Disparition de Fiona à Clermont-Ferrand: première reconstitution dans le parc

Cinq jours après la mystérieuse disparition de Fiona, cinq ans, dans un parc de Clermont-Ferrand, magistrats et enquêteurs se sont rendus vendredi sur les lieux du drame pour reconstituer le parcours de la mère ce dimanche-là et continuer à explorer toutes les pistes.

Le procureur de la République de Clermont-Ferrand Pierre Sennès, le directeur départemental de la Sécurité publique Marc Fernandez, ainsi que les deux juges d'instruction chargés de ce dossier participaient à cette reconstitution en présence de la mère de Fiona, partie civile, et de son conseil.

Enceinte de six mois, cette dernière, tout de noir vêtue, est arrivée la première à 16H30 à l'entrée du parc Montjuzet, accompagnée de son avocat Me Gilles-Jean Portejoie, du barreau de Clermont-Ferrand.

"On a besoin d'aide, on est épuisé, j'en peux plus", a déclaré la jeune femme de 25 ans, entre deux sanglots. "Ca se répète, ça se répète, ça n'en finit pas", a-t-elle ajouté.

Une quinzaine de CRS et policiers municipaux étaient présents, certains bloquant les accès de ce parc de 26 hectares, fermé au public, durant la reconstitution qui a pris fin vers 18H15.

"Ca s'est bien passé, ma cliente a montré l'endroit où elle est allée dimanche, l'endroit où elle était avec ses deux filles", Fiona et Eva, deux ans et demi, "où elle s'est assoupie, on a rechaussé les bottes de dimanche, on a refait ce qu'elle a fait seule", a déclaré à la presse Me Portejoie à leur sortie du parc, vers 17H45.

"Ce qui est bien c'est qu'on n'ait pas perdu de temps, généralement les reconstitutions ça se déroule un an après le faits", a-t-il ajouté.

Me Portejoie s'est notamment félicité que cette reconstitution intervienne 48 heures seulement après l'ouverture, mardi, d'une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration".

"Démarche indispensable"

"Cette démarche, décidée par les juges, était totalement indispensable, a ajouté l'avocat, selon lequel il "est bon de venir sur place vérifier des problèmes tout à fait matériels".

Les enquêteurs ont ainsi pu reconstituer les heures qui ont précédé l'alerte de la disparition de Fiona par sa mère, à 18H45 au commissariat de police.

La jeune mère leur a notamment expliqué ce qu'elle a fait quand elle s'est réveillée de sa sieste d'une vingtaine de minutes, et le chemin à travers le parc qu'elle a suivi pour rechercher Fiona, ainsi que les personnes qu'elle a interpelées, a détaillé Me Portejoie.

Magistrats et enquêteurs ont quitté le parc vers 18H15 sans faire aucun commentaire.

Par ailleurs, selon Me Portejoie, un signalement de la fillette est arrivé directement jeudi soir à son cabinet à Clermont-Ferrand.

"Un ancien conseiller prudhommal a pris contact par mail pour dire qu'il avait vu le 14 mai une fillette ressemblant à Fiona avec un homme âgé dans un supermarché du côté de Villeurbanne (bien Villeurbanne), près de Lyon", a-t-il dit à l'AFP.

"Que des gens se manifestent directement auprès de l'avocat, ça veut dire qu'ils se manifestent régulièrement auprès des enquêteurs, il doit y avoir vraiment des infos qui remontent, tout cela est plutôt encourageant", a-t-il dit.

L'enquête judiciaire dirigée par deux juges d'instruction implique un grand nombre de policiers, dont la totalité du SRPJ de Clermont-Ferrand, 20 autres enquêteurs de la PJ de Lyon envoyés en renfort, ainsi que l'office central de répression des violences aux personnes.

La police judiciaire a activé jeudi soir un numéro vert national (0800 958 081) pour récolter un maximum de renseignements sur la disparition de la fillette. Les policiers ont reçu plusieurs appels dont les contenus sont systématiquement vérifiés.

Les enquêteurs avaient déjà lancé deux appels à témoins lundi et mercredi sur des numéros locaux, mais sans succès.

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