Le distributeur d'articles sportifs Groupe Go Sport placé en redressement judiciaire

Le distributeur d'articles sportifs Groupe Go Sport a été déclaré jeudi en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble, qui a constaté "son état de cessation de paiements".

"Par un jugement solidement motivé, le tribunal (...) a constaté l'état de cessation des paiements de la société Groupe Go Sport et a ouvert une procédure en redressement judiciaire", a annoncé le parquet de Grenoble dans un communiqué.

"La société Go Sport France n'est pas déclarée en cessation des paiements, mais sa situation sera impactée par celle de sa société-mère", précise la même source, alors que Go Sport Groupe fait par ailleurs l'objet d'une enquête préliminaire pour "abus de bien social".

Selon Pascal Biamonti, délégué syndical CGT au sein du groupe contacté jeudi en fin de journée, Go Sport France pourrait également être placé en redressement judiciaire en début de semaine prochaine. L'entité groupe, qui rassemble les activités du siège, compte entre 250 et 300 salariés.

Jean-Henri Miszel, membre du CSE central, craignait déjà plus tôt dans la journée que "le redressement judiciaire de Groupe Go Sport n'entraîne le redressement judiciaire de Go Sport France".

Les 2.160 salariés en France des deux entités attendaient anxieusement la décision quelques semaines après la liquidation de la chaine de prêt à porter Camaïeu --qui appartenait au même groupe (Hermione, People & Brands),  branche distribution de la Financière immobilière bordelaise (FIB), un fonds d'investissement de l'homme d'affaires bordelais Michel Ohayon.

S'il se montre optimiste quant à la quête de repreneurs de l'enseigne, M. Biamonti dit avoir vu des salariés pleurer jeudi à l'annonce du redressement judiciaire, "même des grands gaillards" qu'il n'aurait "jamais pensé voir comme ça".

- Faits délictueux" -

Les représentants syndicaux et le comité social et économique central (CSEC) s'étaient posé des questions sur la santé financière du groupe, s'alarmant notamment sur une remontée de 36 millions d'euros de trésorerie de Go Sport vers sa maison-mère, le groupe HPB.

"Disons qu'on était atteint d'un cancer, les expertises qu'on a demandées ce sont les examens qui nous ont effectivement décelé un cancer, et le redressement c'est le protocole qui doit essayer de nous guérir", a estimé M. Biamonti jeudi. "Si nous n'avions pas fait d'alerte, nous serions morts sans savoir pourquoi, ce qui est malheureusement arrivé à d'autres".

Le parquet a décidé de lancer une enquête après que "les commissaires aux comptes ont transmis plusieurs révélations de faits délictueux".

"Cette enquête pourrait sans doute prouver que les salariés de l'entreprise Go sport, comme avant nos collègues de Camaïeu, et peut-être demain Gap, ne pourraient être que les victimes de la gestion incompétente et malveillante de sa holding HPB. Aujourd'hui, c'est une première victoire car la justice pénale avance", ont déclaré les représentants du personnel dans un communiqué.

HPB affirmait que Go Sport n'était "pas en état de cessation de paiements" et devrait même renouer avec les bénéfices cette année après 17 ans de pertes.

Dans sa décision, le tribunal de commerce de Grenoble a toutefois constaté que Groupe Go Sport se trouvait en cessation de paiements, citant le rapport du cabinet Eight Advisory & Associés établissant au 5 janvier un passif s'élevant à plus de 14 millions d'euros.

Contactée par l'AFP jeudi, l'entité n'a pas réagi au placement de Go Sport en redressement judiciaire.

Go Sport, fondé en 1978 et basé à Sassenage en banlieue de Grenoble, avait été repris par HPB fin 2021 pour un euro symbolique auprès de la maison-mère du groupe de distribution alimentaire Casino, la société Rallye, elle-même lourdement endettée. La chaîne de magasins de sport a bénéficié de deux prêts garantis par l'Etat, d'un montant de 55 millions d'euros, pour l'aider à surmonter ses difficultés au moment de la crise sanitaire.

Le Groupe Go Sport, qui compte environ 220 magasins en France (dont les affiliés et franchisés) exploite les enseignes Go Sport, Endurance Shop et Bike +. Il a pour concurrents directs Decathlon et Intersport.

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