Préhistoire: les femmes aussi participaient à la chasse (contrairement à ce qu'on croyait)

Antoine Beau
·3 min de lecture
Les femmes à la préhistoire pouvaient participer à la chasse, contrairement à ce que l'on pensait jusqu'à présent. (Image d'illustration, des étudiants examinent des ossements au Pérou, 2 aout 2013.) (Photo: Mariana Bazo / Reuters)
Les femmes à la préhistoire pouvaient participer à la chasse, contrairement à ce que l'on pensait jusqu'à présent. (Image d'illustration, des étudiants examinent des ossements au Pérou, 2 aout 2013.) (Photo: Mariana Bazo / Reuters)

PREHISTOIRE - Dans l’imaginaire collectif comme dans la littérature scientifique, la division du travail à la préhistoire a longtemps été représentée ainsi: les femmes, dans la grotte, les hommes à la chasse. De récentes découvertes archéologiques laissent penser que le partage des tâches n’était peut-être pas aussi sexiste qu’il n’y paraît.

Les ossements de chasseur de la plus vieille sépulture du continent américain étaient en réalité ceux d’une chasseuse, une femme préhistorique adolescente, révèle ainsi une étude parue ce mercredi 4 novembre dans Science Advances.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l’Université de Californie à Davis ont analysé la structure des os et les fragments de cellules retrouvés dans le sud du Pérou, sur le site archéologique de Wilamaya Patjxa.

La chasseuse était enterrée avec des flèches et des lames

La jeune femme, décédée avant d’avoir 19 ans, semble-t-il, avait été enterrée avec des armes utilisées pour la chasse au gibier, comme des flèches en pierre et des lames servant à dépecer les bêtes. Les archéologues considèrent que de tels outils disposés autour du cadavre sont des indications relativement fiables quant à l’activité de notre défunte ancêtre. Certaines femmes allaient donc à la chasse.

De quoi remettre en question l’imaginaire du chasseur et de la cueilleuse? L’affaire est plus complexe. Un consensus scientifique existe à propos de cette répartition des tâches. L’étude de l’Université de Californie commence d’ailleurs par rappeler qu’une telle distinction des rôles féminins et masculins est “une constante dans les recherches sur la préhistoire”. Ce qui laisse penser que les hommes d’il y a 9000 ans suivaient en majorité ce modèle.

Déconstruire le savoir archéologique

Mais les chercheuses et chercheurs émettent aussi l’hypothèse, désormais, que les anciennes analyses archéologiques étaient calquées sur les idées reçues de l’époque, empreintes de sexisme.

C’est la thèse que défend Marylène Patou-Mathis, une paléontologue du CNRS. Dans une interview pour France Culture, elle explique par exemple que certaines femmes préhistoriques avaient un bras plus développé que l’autre, signe selon la spécialiste qu’elles n’étaient pas affectées aux activités de la grotte et de la cueillette.

Les chercheurs qui ont découvert le genre des ossements de la plus vieille sépulture d’Amérique avancent également l’hypothèse d’une femme préhistorique pratiquant la chasse. Pour eux, il est très possible que les plus anciens chasseurs-cueilleurs n’aient pas réparti leurs tâches selon leur genre. Il est très peu probable que les femmes aient été moins de 30% à participer à la chasse au gibier, d’après cette étude.

Dans le New York Times, certains anthropologues estiment toutefois que l’échantillon des dépouilles analysées par les chercheurs de California Davis n’est pas assez grand pour être représentatif des pratiques de nos ancêtres.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.