force al-Qods des Gardiens de la révolution – un groupe inscrit par Washington sur sa liste des organisations terroristes –, chargée des opérations extérieures de la République islamique. Le haut dignitaire a notamment exercé une influence clé dans les tractations politiques depuis 2018 en vue de former un gouvernement en Irak.

Si l'opération américaine avait également pour objectif de "dissuader" l'Iran de mener d'autres attaques, la légitimité d'un tel raid est apparue comme fragile aussi bien au regard du droit international que de la doctrine américaine en matière d'assassinats ciblés. L'épisode fait depuis craindre un conflit ouvert entre l'Iran et les États-Unis, les deux grands alliés de l'Irak sur son sol.

  • Contestation en Biélorussie

L'année 2020 aura également vu l'éveil d'une opposition inattendue en Biélorussie. Le 9 août, le président Alexandre Loukachenko annonce sa réélection à la tête de l'État, avec un score de plus de 80 % face à sa rivale, Svetlana Tikhanovskaïa. Un scrutin jugé frauduleux par l'opposition et nombre de pays occidentaux. Dès lors, des milliers de manifestants se réunissent chaque dimanche à Minsk et dans plusieurs grandes villes du pays pour demander le départ du chef de l'État, au pouvoir depuis plus de 25 ans. Derrière cette contestation brille un trio féminin (Svetlana Tikhanovskaïa, Veronika Tsepkalo et Maria Kolesnikova), incarnant le renouveau d'une classe politique jeune et progressiste.

Malgré les condamnations européennes, plusieurs meneurs de la contestation ont été emprisonnés ou contraints à l'exil. La pression de la rue contre Minsk ne semble toutefois pas faiblir. "Nous sommes destinés à gagner et nous allons gagner", a déclaré Svetlana Tikhanovskaïa en recevant le prix Sakharov des droits de l'Homme, décerné à l'opposition démocratique en Biélorussie.