Disparition de Dom Phillips et Bruno Pereira au Brésil: la découverte de restes humains ravive les inquiétudes

Le 9 juin, des employés de la Fondation nationale indigène ont protesté contre la disparition du journaliste britannique Dom Phillips et du spécialiste brésilien des affaires indigènes Bruno Pereira. (Photo: EVARISTO SA via AFP)
Le 9 juin, des employés de la Fondation nationale indigène ont protesté contre la disparition du journaliste britannique Dom Phillips et du spécialiste brésilien des affaires indigènes Bruno Pereira. (Photo: EVARISTO SA via AFP)

Le 9 juin, des employés de la Fondation nationale indigène ont protesté contre la disparition du journaliste britannique Dom Phillips et du spécialiste brésilien des affaires indigènes Bruno Pereira. (Photo: EVARISTO SA via AFP)

INTERNATIONAL - Des restes humaines découverts dans la forêt amazonienne pourraient être ceux de Dom Phillips et Bruno Pereira, respectivement journaliste et anthropologue, portés disparus depuis dimanche 5 juin dans la jungle. Même si la prudence reste de mise à ce stade.

Ce lundi 13 juin, le président brésilien, Jair Bolsonaro, a indiqué que des restes humains “flottant sur le fleuve” avaient été retrouvés au cours des recherches, menées depuis huit jours pour retrouver le journaliste et l’expert indigéniste disparus dans les alentours d’Atalaia do Norte, en bordure de la frontière avec le Pérou et la Colombie.

“Tout porte à croire qu’on leur a fait du mal, des viscères humains ont été retrouvés flottant sur le fleuve et amenés à Brasilia pour identifier l’ADN”, a révélé le chef de l’État lors d’un entretien à la radio CBN.

La police dément la découverte de corps

Peu de temps avant, la famille du journaliste britannique avait pourtant annoncé la découverte de deux corps encore non identifiés, mais appartenant très probablement au duo parti en reportage, pour la préparation d’un livre sur la protection de l’environnement en Amazonie, dans cette région du nord-ouest brésilien.

Le beau-frère du journaliste porté disparu a indiqué auGuardian que l’ambassadeur du Brésil les avait informés que deux corps avaient été retrouvés “dans la forêt tropicale, qu’ils étaient attachés à un arbre et qu’ils n’avaient pas encore été identifiés”. La femme du journaliste britannique, Alessandra Sampaio, a également confirmé la découverte de deux corps au journal brésilien Globo.

Cependant de nombreux doutes persistent et les informations se contredisent. Ce lundi, la police fédérale du Brésil, aidée dans ses recherches par des groupes autochtones, dément toute découverte de corps, comme elle l’a fait savoir dans un communiqué. Les autorités se contentent d’évoquer du “matériel biologique” en cours d’analyse.

Sur les traces du duo, porté disparu dans la jungle

Un rebondissement macabre qui survient alors que plusieurs objets appartenant aux deux hommes avaient été retrouvés la veille. “Une carte de santé, un pantalon noir, une sandale noire et une paire de bottes appartenant à Bruno Pereira, et une paire de bottes et un sac à dos appartenant à Dom Phillips et contenant des vêtements personnels”, évoquait alors la police fédérale de l’Etat d’Amazonas, dans un communiqué.

Tous ces objets ont été retrouvés “près de la maison” d’Amarildo Costa de Oliveira, le seul individu arrêté pour l’heure, dans cette affaire qui agite le Brésil et le Royaume-Uni depuis plus d’une semaine maintenant.

Ce pêcheur de 41 ans, “suspecté” par les autorités brésiliennes d’être lié à la disparition du binôme, avait été aperçu par plusieurs témoins alors qu’il passait à toute vitesse dans un bateau allant dans la même direction que le journaliste et l’indigéniste. L’homme a été placé en détention et des traces de sang retrouvées sur son bateau doivent encore être analysées à ce stade.

Affaire sensible, sur fond de protection de l’Amazonie

Les recherches se poursuivent comme l’a indiqué Jair Bolsonaro, même si cette région du Brésil est loin d’être la plus facile d’accès. Surtout qu’elle est décrite comme le carrefour entre le territoire de préservation des richesses naturelles exceptionnelles de la forêt, le lieu de protection des indigènes et la zone sur laquelle trafic de drogue et pillage de la forêt amazonienne s’accumulent depuis de nombreuses années.

D’ailleurs, le caractère très spécifique de cette affaire de disparition mystérieuse, additionné au sujet de la venue des deux hommes dans cette région reculée du monde, pousse le quotidien brésilien O Globo à parler de l’affaire comme d’“un chapitre du débat international sur l’Amazonie”.

À ce titre, des rassemblements organisés par les familles des deux hommes et par des employés de la Fondation nationale indigène ont eu lieu depuis le 5 juin pour protester contre leur disparition. Bruno Pereira aurait déjà été menacé à plusieurs reprises pour son travail de protection des tribus locales dont le territoire est petit à petit détruit dans cette zone du Brésil, devenue un terrain fertile de criminalité -sous les yeux des autorités- au grand dam des indigènes, derniers remparts de protection de la forêt amazonienne.

Âgé de 57 ans, Dom Philipps est collaborateur pour le journal britannique The Guardian. Avec son acolyte Bruno Pereira, expert brésilien de 41 ans auprès de l’agence gouvernementale brésilienne pour les affaires indigènes (Funai), ils avaient décidé de se rendre dans cette zone du Brésil pour réaliser des interviews dans la région de la vallée de Javarí.

À voir également sur Le HuffPost: Au Brésil, de gigantesques incendies ravagent la forêt amazonienne

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI:

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles