Un dirigeant secret et taciturne

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DE DACCA
Quand le président du Bangladesh Iajuddin Ahmed a proclamé l’état d’urgence et confirmé Fakhruddin Ahmed à la tête du gouvernement provisoire en janvier 2007, sa précipitation a suscité un grand nombre d’interrogations. L’armée, qui soutenait Fakhruddin Ahmed, n’était-elle pas en train de préparer des changements en profondeur ? La crise n’était-elle pas le prélude d’un régime militaire [voir CI n° 860 du 26 avril 2007] ? Les Bangladais se perdaient en conjectures en exprimant leurs points de vue tout bas. Quelques jours plus tard, le 8 février 2007, le discours prononcé par le chef d’état-major au camp de Bandarban, dans le sud-est du pays, a coupé court aux spéculations. Le général Moeen U. Ahmed a en effet confirmé l’appui des militaires au cabinet provisoire, précisant cependant que “l’armée n’a aucune intention de prendre le pouvoir. Nous ne dirigeons même pas le gouvernement. Nous avons néanmoins à cœur qu’il réussisse, car nous souhaitons replacer le pays sur la bonne voie à travers les efforts concertés de tous.”
Ce discours, diffusé par la plupart des chaînes de télévision, a donné au peuple un aperçu de l’homme qui orchestre aujourd’hui la politique nationale et conduit le programme élaboré avec le gouvernement provisoire pour lutter contre la corruption, mettre en place des réformes électorales et sanctionner ceux qui ont pillé les coffres de l’Etat ou se sont livrés au terrorisme. L’immense intérêt porté par le peuple à ce discours témoigne du pouvoir du général, mais aussi de l’anonymat qu’il a soigneusement gardé depuis sa nomination à la tête de l’armée, il y a deux ans.
C’est le 15 juin 2005 qu’il a été placé à ce poste par Khaleda Zia, alors Première ministre [elle occupa ce fauteuil de 2001 à 2006]. Par un curieux paradoxe, qui rappelle l’éviction en 1999 du chef du gouvernement pakistanais Nawaz Sharif par le général Pervez Musharraf, qu’il avait lui-même nommé chef des armées, Mme Zia a découvert que le général Ahmed cherchait à boycotter les élections qu’elle préparait. Il reprochait à la dirigeante de vouloir favoriser son parti et saper les chances de sa rivale Hasina Wajed.

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