Discothèque clandestine près de Toulouse: le maintien en détention d'un organisateur demandé

S.B.M
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Une discothèque  (Photo d'illustration) - Ina FASSBENDER / AFP
Une discothèque (Photo d'illustration) - Ina FASSBENDER / AFP

Le maintien en détention provisoire de l'un des organisateurs d'une fête clandestine payante dans un gîte près de Toulouse, malgré les restrictions dues à la crise sanitaire, a été demandé ce mardi devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel.

Pour l'avocate générale, cette soirée du 11 avril, "parfaitement structurée, organisée en plein confinement, au moment où la pandémie fait des centaines de milliers de morts" constitue un "trouble exceptionnel et incontournable à l'ordre public".

Et le maintien en détention provisoire est "justifié", selon le ministère public, qui souligne le besoin des enquêteurs de se pencher plus en profondeur sur les "activités" de l'entreprise de la personne poursuivie.

Deux autres personnes mises en examen pour les mêmes faits

A la suite de cette fête clandestine ayant donné lieu à une centaine de verbalisations pour non respect du couvre-feu, deux personnes avaient été mises en examen pour dégradation volontaire du bien d'autrui, travail dissimulé, recel et mise en danger de la vie d'autrui.

Une décision "complètement disproportionnée"

Mais un seul, un homme de 27 ans, avait été placé en détention provisoire, l'autre ayant obtenu un contrôle judiciaire. Une décision "complètement disproportionnée", souligne Me Ferdinand Djammen Nzepa, qui défend le jeune détenu.

"Personne ne conteste l'infraction commise par ces deux jeunes hommes", soutient Me Djammen Nzepa, exprimant toutefois son "incompréhension totale face à cette différence de traitement" entre les deux organisateurs.

Le 11 avril, son client T.V, autoentrepreneur dans la communication et le domaine de la musique, et un ami à lui, étudiant en Master en région parisienne, organisent une fête payante dans un gîte, à 40 km de de Toulouse. Alertés par le voisinage sur la soirée, les gendarmes constatent à leur arrivée la présence de quelque 170 personnes, entassées sans masques, rappelle le magistrat de la chambre de l'instruction. Les deux organisateurs avaient fait payer l'entrée et le parking, avec présence de serveurs, videurs et DJs professionnels. Le chiffre d'affaire estimé de cette soirée s'élève à 7.500 euros, pour un bénéfice net de 5.200 euros. "On nous dit que le travail dissimulé semble être le mode habituel du fonctionnement de la société de mon client. Mais quelle société? Il n'y a pas de société, il a juste le statut d'autoentrepreneur, il est au RSA", s'emporte Me Djammen Nzepa.

Selon lui, la justice veut en faire "une affaire emblématique".

"Il a un enfant en bas âge, sa compagne est enceinte de sept mois... Il ne fait encourir aucun risque à l'enquête", assure l'avocat. La décision doit être rendue ce jeudi.

Article original publié sur BFMTV.com