[EN DIRECT] : faute d'accord, les couloirs d'évacuation de civils suspendus pour la journée

·11 min de lecture

Au 53e jour de l’invasion russe de l'Ukraine, ce dimanche 17 avril, les couloirs d'évacuation de civils sont suspendus. La Russie a appelé les soldats ukrainiens combattant encore à Marioupol à se rendre à 06h00, heure de Moscou, 03h00 TU, en leur promettant la vie sauve.

► Moscou a bloqué le site internet de RFI, qui diffuse des informations en une quinzaine de langues dont le russe. Une adresse URL alternative permet d'accéder au site en français et en russe. RFI en russe est aussi disponible sur Telegram : https://t.me/RFI_Ru, via un VPN et en Russie en français par satellite sur Hotbird.

► Le site de la rédaction russe de RFI diffuse la radio publique ukrainienne (en langue ukrainienne) depuis la page d'accueil

Les points essentiels :

► Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme avoir invité Emmanuel Macron à se rendre en Ukraine pour constater de ses yeux que les forces russes commettent un « génocide », un terme que son homologue français s'est jusqu'ici refusé à employer.

► La situation dans le port stratégique de Marioupol est « inhumaine », déclare samedi soir le président ukrainien, appelant les Occidentaux à fournir « immédiatement » les armes lourdes qu'il réclame depuis plusieurs semaines.

► La Russie annonce que le Premier ministre britannique Boris Johnson et plusieurs autres hauts responsables britanniques sont interdits d'entrée dans le pays, après que Londres eut imposé des sanctions à Moscou en raison de son opération militaire en Ukraine.

► Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale alertent sur la dégradation de la situation économique mondiale. Après la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine vient ajouter une incertitude supplémentaire. 143 pays vont voir leurs prévisions de croissance se dégrader, en raison du conflit.

Les horaires sont donnés en temps universel (TU)

19h20 : La Russie affirme que « jusqu'à 400 mercenaires étrangers » se trouvent à Marioupol

Un porte-parole du ministère russe de la Défense affirme que les forces ukrainiennes ont été chassées de la majeure partie du Marioupol et qu'il ne restait plus que l'aciérie Azovstal, où des tunnels permettent aux combattants de se cacher et de résister jusqu'à épuisement des munitions.

Le général de division Igor Konashenkov déclare dimanche que « jusqu'à 400 mercenaires étrangers », qui, selon lui, sont pour la plupart des citoyens européens et canadiens, « sont maintenant encerclés en tant que partie du groupe ukrainien sur le territoire de l'entreprise Azovstal ».

« En cas de nouvelle résistance, ils seront tous détruits », poursuit le général russe, qui ajoute leur avoir proposé des conditions de reddition mais que les combattants avaient reçu l'interdiction de le faire.

« Le régime nationaliste de Kiev, selon les interceptions radio, a interdit les négociations sur la reddition, ordonnant aux nazis d'Azov de tirer sur quiconque veut déposer les armes parmi les militaires ukrainiens et les mercenaires étrangers », déclare Igor Konashenkov.

Ces informations sont impossibles à vérifier pour le moment étant donné les difficultés d'accès de la ville de Marioupol.

17h28 : Le Premier ministre italien Mario Draghi évoque le caractère « inutile » des discussions avec Vladimir Poutine

« Je commence à penser que ceux qui disent qu'il est inutile que vous leur parliez, vous perdez du temps », explique Mario Draghi dans une interview avec le quotidien italien Corriere Della Serra, où il explique avoir demandé un cessez-le-feu au président russe.

Le Premier ministre italien nuance cependant en affirmant que le président français Emmanuel Macron, en qualité de président tournant de l'Union Européenne, avait raison « d'essayer toutes les voies de dialogue possibles ».

L'Italie a pris plusieurs mesures de sanctions contre la Russie en réponse à l'invasion de l'Ukraine, en immobilisant « plus de 800 millions d'euros » de biens de personnalités russes visées par les sanctions occidentales.

16h52 : 2 morts dans des bombardements dans l'est de l'Ukraine

Selon un responsable régional de l'est de l'Ukraine, au moins deux personnes ont été tuées par des bombardements russes. Le gouverneur de la région de Louhansk, Serhiy Gaidai, déclare qu'au moins quatre autres personnes ont été blessées dimanche lorsque les forces russes ont frappé des bâtiments résidentiels dans la ville de Zolote, située près de la ligne de front dans le Donbass.

16h24 : Inquiétudes sur les conséquences de la guerre en Ukraine sur l'économie mondiale

Alors que s'ouvrent cette semaine les réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, les deux institutions alertent sur la dégradation de la situation économique mondiale. Après la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine vient ajouter une incertitude supplémentaire.

Ce qui inquiète Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, c'est la guerre en Ukraine qui vient s'ajouter à la pandémie de Covid-19, dont les effets n'ont toujours pas disparu.

143 pays vont voir leurs prévisions de croissance se dégrader, en raison du conflit. L'inflation, particulièrement alarmante alerte le FMI, génère des crises alimentaires en Afrique et de l'instabilité sociale dans les pays les moins riches.

Autre phénomène inquiétant, « la fragmentation croissante de l'économie mondiale en blocs géopolitiques », explique Kristalina Georgieva.

15h53 : « Cette terre est en sang », un village ukrainien déterre ses morts

Dans une rue tranquille bordée de noyers, un cimetière abrite quatre corps qui n'ont pas encore trouvé de sépulture. Tous ont été victimes des soldats russes dans ce village situé en banlieue de Kiev. Leurs cercueils temporaires, réunis dans une tombe temporaire, sont déterrés un par un par des bénévoles ce dimanche, deux semaines après le retrait des soldats de la ville.

Les corps, qui ont été enterrés à la hâte pendant l'occupation russe, sont désormais récupérés par les autorités pour enquêter sur d'éventuels crimes de guerre. Les corps de plus de 900 civils ont été retrouvés à ce jour par les forces ukrainiennes dans la région de la capitale ukrainienne.

14h50 : Les défenseurs de Marioupol « combattront jusqu'au bout », d'après le Premier ministre ukrainien

Les derniers défenseurs ukrainiens de Marioupol tiennent toujours des secteurs de la ville et ils « combattront jusqu'au bout », affirme le Premier ministre Denys Chmygal, dans une interview à la chaîne américaine ABC.

« Non, la ville n'est pas tombée. Nos forces militaires, nos soldats y sont toujours. Ils combattront jusqu'au bout. À l'heure où je vous parle, ils sont toujours dans Marioupol », assure-t-il.

Les militaires ukrainiens assiégés à Marioupol semblaient dimanche avoir ignoré l'ultimatum de la Russie, qui leur a demandé de déposer les armes et d'évacuer ce port stratégique du sud-est de l'Ukraine, dont la prise constituerait une importante victoire pour Moscou.

14h24 : Volodymyr Zelensky dit avoir invité Macron à aller en Ukraine constater l'existence d'un « génocide »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme avoir invité Emmanuel Macron à se rendre en Ukraine pour constater de ses yeux que les forces russes commettent un « génocide », un terme que son homologue français s'est jusqu'ici refusé à employer.

« S'agissant d'Emmanuel, je lui ai parlé », déclare le président Zelensky dans un entretien avec la chaîne américaine CNN réalisé vendredi et diffusé dimanche. « Je pense qu'il veut faire en sorte que la Russie s'engage dans un dialogue », ajoute-t-il, pour expliquer le refus du dirigeant français de dénoncer un « génocide » en Ukraine, à l'inverse du président des Etats-Unis Joe Biden. Le président ukrainien avait dans un premier temps jugé mercredi ce refus « très blessant ».

« Je lui ai dit que je voulais qu'il comprenne qu'il ne s'agit pas d'une guerre, que ce n'est rien d'autre qu'un génocide. Je l'ai invité à venir quand il en aura l'occasion », précise Volodymyr Zelensky. « Il viendra, et il verra, et je suis sûr qu'il comprendra. »

Emmanuel Macron, en pleine campagne pour sa réélection lors du scrutin présidentiel de dimanche prochain en France, avait expliqué jeudi que le mot « génocide » devait à son avis être « qualifié par des juristes, pas par des politiques » et que « rentrer dans l'escalade verbale » n'était « pas aider l'Ukraine ».

13h52 : En Pologne, des volontaires accueillent les réfugiés ukrainiens à l'occasion de Pâques

Les réfugiés ukrainiens continuent de traverser la frontière polonaise ce dimanche en pleines célébrations catholiques de Pâques. À Medyka, les réfugiés ont fait part de leurs souhaits pour Pâques tandis que les bénévoles de la station préparaient un repas traditionnel de Pâques pour leur remonter le moral.

L'Organisation internationale pour les migrations estime que plus de 12 millions de personnes sont bloquées dans les zones de l'Ukraine attaquées. Selon les derniers chiffres de l'agence des Nations unies pour les réfugiés, plus de 5 millions de personnes ont fui l'Ukraine jusqu'à présent.

13h08 : Cinq morts dans une série de frappes à Kharkiv

Au moins cinq personnes ont été tuées et 13 blessées dans une série de frappes sur Kharkiv ce dimanche qui a provoqué des incendies, annonce les services de secours à l'AFP.

Des journalistes de l'AFP ont entendu deux salves de tirs et vu cinq incendies se propager dans des quartiers résidentiels du centre de la grande ville du nord-est de l'Ukraine.

11h38 : Les soldats ukrainiens à Marioupol « ne se rendront pas », déclare un député ukrainien à la BBC

Le député d’Odessa Oleksiy Goncharenko a affirmé à la BBC que les soldats ukrainiens à Marioupol ne se rendraient pas à la Russie.

« Je leur ai parlé hier, et je sais qu’ils vont se battre jusqu’à la fin », a-t-il déclaré.

Oleksiy Goncharenko a ajouté que la situation à Marioupol était « un véritable génocide » et a estimé qu’environ 100 000 civils étaient dans la ville.

Un conseiller du maire de Marioupol, Petro Andriushchenko, a également déclaré sur Telegram que malgré l'appel à se rendre lancé par la Russie aux soldats encore présents dans la ville, « nos défenseurs continuent à tenir la défense ».

10h18 : Le pape appelle à « entendre le cri de paix » en cette « Pâques de guerre ».

« Nous avons vu trop de sang, trop de violence (...) Que l'on arrête de montrer les muscles pendant que les gens souffrent », a lancé le souverain pontife lors de sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi », devant quelque 50 000 fidèles sur la place Saint-Pierre à Rome.

09h44 : L’aide militaire américaine commence à arriver en Ukraine.

Des cargaisons d’aide militaire envoyées par les États-Unis ont commencé à arriver en Ukraine, selon un responsable de la Maison-Blanche cité par CNN.

09h10 : Pour pallier les pénuries liées à la guerre en Ukraine, l'Inde commence à exporter du blé.

Les précisions de notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis.

08h42 : Mario Draghi déplore l'inefficacité du dialogue avec Poutine.

«Je commence à penser que ceux qui disent: "il est inutile que vous lui parliez, vous perdez du temps" ont raison », a déclaré Mario Draghi dans une interview au quotidien Il Corriere della Sera.

08h06 : La Russie affirme avoir « détruit » une usine militaire près de Kiev.

« Durant la nuit, des missiles de haute précision lancés par des avions ont détruit une usine de munitions près de Brovary dans la région de Kiev », a indiqué le ministère dans un communiqué sur sa chaîne Telegram.

07h47 : Faute d'accord avec les Russes, aucun couloir pour l'évacuation des civils aujourd'hui, déclarent les autorités ukrainiennes.

« Ce matin, nous n'avons pas réussi à négocier un cessez-le-feu sur les itinéraires d'évacuation avec les occupants. C'est pourquoi, malheureusement, nous n'allons pas ouvrir de couloirs humanitaires aujourd'hui », a indiqué sur Telegram la vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

« Nous n'épargnons aucun effort pour que les couloirs humanitaires reprennent le plus rapidement possible », a-t-elle ajouté. Iryna Verechtchouk a également exigé l'ouverture d'une voie d'évacuation pour les militaires blessés de la ville de Marioupol, dévastée par les combats.

07h34 : Frappe de missile à Brovary, près de Kiev, selon le maire de la ville cité par Reuters.

Une frappe de missile aux premières heures de dimanche a endommagé des infrastructures dans la ville de Brovary, a dit le maire de Brovary dans un message posté sur internet.

Aucun détail sur l'étendue des dégâts et sur d'éventuelles victimes n'a été communiqué.

Ces informations n'ont pas pu être vérifiées pour le moment.

07h14 : Gazprom dit poursuivre ses exportations de gaz vers l'Europe via l'Ukraine.

Le producteur russe de gaz Gazprom a annoncé dans un communiqué avoir continué à approvisionner l'Europe en gaz naturel via l'Ukraine conformément aux demandes de ses clients européens.

Ces besoins pour le 17 avril se montaient à 57 millions de mètres cubes, a ajouté Gazprom.

06h00 : Notre envoyée spéciale en Ukraine, Clea Broadhurst, est à Kramatorsk, dans l'oblast de Donetsk, où les sirènes retentissent.

La grande offensive annoncée n'a pas commencé, rapporte Clea Broadhurst. L’alarme retentit pourtant sans relâche. Les villages autour de Kramartorsk se sont vidés et sont principalement des villes fantômes, où l'on croise surtout des militaires.

À Lisichansk, une ville située tout près de la ligne de front, près de Sevierodonetsk, les militaires russes ont perturbé l'évacuation de civils. Pendant le « régime de silence » – c’est à dire le cessez-le-feu pour ouvrir un couloir humanitaire - ils ont ouvert le feu dans le centre ville, selon Serguiï Gaïdaï, le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk. Les troupes russes ont également empêché une distribution de nourriture, les soldats ont tiré sur huit camionnettes de pain.

05h57 :

05h55 : La ville de Severodonetsk, dans l'oblast de Lougansk, a été touchée par des bombardements russes, selon le journal ukrainien The Kyiv Independent.

Selon le gouverneur de l’oblast de Lougansk, Serhiy Gaidai, quatre immeubles de Severodonetsk ont pris feu après que des missiles russes aient frappé la ville pendant la nuit du 17 avril, rapporte le journal ukrainien The Kyiv Independent. Un bâtiment à Novodrujesk a également été détruit.

04h47 : Marie Dumoulin, directrice du programme Europe élargie au sein du le Conseil européen des relations étrangères, analyse les enjeux de la livraison d'armes à l'Ukraine, réclamée par le président Zelensky.

01h15 : Les nouvelles sanctions viseront Sperbank, annonce Ursula von der Leyen.

« Nous nous penchons davantage sur le secteur bancaire, notamment sur Sberbank qui représente 37% du secteur bancaire russe. Il y a également les question énergétiques », a déclaré Ursula von der Leyen au journal dominical Bild am Sonntag, qui lui demandait de détailler les points clés des nouvelles sanctions.

Contrairement aux Américains, les Européens avaient jusqu'à présent évité de sanctionner la Sberbank. L'établissement appartient en majorité à la Banque centrale de Russie et constitue en effet l'un des canaux privilégiés pour payer le pétrole et le gaz acheté à Moscou. Mais à l'heure où l'Union européenne se prépare à se passer du pétrole russe, la Sberbank se retrouve dans le viseur. Elle constitue l'épine dorsale de la finance russe, pesant 35% environ du secteur bancaire. Et toute sanction européenne directe contribuerait à l'affaiblir davantage, en ayant des répercussions sur l'ensemble de l'économie russe.

La présidente de la Commission européenne a ajouté que l'UE développait des « mécanismes intelligents » pour que le pétrole soit également inclus dans les nouvelles sanctions. Un tiers du pétrole brut consommé en Europe vient de Russie.

00h00 : L'adresse quotidienne du président Zelensky aux Ukrainiens, sous-titrée en anglais.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles