Dissolution : Après Macron, Borne agite à son tour le spectre

Après Macron, Borne (ici le 29 octobre au Portugal) agite elle aussi le spectre de la dissolution
PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP Après Macron, Borne (ici le 29 octobre au Portugal) agite elle aussi le spectre de la dissolution

POLITIQUE - Dream of dissolution. En visite à Lisbonne, ce samedi 29 octobre, pour clore la saison culturelle franco-portugaise, Élisabeth Borne a donné une interview au quotidien local Publico dans lequel elle évoque assez clairement l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Comme l’avait fait le chef de l’État Emmanuel Macron avant elle.

Dans cet entretien, la Première ministre revient sur la situation internationale, la guerre en Ukraine notamment, et évoque immanquablement ses débuts à Matignon. Des premiers mois marqués par la perte, dans les urnes, de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Sans cacher les difficultés pour son camp de manœuvrer dans cet hémicycle recomposé, la cheffe du gouvernement étrille l’alliance « choquante » entre la gauche et le Rassemblement national pour la faire trébucher.

Les deux ont voté la même motion de censure, lundi 24 octobre, en réaction au premier des trois 49.3 sur les textes budgétaires. Dans ce contexte, « s’il y a une alliance pour faire tomber le gouvernement de la part de groupes qui ne peuvent pas gouverner ensemble, revenir aux urnes peut être un chemin », explique Élisabeth Borne, selon des citations reprises par la presse française, dans une allusion claire à ces derniers développements à l’Assemblée.

« On voit bien qu’il n’y a pas de majorité crédible qui puisse exister entre la Nupes et le RN, les électeurs ne partagent d’aucune façon la même vision de la société », ajoute la Première ministre, sans mâcher ses mots à l’égard des « leaders de gauche » prêts à « abandonner leurs valeurs » pour faire tomber le gouvernement. Cela vous dit quelque chose ?

Quand Macron parle dissolution

Ce discours était, peu ou prou, celui du président de la République mercredi soir sur France 2. Invité de l’émission L’Événement, le président de la République, visiblement remonté, s’en est pris à l’alliance « du désordre » et du « cynisme ».

« Ils n’ont pas de majorité, mais ils ont surtout prouvé qu’ils étaient prêts, socialistes, communistes, écologistes, LFI, à se mettre main dans la main avec le Rassemblement national », avait-il déploré, quitte à se faire « propagateur de fake news » selon les principaux intéressés, qui certifient depuis, documents à l’appui, ne pas avoir modifié « à dessein » leur motion de censure pour attirer les voix de l’extrême droite. Ce que le chef de l’État a pourtant déclaré à la télévision.

Avant cela, Emmanuel Macron ne s’était pas privé de brandir la menace d’une dissolution en cas d’alliance contraire au Palais Bourbon. « S’il y a une motion de censure qui est votée, je dissous tout de suite l’Assemblée nationale », a-t-il lancé aux ténors de la majorité (relative) présidentielle, il y a un mois, au cours d’un dîner décisif sur le calendrier de la réforme des retraites, avant que la menace fuite dans les médias. S’il n’a pas répété le coup de semonce depuis, sa Première ministre serait-elle tentée de prendre le relais ?

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