Disparition du vol MH370: de nouveaux enregistrements sous-marins interrogent des chercheurs

Le MH370 va-t-il enfin livrer ses secrets? De nouveaux enregistrements sous-marins, qui pourraient s'avérer cruciaux dans les recherches portant sur le vol de la Malaysia Airlines disparu en 2014, ont été révélés par des chercheurs, rapportent plusieurs médias anglais, dont The Independent jeudi 20 juin.

Des chercheurs de l'université de Cardiff, au Pays de Galles, indiquent avoir identifié un enregistrement sous-marin dans le sud de l'océan Indien qui pourrait correspondre au bruit du crash d'un avion. Selon eux, il pourrait s'agir du MH370, dont la disparition n'a jamais été expliquée.

Le signal, d'une durée de six secondes, a été détecté au jour de la disparition de l'avion par une station hydroacoustique située au niveau du cap Leeuwin, au sud-ouest de l'Australie.

Le vol MH370 de la Malaysia Airlines a disparu le 8 mars 2014 avec 239 personnes à son bord, alors qu'il devait rallier Pékin depuis Kuala Lumpur. Malgré d'intenses recherches, l'avion n'a pas pu être localisé et les causes de sa disparition n'ont jamais été établies.

Une autre station sous-marine n'a pas détecté de signal

Il est possible que les secousses détectées au cap Leeuwin soient liées à l'avion MH370. Selon les chercheurs, les impacts "violents" dans l'océan, tels que ceux causés par le crash d'un avion, causent des ondes qui peuvent être perçues à une longue distance par les micros installés dans certains fonds marins.

"Les hydrophones ont détecté des signaux de pression clairs provenant de précédents crash d'avion, même à des distances supérieures à 3.000 km", indique Usama Kadri, maître de conférence à l'institut de mathématiques de l'université de Cardiff.

Mais l'existence de cet impact reste cependant incertaine. De fait, les chercheurs précisent qu'une autre station hydroacoustique située au cœur de l'océan Indien et qui fonctionnait au moment de la disparition du MH370 n'a détecté aucun signal.

Pourtant, considérant la taille de l'avion et la violence supposée de l'impact dans l'eau en cas de chute brutale dans l'océan Indien, les chercheurs estiment qu'un crash produit une énergie cinétique équivalente à celle causée par un petit tremblement de terre, ce qu'une station hydroacoustique est normalement capable de détecter.

Les deux stations hydroacoustiques sont par ailleurs situées près du "7e arc" une zone identifiée par les secours comme étant celle du probable crash du MH370.

Des recherches plus approfondies envisagées

"Cela soulève des questions quant à l'origine (du signal détecté dans la première station)", reconnaît Usama Kadri.

Les conclusions des chercheurs restent actuellement incertaines. De nouvelles recherches, plus approfondies, doivent être menées pour déterminer si l'épave de l'avion peut être localisée.

Les enregistrements de stations sous-marines se sont révélés cruciaux dans d'autres affaires. Elles ont permis notamment de retrouver un sous-marin argentin, l'ARA San Juan, un an après sa disparition en 2017, à 3.000 pieds de profondeur et plus de 450 km des côtes argentines.

Pour cela, des grenades avaient été dégoupillées sous l'eau, causant une explosion. Les sons ont ensuite été recoupés avec ceux captés par les micros au moment de l'implosion du sous-marin argentin.

"Un exercice similaire, utilisant des explosions ou des canons à air comprimé de niveaux d'énergie équivalents à ceux du vol MH370, pourrait être mené le long du septième arc", suggère le scientifique.

Des éléments encore incertains

"Malheureusement, nous n'avons pas été en mesure de trouver un signal avec la certitude nécessaire pour lancer une nouvelle recherche de l'avion disparu", déclare le chercheur.

"Cependant, si les recommandations émises sont suivies par les autorités compétentes, nous pourrons évaluer la pertinence des signaux observés, ce qui pourrait nous éclairer sur l'emplacement du vol MH370", veut-il croire.

Si l'épave n'a jamais été localisée, des débris de l'avion ont été retrouvés en 2015 et 2016 au large de l'île de la Réunion et des côtes africaines. Parmi les 239 passagers disparus du vol, se trouvaient quatre Français, dont l'épouse et deux des enfants de Ghyslain Wattrelos, qui a contribué à médiatiser l'affaire dans l'Hexagone.

Article original publié sur BFMTV.com