La direction Bardella au Rassemblement National n’a pas tardé à faire un mécontent

Steeve Briois, maire de Hénin Beaumont, à la braderie de la ville le 11 septembre 2022.
SAMEER AL-DOUMY / AFP Steeve Briois, maire de Hénin Beaumont, à la braderie de la ville le 11 septembre 2022.

POLITIQUE - Steeve Briois, figure du Rassemblement national, a dénoncé ce samedi 5 novembre un « rabougrissement » du parti après son exclusion de la nouvelle instance exécutive présidée par Jordan Bardella, élu pour prendre la succession de Marine Le Pen à la tête de l’ex-FN.

« Alors que depuis de nombreux mois je tire la sonnette d’alarme sur une potentielle re-radicalisation, je ne peux voir dans mon éviction qu’une sanction pour avoir voulu sensibiliser sur un phénomène que les faits confirment, depuis les ronds de jambe faits à certains intégristes, jusqu’à l’adoption de positions droitardes, contraires à mon sens au ’ni droite, ni gauche’ qui a prévalu pendant des décennies au Front National », indique le maire d’Hénin-Beaumont dans un communiqué.

« Je ne peux qu’y voir un rabougrissement, et j’espère que le Rassemblement national n’est pas en train de céder au grand ’compromis nationaliste’, cette stratégie d’union des droites radicales, qui a échoué à la présidentielle, plutôt que de l’ensemble des patriotes de droite comme de gauche », poursuit-il.

« Des années de dédiabolisation en train d’être réduites à néant »

Faute d’avoir été nommé au puissant « bureau exécutif », il a indiqué refuser de siéger, tel que Jordan Bardella lui proposait, au « bureau national » - une instance au pouvoir bien moindre -, « ce qui n’aurait été qu’un prétexte pour ne pas avouer ce qui s’apparente davantage à un début de purge contre ceux qui défendent la ligne sociale », attaque-t-il.

Après son élection à la présidence du parti avec près de 85% des voix, Jordan Bardella a composé un nouveau bureau exécutif dominé par ses proches, bien qu’il ait offert la vice-présidence du parti à son adversaire défait Louis Aliot.

L’eurodéputé de 27 ans, qui jure sa « fidélité » et sa « loyauté » à Marine Le Pen en promettant vouloir suivre sa ligne politique, est toutefois critiqué par ses détracteurs qui mettent en exergue ses accointances avec les « identitaires » ou une trop grande mansuétude envers ceux qui étaient partis chez Éric Zemmour.

« Certaines outrances me donnent encore raison », affirme Steeve Briois, qui « regrette que des années de dédiabolisation soient en train d’être réduites à néant avec comme seul but de plaire à une minorité électorale, avec le risque d’une nouvelle mise à la marge du RN ».

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