Dirigeants, éditos dans la presse... Inquiète, la communauté internationale vote Macron

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·6 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

A moins de 48h du second tour de la présidentielle, les Français réfléchissent une ultime fois à leur bulletin. Mais pour la communauté internationale, c'est tout vu: dirigeants mondiaux et titres de presse ne font pas mystère de leur préférence pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen.

Ils ne pourront pas voter et pourtant leur choix est déjà fait pour dimanche. Alors que ce vendredi la campagne officielle touche à sa fin en France, la plupart des acteurs et observateurs de la scène internationale espèrent à haute voix la victoire d'Emmanuel Macron contre Marine Le Pen dimanche. Un second tour de la présidentielle que tous regardent avec inquiétude.

Les chefs des gouvernements espagnol, portugais et allemand à la tribune

C'est le dernier appel en date lancé aux électeurs français depuis l'étranger. Dans une tribune collective parue dans Le Monde de ce vendredi, les Premiers ministres espagnol et portugais, Pedro Sanchez et Antonio Costa, et le chancelier allemand, Olaf Scholz, exhortent nos compatriotes à un vote qui "defende les valeurs européennes".

Et même s'il n'est jamais cité, le nom à faire figurer sur le bulletin pour remplir cet objectif fait peu de doute. "Le second tour de la présidentielle française n'est pas, pour nous, une élection comme les autres. Le choix auquel le peuple français est confronté est crucial pour la France et pour chacun d'entre nous en Europe", commencent les trois chefs de gouvernement.

"C'est le choix entre un candidat démocrate, qui croit que la France est plus forte dans une Union européenne puissante et autonome, et une candidate d'extrême droite, qui se range ouvertement du côté de ceux qui attaquent notre liberté et notre démocratie - des valeurs fondamentales qui nous viennent directement des Lumières françaises", brossent-ils.

Célébrant encore une France "libre et ouverte sur le monde, souveraine, forte et généreuse à la fois", dont ils souhaitent que "les citoyens de la République française la choisiront" dimanche, les auteurs de la tribune relient étroitement notre scrutin au contexte de l'invasion russe de l'Ukraine.

"La guerre (de Vladimir Poutine, NDLR) vise les valeurs que la France et nos pays défendent: la démocratie, la souveraineté, la liberté et l'État de droit", écrivent-ils.

Or visiblement, Olaf Scholz, Pedro Sanchez et Antonio Costa estiment que Marine Le Pen représente un risque de collusion avec le Kremlin: "Les populistes et l'extrême droite dans tous nos pays ont fait de Vladimir Poutine un modèle idéologique et politique, se faisant l'écho de ses revendications nationalistes".

Zelensky ne veut "pas perdre ses relations" avec Macron

Le premier intéressé avait d'ailleurs donné le la lors de l'entretien exceptionnel qu'il a accordé à BFMTV mercredi depuis son bureau de Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a d'abord invité Marine Le Pen à "comprendre qu'elle s'était trompée" sur le conflit en cours entre son pays et la Russie. Ne se reconnaissant pas le droit "d'influencer la campagne électorale française", il a toutefois enchaîné:

"Bien évidemment, j'ai des relations avec Emmanuel Macron et je ne voudrais pas les perdre."

Le Luxembourg mise aussi sur le sortant

On ne sait pas quelles sont les relations entre Jean Asselborn, le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, et l'exécutif français, mais lui aussi s'est prononcé en faveur d'Emmanuel Macron.

Dès le 11 avril, au lendemain de notre premier tour, le Luxembourgeois s'est ainsi empressé de déclarer en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles: "J'espère que l'issue (de l'élection) sera telle que nous n'aurons pas Le Pen dans l'Union européenne comme présidente française".

Un entretien-fleuve en Italie, inquiétude israélienne

La presse étrangère exprime à l'évidence le même voeu dans ses colonnes. Plus ou moins ouvertement, ou plus ou moins discrètement selon les cas. Ainsi, le quotidien espagnol El Pais se contente de peser les chances respectives de l'emporter des deux candidats dans une analyse vidéo détaillée de plus de trois minutes.

Pas de vidéo au long cours mais un entretien-fleuve pour Il Corriere Della Sera qui a choisi de donner la parole à Emmanuel Macron dans cette ultime phase de la campagne. S'attardant d'abord sur les maillots de l'équipe de France et de l'Olympique de Marseille ou encore les livres qui garnissent le bureau du quartier général du président-candidat, les journalistes italiens interrogent ensuite le sortant sur son discours européen et sa position vis-à-vis de la Russie.

Le média israélien Haaretz a quant à lui consacré une édition de son podcast à notre élection durant l'entre-deux tours. Un épisode dont le titre - Les Français ont toujours été grognons. Maintenant, ils sont en colère: pourquoi Le Pen pourrait gagner - trahit une inquiétude certaine.

La presse britannique à l'offensive

Mais les médias anglo-saxons sont encore bien plus directs. "Pourquoi Macron importe", avance un édito publié sur le site de The Economist. Le journal britannique dédie non seulement toute une page internet à la présidentielle française mais a de plus mis en place un baromètre, cumulant et synthétisant les sondages français, actualisé quotidiennement et produisant schémas et projections.

Toujours au Royaume-Uni, le Guardian a quant à lui livré ses "vues sur le duel Macron-Le Pen" et proclamé dès jeudi:

"Pas de place pour la complaisance".

Le contenu du texte met en garde contre une éventuelle indulgence envers la candidature d'extrême droite: "Le conflit domestique causé à l'intérieur de son pays par une présidence Le Pen se doublerait à l'étranger d'une rupture de l'unité occidentale et ce, dans un moment crucial".

Les médias américains craignent un "coup de fouet Le Pen"

C'est encore cet argument de la continuité qui prévaut aux États-Unis et motive les angoisses de leur presse. "Pour beaucoup d'observateurs européens, il reste encore une raison de transpirer", appréhende même ce vendredi le Washington Post.

"Une présidence Le Pen serait un cinglant coup de fouet - et pas seulement pour la France mais pour tout le continent", poursuit le quotidien américain.

"Macron peut bien conserver la présidence, Le Pen a déjà gagné", semble déplorer la correspondante du New York Times en France, qui étaye son propos par la dédiabolisation de Marine Le Pen, sa progression dans l'opinion par rapport à l'équipée électorale précédente et la montée des colères françaises. "Monsieur Macron n'a peut-être pas changé, mais la France oui", conclut l'autrice comparant les pays de 2017 et de 2022.

Dimanche, ce sont justement les électeurs français qui seront appelés aux urnes. A eux alors, et à eux seuls, de faire leur choix.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Jean-Michel Aphatie : "Marine Le Pen n’était pas venue sur le plateau pour gagner, donc elle a perdu"

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles