Confusion autour du sort des deux disparus en Amazonie, des effets personnels retrouvés

Les déclarations contradictoires se sont multipliées lundi sur la situation du journaliste britannique Dom Phillips et de l'anthropologue brésilien Bruno Pereira, disparus depuis plus d'une semaine dans la jungle amazonienne au Brésil. La famille ainsi que l'ambassadeur brésilien au Royaume Uni ont affirmé que les deux corps avaient été retrouvés. Une information démentie par la police fédérale et par une association d'indigènes qui participe aux recherches.

Le sort des deux disparus en Amazonie est toujours incertain. "Les recherches se poursuivent. Mais tout porte à croire qu'on leur a fait du mal, des viscères humains ont été retrouvés flottant sur le fleuve et amenés à Brasilia pour identifier l'ADN", a révélé le président brésilien Jair Bolsonaro lors d'un entretien à la radio CBN lundi 13 juin. "Vu le temps qui a passé, déjà huit jours, ce sera très difficile de les retrouver vivants. Je prie Dieu pour que ce soit le cas, mais les informations dont nous disposons nous font craindre le contraire", a-t-il ajouté.

Les recherches liées au journaliste britannique Dom Phillips et à l'indigéniste brésilien Bruno Pereira, disparus depuis une semaine dans une zone reculée de l'Amazonie, avaient connu un tournant dimanche avec la découverte d'effets personnels leur appartenant.

"Des objets appartenant aux disparus ont été retrouvés : une carte de santé, un pantalon noir, une sandale noire et une paire de bottes appartenant à Bruno Pereira, et une paire de bottes et un sac à dos appartenant à Dom Phillips et contenant des vêtements personnels", avait indiqué la police fédérale de l'État d'Amazonas (nord-ouest du Brésil) dans un communiqué.

Mais lundi, le média brésilien G1 a rapporté que les corps du du journaliste britannique Dom Phillips et de l'indigéniste brésilien Bruno Pereira ont été retrouvés, citant l'épouse du journaliste.

Selon The Guardian, c'est l'ambassadeur brésilien au Royaume-Uni qui aurait appelé la famille du journaliste tôt lundi. "Il a dit vouloir nous informer que deux corps avaient été trouvés, explique Paul Sherwood, beau-frère de Dom Philipps. Il n'a pas précisé leur localisation mais seulement dit que c'était dans la forêt tropicale, et qu'ils étaient attachés à un arbre. Il n'y avait pas encore d'identification."

Mais peu de temps après, la police fédérale brésilienne a affirmé que ces informations de presse étaient incorrectes. Dans un communiqué, la police souligne que seuls des effets personnels et des "traces biologiques" ont été découverts à ce stade.

Un porte-parole de l'Union des organisations indigènes de la vallée de Javari (Univaja) a déclaré pour sa part que les équipes de recherche n'avaient pas retrouvé de corps. "J'ai parlé avec l'équipe sur le terrain, ce n'est pas vrai. Les recherches continuent", a dit Eliesio Marubo.

Des recherches "minutieuses" entreprises

Le gouvernement a été critiqué par les proches des disparus et les groupes indigènes, et même par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, pour son retard dans le déploiement des recherches.

Le président Jair Bolsonaro, qui avait qualifié l'expédition des deux hommes d'"aventure déconseillée", a répondu vendredi lors du Sommet des Amériques, à Los Angeles, que les forces armées et la police menaient une "recherche inlassable" depuis le premier jour.

La police a répété, dimanche, que les équipes de recherche, au septième jour de travail, ont parcouru environ 25 kilomètres et se sont livrés à des "recherches minutieuses à travers la jungle, les routes de la région et la végétation inondée" notamment dans la zone où a été retrouvé un bateau qui appartiendrait au suspect.

Dom Phillips, 57 ans, collaborateur du journal britannique The Guardian, et Bruno Pereira, 41 ans, expert auprès de l'agence gouvernementale brésilienne pour les affaires indigènes (Funai), voyageaient ensemble en bateau à travers la région de la vallée de Javarí, une région reculée à l'extrême ouest de l'Amazonas, réalisant des interviews pour un livre sur la conservation de l'environnement.

Selon des militants indigènes locaux, Bruno Pereira était fréquemment menacé pour son combat contre l'empiètement sur les terres indigènes.

Les deux hommes ont été vus pour la dernière fois le 5 juin, dans la localité de Sao Gabriel, non loin de leur destination, la ville d'Atalaia do Norte.

Avec AFP

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