Les dirigeants de l'UE en quête d'influence face à Washington et Pékin

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Le président du Conseil européen, Charles Michel, au sommet informel de l'UE à Brdo, en Slovénie (AFP/Ludovic MARIN)

Quelle place pour l'Europe face aux deux superpuissances rivales que sont les Etats-Unis et la Chine ? Après l'Afghanistan et la crise des sous-marins, les dirigeants de l'UE se sont réunis mardi en Slovénie pour tenter de renforcer leur influence.

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement sont arrivés avant 19H00 (17H00 GMT) au château de Brdo, non loin de la capitale Ljubljana, afin d'échanger autour d'un dîner, à la veille d'un sommet informel consacré à l'élargissement aux pays des Balkans occidentaux.

Si aucune décision concrète n'est attendue, "c'est la première fois qu'ils se retrouvent depuis juin, autant dire une éternité" au vu des remous de ces derniers mois, commente un haut diplomate.

Dans sa lettre d'invitation en Slovénie, qui exerce la présidence semestrielle de l'UE, le président du Conseil européen Charles Michel a appelé à "une discussion stratégique sur le rôle de l'Union sur la scène internationale".

Ce dîner est "l'occasion, après les récents événements géopolitiques - l'Afghanistan, les relations avec la Chine, la situation dans la région indo-Pacifique - de voir comment on peut veiller à ce que l'Union européenne exerce davantage d'influence", a-t-il résumé à son arrivée.

- "Ne pas se refermer" -

Nul doute que le président français Emmanuel Macron, encore ébranlé par la rupture par Canberra d'un mégacontrat d'achat de sous-marins français, va tenter de convaincre ses partenaires européens de réitérer leur solidarité envers Paris et de s'émanciper de l'allié américain.

"Le grand avantage de ce type de dîner, avec un spectre large de discussions, est de permettre un débat libre", souligne un conseiller de l'Elysée.

Avant de partir pour la Slovénie, M. Macron a pu s'expliquer avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, de passage à Paris.

Au sein de l'Union européenne, les pays nordiques et baltes exhortent toutefois à la prudence, insistant sur la préservation de la relation transatlantique.

"L'UE ne peut pas se refermer sur elle-même", a commenté le Premier ministre suédois Stefan Löfven, cité par l'agence de presse nationale, souhaitant "développer la coopération à la fois avec la Chine et les Etats-Unis".

Le président américain Joe Biden, soucieux de donner des gages après cet épisode, a qualifié l'UE de "partenaire fondamental" dans une conversation téléphonique lundi avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, selon la Maison Blanche.

- Vers plus d'autonomie -

L'affaire des sous-marins est intervenue quelques semaines après le retrait chaotique de l'armée américaine d'Afghanistan en août, qui a relancé la réflexion sur l'autonomie des Européens.

La création d'une force européenne de réaction rapide de 5.000 militaires est en discussion depuis plusieurs mois et le récent fiasco afghan a relancé le débat en soulignant les carences militaires du Vieux Continent, la France menant la charge.

Ce sera l'un des derniers rendez-vous au sommet pour la chancelière allemande Angela Merkel, figure centrale de l'UE depuis 15 ans, à un moment où de difficiles tractations ont commencé en Allemagne pour tenter de former un nouveau gouvernement.

Son départ laissera le champ libre à d'autres dirigeants, comme M. Macron, l'Italien Mario Draghi et le Néerlandais Mark Rutte, désireux d'imprimer leur marque.

- L'énergie aussi au menu -

A l'égard de la Chine, un marché convoité par les puissantes industries allemandes, Mme Merkel a oeuvré à un rapprochement, mais l'accord sur les investissements conclu fin 2020 entre Bruxelles et Pékin a été suspendu sine die sur fond de tensions autour des droits humains.

Autre thème du dîner, selon la présidence française, "la hausse des prix de l'énergie", un sujet de préoccupation de plusieurs pays européens comme l'Espagne, la Grèce et la Pologne.

Face à cette flambée redoutée pour ses conséquences sociales, la Commission européenne devrait proposer la semaine prochaine des solutions de court terme, avec une discussion plus approfondie au sommet de l'UE des 21 et 22 octobre.

En marge de la réunion, les opposants à la vaccination contre le Covid-19 ont fait entendre leur voix : plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Ljubljana, la police usant de canons à eau et de gaz lacrymogène pour les disperser.

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