Dissolution de la Knesset: Israël, «médaille d’or de l’instabilité» politique

·3 min de lecture

L’État hébreu est dans l’impasse après la dissolution de la Knesset, le Parlement israélien. À l’origine de cette énième crise politique, l’alliance impossible entre le Likoud, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahu et Bleu Blanc, dirigé par son rival, Benny Gantz. Les deux formations au pouvoir n’ont pas trouvé d’accord sur le budget. Cela ouvre la voie aux quatrièmes élections législatives en moins de deux ans. Le scrutin se tiendra en mars prochain.

De notre correspondant à Jérusalem,

Depuis 1996, les Israéliens se rendent aux urnes quasiment tous les deux ans et demi, selon l'Institut démocratique d'Israël (IDI), un centre d'analyse basé à Jérusalem. Un exercice démocratique, certes, mais surtout le signe d’une profonde instabilité politique qui mine le pays.

1996, est aussi la première fois que Benyamin Netanyahu accède au pouvoir. Pour certains observateurs israéliens, le lien est tout établi. « C’est Benyamin Netanyahu qui est à l’origine de cette nouvelle crise », explique Yohanan Plesner, directeur de l’IDI. « La situation ne pourra jamais s’arranger tant qu’il restera en poste », ajoute l’expert, également ancien député du parti centriste Kadima.

Au printemps dernier pourtant, il y a eu une lueur d’espoir. Après trois scrutins en l’espace de quelques mois, le Likoud du Premier ministre Benyamin Netanyahu et Bleu Blanc, de son adversaire politique Benny Gantz, forment un gouvernement « d’union et d’urgence ». Ils s’accordent pour voter un budget unique pour 2020 et 2021. Et surtout, les deux leaders doivent se partager successivement le poste de Premier ministre.

Mais les deux hommes politiques ont passé ces derniers mois à s’invectiver par médias interposés. Et finalement, aucun de leurs engagements n’a été tenu. Mais c’est bien l’absence d’entente sur le budget qui a conduit à la dissolution de la Knesset, et donc à l’organisation de nouvelles élections législatives le 23 mars prochain.

Quatrième scrutin en deux ans

Avant même la dissolution de la Knesset, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a lancé sa campagne électorale en postant une vidéo sur son compte Twitter. Un message court, dans lequel il appelle les Israéliens à voter massivement pour son parti : le Likoud.

►À lire aussi: Israël replonge dans la crise politique après la dissolution de la Knesset

Une nouvelle fois, cette course électorale est un saut dans l’inconnu. Le paysage politique israélien est plus fragmenté que jamais. Aucune majorité claire ne se dégage.

Un sondage qui vient de paraître donne le Likoud en tête du prochain scrutin. Toutefois, Benyamin Netanyahu ne disposera pas d’un nombre de sièges suffisant à la Knesset pour former un gouvernement. Bleu Blanc quant à lui, disparaît presque complètement de l’échiquier politique. Benny Gantz paye son alliance ratée avec son rival, Benyamin Netanyahu.

Israël devrait remporter « la médaille d’or de l’instabilité », regrette le spécialiste Yohanan Plesner, lors d’une conférence en ligne à Jérusalem. D’autant que les prochains mois vont encore plus déstabiliser le pays, avec le procès de Benyamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien est inculpé de corruption, fraude et abus de confiance. Il sera face aux juges dès janvier.