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Disparition de Lina: les trois gardes à vue "levées", "pas d'éléments incriminants"

Des gendarmes et membres de la protection civile participent aux battues pour retrouver Lina, adolescente disparue à Saint-Blaise-la-Roche, dans le Bas-Rhin, le 26 septembre 2023 (PATRICK HERTZOG)
Des gendarmes et membres de la protection civile participent aux battues pour retrouver Lina, adolescente disparue à Saint-Blaise-la-Roche, dans le Bas-Rhin, le 26 septembre 2023 (PATRICK HERTZOG)

Encore une porte qui se referme : les trois gardes à vue dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Lina, 15 ans, en septembre dans le Bas-Rhin, "ont été levées" mercredi, sans poursuites engagées contre les personnes auditionnées.

Trois personnes avaient été placées en garde à vue mardi, mais celles-ci "ont été levées cette nuit" car il n'y a "pas d'éléments incriminants", a appris mercredi l'AFP d'une source proche de l'enquête.

Le parquet de Strasbourg a confirmé à l'AFP la levée des gardes à vue, sans donner plus de précisions.

Ces gardes à vues avaient suscité un espoir d'avancée dans un dossier qui semblait au point mort depuis six mois.

Elles étaient destinées à effectuer "des vérifications", "fermer des pistes", avait expliqué mardi une source proche de l'enquête.

Les trois personnes devaient notamment être auditionnées sur des incohérences d'emploi du temps le jour de la disparition de Lina.

D'autres témoins ont également été convoqués pour être entendus librement.

"Depuis l'ouverture de l'information judiciaire le 1er octobre 2023 des chefs d'enlèvement et de séquestration criminelle, les investigations se sont poursuivies sans désemparer afin de rechercher la jeune Lina", a indiqué mardi dans un communiqué la procureure de la République de Strasbourg, Yolande Renzi.

Ces gardes à vue "s'inscrivent dans cet objectif visant à explorer toutes les pistes utiles à la manifestation de la vérité et à considérer la pertinence de toutes les hypothèses émises", avait ajouté la magistrate.

- Appel à témoignages -

Le 23 septembre en fin de matinée, Lina a quitté son domicile de Plaine (Bas-Rhin) pour se rendre à pied à la gare de Saint-Blaise-la-Roche, à environ trois kilomètres de là. Elle devait prendre un train afin de rejoindre son petit ami à Strasbourg. Ne la voyant pas arriver, il avait alerté la mère de la jeune fille.

Des témoins, dont l'ancien maire du village, ont vu Lina marcher sur une petite route en direction de la gare entre 11H15 et 11H30. Le téléphone de l'adolescente a cessé d'émettre à 11H22 et n'a pas été retrouvé.

Malgré d'importantes battues les jours suivants, aucune trace de la jeune fille n'a été retrouvée.

Un peu plus de six mois après, cette disparition reste un mystère.

Vendredi dernier, lors d'une conférence de presse, la mère de Lina, Fanny Groll, a lancé un appel à témoignages, dans l'espoir de faire progresser l'enquête.

"Si quelqu'un se souvient de quoi que ce soit, a oublié de dire quelque chose, un détail, il faut le dire, il n'est jamais trop tard", a-t-elle insisté.

- Une vingtaine d'enquêteurs -

"Toutes les hypothèses restent ouvertes", avait indiqué à l'AFP une autre source proche de l'enquête la semaine passée.

"On reste fortement mobilisés sur le dossier", avait assuré cette source, en soulignant qu'il y avait "toujours une vingtaine d'enquêteurs qui travaill(aient) sur le dossier", pouvant bénéficier de renforts, "notamment sur les investigations numériques".

Parallèlement, une enquête est en cours sur un viol dénoncé par Lina en 2022. Cette affaire, initialement classée sans suite par le parquet de Saverne, a été reprise par le parquet de Strasbourg, qui a ouvert une information judiciaire le mois dernier.

Dans cette affaire, Fanny Groll a été entendue par un juge d'instruction et "a reçu communication de l'entier dossier", s'est félicité son avocat, Matthieu Airoldi, en regrettant que ce ne soit pas le cas avec l'enquête concernant la disparition de Lina.

Mme Groll "n'arrête pas de se poser des milliards de questions", a expliqué son avocat lors de la conférence de presse du 22 mars, "elle ne pense qu'à ça et donc, avoir accès aux pistes qui seraient fermées permettrait de lui accorder un peu de sérénité".

La mère de Lina a aussi dénoncé le "cyberharcèlement" et la "désinformation" dans cette affaire, soulignant que cela "entrave l'enquête".

Pour continuer d'agir pour retrouver sa fille, Fanny Groll a créé en janvier une association baptisée "Les bonnes étoiles de Lina". Un concert de soutien est organisé le 20 avril à Plaine.

alh-pau/bdx/hj