«Un dispositif coûteux, obsolète, inefficace et injuste»

Libération.fr

Contrairement à ses voisins, la France punit toujours plus, et plus particulièrement certaines catégories sociales, souligne le sociologue Didier Fassin.

Selon le Conseil de l’Europe, le nombre de détenus pour 100 000 habitants est en France de 98,3. Ce taux d’incarcération, qui a la particularité d’être en hausse constante, est ainsi supérieur à celui de l’Allemagne, des Pays-Bas ou de l’Italie, mais moindre qu’en Espagne.

Dider Fassin, professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton et auteur de Punir, une passion contemporaine, paru au Seuil en janvier,décrypte cette inflation carcérale.

Faut-il lier l’augmentation du nombre de détenus en France à celle de la délinquance ?

Dans la plupart des pays occidentaux, l’inflation carcérale n’est pas corrélée à l’évolution des délits et des crimes. Elle est due à la criminalisation de faits jusqu’alors tolérés, ou donnant lieu à de simples contraventions, et à l’alourdissement des peines, notamment pour les récidivistes. Cette évolution s’explique à la fois par un sentiment d’insécurité dans la population ou encore à l’impression de ne plus avoir sa place dans la société, et par l’instrumentalisation de ces anxiétés par les responsables politiques - ce qu’on appelle le populisme pénal. La réponse aux difficultés d’une partie de la population est en effet moins d’Etat social et plus d’Etat répressif.

Cette inflation touche-t-elle de la même façon tous les délinquants, sans distinction ?

Toute la chaîne pénale est orientée vers la sélection de populations punissables et, à l’inverse, de catégories à épargner. Le législateur ne cesse d’alourdir les sanctions contre la petite délinquance des milieux populaires tout en ménageant la délinquance dite en col blanc. Ainsi, dans les années 2000, les condamnations pour usage simple de cannabis ont triplé, tandis que les condamnations pour délinquance économique reculaient d’un cinquième, dans les deux cas sans rapport avec une évolution des pratiques (...)

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