"Discriminations systémiques", "ségrégation ethnique" : pourquoi le dernier rapport du Défenseur des droits marque un tournant

Jacques Toubon a rendu un dernier rapport, ultra-offensif.

Le document est à considérer comme un testament professionnel. Alors que Jacques Toubon sera relevé de ses fonctions de Défenseur des droits le 17 juillet prochain, son dernier rapport, intitulé "discriminations et origines : l'urgence d'agir" et publié le 22 juin, se veut ultra-offensif. Son contenu, explosif, sera discuté. Contesté, aussi, sans aucun doute. Car ce rapport marque un tournant dans l'analyse institutionnelle des discriminations raciales. Pour la première fois, une autorité administrative s'engage dans la reconnaissance de discriminations involontaires, notamment venant de l'Etat. S'appuyant largement sur de récents travaux d'enseignants en sociologie, le Défenseur des droits fait aussi sien un vocabulaire venu du monde universitaire anglo-saxon. Des concepts comme ceux d'"intersectionnalité", de "discriminations systémiques" ou de "ségrégation" sont martelés. Ce choix est évocateur : popularisés par des écrits militants, les deux derniers termes ne se contentent pas de décrire le réel, ils intègrent une part d'engagement politique dans l'analyse des situations. Très critique à l'égard des politiques publiques, le rapport esquisse un certain nombre de pistes de réformes, sans toutefois retenir (pour l'heure) les hypothèses des statistiques ethniques ou de la discrimination positive.

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