Discriminations à l'emploi: un testing de SOS Racisme épingle près d'une agence d'intérim sur deux

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En mai dernier, 69 agences d'intérim franciliennes ont été contacté dans le cadre du testing de SOS Racisme. - Guillaume Souvant - AFP
En mai dernier, 69 agences d'intérim franciliennes ont été contacté dans le cadre du testing de SOS Racisme. - Guillaume Souvant - AFP

Les propos tenus sont sans ambigüité. Des militants de SOS Racisme ont contacté 69 agences d'intérim d'Ile-de-France, parmi les neufs principales enseignes du pays. Chacun appelle entre cinq et dix agences et se fait alors passer pour un salarié d'une entreprise de BTP en recherche de manutentionnaires.

Toutefois avec une requête particulière... et illégale. "On a une cliente qui est un peu spéciale et elle ne veut pas de personnes d'origine étrangère", explique l'employée de SOS Racisme que l'on peut entendre dans un extrait fourni par l'association. Selon les résultat de ce testing: 45% des agences ciblées répondent favorablement à ce type de requête.

Profils non-européens

Le secteur du BTP emploie une importante proportion de travailleurs étrangers ou d'origine étrangère. Pourtant, près de la moitié des agences testées accepte de selectionner des candidats en fonction de l'origine et donc d'écarter les profils "non-européens".

"On ne les a pas poussé. Si la réponse était non, alors on n'insistait pas", explique Marie Mescame, responsable du pôle juridique de SOS Racisme, à France Inter.

Selon l'enquête, 39 % des agences appelées acceptent les requêtes illégales des entreprises et 6 % suggèrent au client de choisir les intérimaires parmi les profils proposés, sur la base de ce critère discriminatoire.

"A condition que cette conversation reste confidentielle"

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, n'est pas "tellement supris, car l’existence des discriminations à l’emloi est un phénomène bien documenté", explique-t-il au micro de BFMTV. "Toutefois ce sont ici des professionels de l'emploi".

Les employés des agences d'intérim connaissent la loi. "C'est faisable, à condition que cette conversation reste confidentielle", entend-t-on répondre à la demande illégale. Les agences comme Proman, Ergalis ou Morgan Service font parties des mauvais élèves. A l'inverse, le géant Adecco, déjà épinglé il y a une vingtaine d'années pour des questions de discrimination, a systématiquement refusé de discriminer.

SOS Racisme plaide pour une réponse politique forte. "Ca fait des semaines qu’on on est dans une ambiance politique d'osez le pétainisme, (...) il serait temps de se mettre au diapason de l’impératif d’égalité", affirme Dominique Sopo.

Article original publié sur BFMTV.com

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