"Discrète et souriante": une collègue de Stéphanie M. dresse le portrait de la fonctionnaire de police tuée à Rambouillet

Clément Boutin
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Jennifer, une collègue de Stéphanie M., tuée le 23 avril 2021 à Rambouillet (Yvelines). - BFMTV
Jennifer, une collègue de Stéphanie M., tuée le 23 avril 2021 à Rambouillet (Yvelines). - BFMTV

"Pourquoi elle?" Stéphanie M., une fonctionnaire de police de 49 ans, a été tuée à coups de couteau vendredi après-midi par un homme, dans l'entrée du commissariat de Rambouillet, dans les Yvelines. Le parquet national antiterroriste a été saisi.

Cette mère de deux enfants, qui exerçait des tâches d'agent d'accueil, était "une personne très discrète, toujours souriante et prête à aider tout le monde", a raconté sur BFMTV Jennifer, brigadière du commissariat de Rambouillet et collègue de Stéphanie M. depuis 2018.

"C'est quelqu'un qui gagnait à être connu. Étant discrète, on ne la remarquait pas tout de suite, mais rapidement on s'apercevait que c'était un peu la perle du commissariat", a-t-elle affirmé.

"J'aurais préféré que ce soit moi"

Jennifer, qui était avec ses enfants vendredi, a appris la nouvelle au téléphone, par le biais d'une amie. Elle a immédiatement contacté le commissariat afin de savoir qui était la victime de l'attaque.

"C'était très dur d'apprendre ça, parce qu'il n'y avait pas plus gentille que Stéphanie. Entre policiers il y a un lien très fort et c'est là qu'on en prend vraiment toute la mesure", a-t-elle expliqué sur notre antenne.

"J'aurais préféré que ce soit moi, parce que c'était quelqu'un de tellement admirable", a ajouté la brigadière, émue.

"En plus elle n'était pas en contact avec le public, elle n'a mis personne en garde à vue, c'est tellement injuste... Au contraire elle rendait service, elle prenait les appels pour expliquer aux victimes et aux mis en cause comment se passait leur procédure. Il n'y avait aucune raison de lui en vouloir", a-t-elle assuré.

"Elle aimait ses filles"

La brigadière du commissariat de Rambouillet a souligné combien Stéphanie M. "aimait ses filles", indiquant que les portraits de ses enfants étaient ce qui "ressortait le plus" dans le bureau de la fonctionnaire de police.

"Je la voyais descendre tous les jours pour aller changer son disque de stationnement. Je ne la verrai plus et ça va être très dur de passer devant son bureau. Je l'appelais souvent, au téléphone, depuis le mien et je lui disais: 'Stéphanie j'ai encore besoin de tes super-pouvoirs'. Elle éclatait de rire parce qu'elle ne se rendait pas compte à quel point elle était compétente", s'est-elle encore rappelée avec émotion.

"Elle va me manquer. (...) J'appréhende beaucoup de vivre son absence", a affirmé Jennifer, qui n'est pas encore retournée au commissariat depuis l'attaque de vendredi.

Article original publié sur BFMTV.com