Ukraine : des bombardements russes meurtriers autour de la centrale de Zaporijjia

© Alexander Ermochenko, Reuters

Des bombardements russes ont tué au moins 14 civils dans la nuit de mardi à mercredi, non loin de la centrale nucléaire de Zaporijjia que Moscou et Kiev s'accusent mutuellement d'avoir bombardée. La journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue célèbre après avoir brandi une affiche contre la guerre en Ukraine à la télévision russe, a été interpellée mercredi à Moscou.

  • 3 h 01 : une contre-offensive ukrainienne dans le sud du pays ?

L'armée ukrainienne a affirmé mercredi avoir frappé un pont dans la région de Kherson, occupée par les forces russes. Elle dit mener dans le sud du pays une lente contre-offensive depuis plusieurs semaines, ce qui a, selon Kiev, permis de reprendre des dizaines de villages à l'armée russe.

Tetyana Ogarkova, journaliste, responsable du département international de l'Ukraine Crisis Center, estime que "les Russes essaient de démontrer qu'ils sont très nombreux et très forts dans le Donbass". "Mais ils savent que le risque majeur est au sud. Si la contre-offensive ukrainienne prend de l'ampleur, il y a des risques pour la Crimée", plaide-t-elle.

  • 22 h 25 : la Lituanie suspend le transit vers Kaliningrad de marchandises russes qui ont atteint leurs quotas

Les chemins de fer lituaniens ont annoncé mercredi qu'ils suspendaient le transit vers le territoire russe de Kaliningrad de certaines marchandises russes dont le volume a atteint les limites prévues. Coincé entre la Pologne et la Lituanie, Kaliningrad est largement approvisionné par voie ferroviaire à partir de la Russie continentale.

"Les moyennes de certains codes des produits ont déjà été atteintes", a indiqué le transporteur ferroviaire publique lituanien interrogé par l'AFP. Il s'agit notamment de produits en fer et acier, de bois, d'engrais et d'éthylène glycol. "Lorsque la quantité transportée de marchandises spécifiques atteint les moyennes annuelles fixées, les demandes de transport sont rejetées et leur transport n'est pas effectué", a précisé le groupe.

Le transit ferroviaire vers Kaliningrad a repris en juillet, en vertu des "orientations européennes", après avoir été arrêté le mois précédent par Vilnius au nom des sanctions européennes frappant les importations de marchandises russes.

  • 20 h 49 : le Conseil de sécurité de l'ONU tient une réunion d'urgence sur la centrale de Zaporijjia

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra jeudi une réunion d'urgence pour discuter la situation à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, a-t-on appris de sources diplomatiques. Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de l'avoir bombardée.

Une source au sein de la présidence chinoise du Conseil de sécurité, dirigé en août par Pékin, a précisé à l'AFP que la réunion aurait lieu le 11 août à 15 h (19 h GMT, 21 h heure de Paris). Une seconde source diplomatique au siège des Nations unies à New York a ajouté que les 15 pays membres du Conseil se retrouveraient jeudi après-midi à la demande de la Russie, qui y dispose d'un droit de veto, comme les quatre autres membres permanents (États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni).

  • 20 h 27 : la première cargaison de céréales à quitter l'Ukraine a accosté en Turquie

Le premier navire transportant des céréales ukrainiennes a accosté au port de Mersin, en Turquie, selon des sites de traçage du trafic maritime. Il y a trouvé un nouvel acheteur, a rapporté le site d'information Middle East Eye.

Le Razoni, cargo battant pavillon sierra-léonais, avait quitté le 1er août le port ukrainien d'Odessa avec 26 000 tonnes de maïs à son bord. Il aurait dû accoster dimanche dans le port de Tripoli, au Liban.

  • 18 h 57: les explosions en Crimée dues à des cigarettes mal éteintes, ironise Kiev

Lors d'une conférence de presse à Copenhague, le ministre de la Défense ukrainien a refusé de commenter une éventuelle implication de son armée dans des explosions dans un dépôt de munitions en Crimée. Oleksiï Reznikov a estimé qu'elles étaient dues à des cigarettes : "Je pense que les militaires russes dans cet aérodrome ont oublié une règle très simple : 'ne fumer pas dans des endroits dangereux'. C'est tout", a ironisé le ministre, en visite au Danemark pour une rencontre avec des pays donateurs à l'Ukraine.

Mardi 9 août, des explosions ont fait un mort et des blessés dans un dépôt de munitions sur le site d'un aérodrome militaire de la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée par la Russie, qui a arrêté ses livraisons de pétrole via l'Ukraine.

L'armée russe a affirmé qu'aucun tir ni bombardement n'avait été à l'origine de ces déflagrations, d'abord signalées par les autorités de cette presqu'île unilatéralement rattachée à la Russie en 2014.

  • 17 h 25 : l'embargo sur le charbon russe entre en vigueur dans l'UE

L'embargo européen sur le charbon russe entre en vigueur mercredi à minuit, quatre mois après son adoption dans le cadre d'une cinquième salve de sanctions contre Moscou et au moment où l'UE fait face à de vives tensions sur ses approvisionnements énergétiques.

Cet embargo, décrété en avril par les Vingt-Sept, devient effectif à l'issue d'une période de transition de 120 jours, pendant laquelle seuls les contrats commerciaux conclus avant le 9 avril pouvaient être honorés. Il s'agissait de la première sanction de l'UE frappant le secteur énergétique russe. Les Européens ont ensuite décidé fin mai un embargo progressif d'ici fin 2022 sur l'essentiel du pétrole russe.

L'UE importait jusqu'à l'an dernier 45 % de son charbon de Russie pour une valeur de 4 milliards d'euros par an. Certains pays comme la Pologne et l'Allemagne, qui l'utilisaient pour leur production d'électricité, en étaient particulièrement dépendants. Face à la chute des livraisons de gaz russe et au risque de pénurie, plusieurs pays membres (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Italie) ont annoncé ces derniers mois un recours accru aux centrales électriques au charbon.

  • 17 h 04 : les livraisons de pétrole russe reprennent en Slovaquie

Les livraisons de pétrole russe ont repris en Slovaquie après une coupure liée à des sanctions portant sur les droits de transit par l'Ukraine, a annoncé la raffinerie slovaque Slovnaft. "Le pétrole brut arrive déjà à nouveau en Slovaquie par l'oléoduc Droujba et en Hongrie l'approvisionnement devrait être rétabli dans la journée de demain", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la raffinerie, Anton Molnar.

Par contre, les livraisons de pétrole par Droujba n'ont toujours pas repris en République tchèque, a indiqué à l'AFP Barbora Putzova, porte-parole de la société Mero qui gère la partie tchèque de Droujba.

L'entreprise russe responsable du transport des hydrocarbures, Transneft, avait annoncé l'interruption des livraisons de pétrole à la Hongrie, à la République tchèque et à la Slovaquie, à compter du 4 août. Elle avait expliqué que son paiement des droits de transit ukrainiens, effectué le 22 juillet, avait été refusé à cause de l'entrée en vigueur de certaines sanctions.

  • 16 h 40 : la Suisse pourrait représenter l'Ukraine en Russie

L'Ukraine souhaite que la Suisse représente ses intérêts en Russie mais Moscou doit encore donner son aval pour que l'accord entre en vigueur, a indiqué le ministère suisse des Affaires étrangères.

Au début de la guerre en Ukraine, la Suisse avait offert "ses bons offices" à Kiev et Moscou, avait indiqué en mai à l'AFP la diplomatie suisse. Ce que Kiev a accepté. "Les négociations à ce sujet sont terminées", selon le ministre des Affaires étrangères, confirmant une information publiée par la Luzerner Zeitung.

Moscou estime cependant que la Suisse n'est plus neutre depuis qu'elle a repris les sanctions européennes à son encontre après le déclenchement de la guerre.

Lorsque deux États rompent entièrement ou partiellement leurs relations, la Suisse, qui se prévaut de sa neutralité, est habituée à assumer une partie de leurs tâches diplomatiques ou consulaires.

  • 16 h 05 : l'Ukraine dit avoir mis hors service un pont stratégique de la région occupée de Kherson

L'armée ukrainienne a affirmé avoir frappé un pont dans la région de Kherson, occupée par les forces russes, le rendant impraticable, après des tirs ayant déjà visé un autre axe logistique majeur dans cette zone. Selon le commandement Sud des forces armées ukrainiennes, le pont en question est situé près de la centrale hydroélectrique de Kakhovka et est à présent "inutilisable". "La frappe était précise et effective", a-t-il assuré sur Facebook.

Le 8 août, l'armée ukrainienne avait annoncé avoir frappé un autre pont situé dans la même région, l'Antonivski, d'importance stratégique pour la logistique des forces russes.

En banlieue de la ville occupée de Kherson, traversant la rivière Dniepr, ce pont avait déjà été visé et partiellement détruit le 27 juillet, contraignant l'armée russe à installer des pontons mobiles.

  • 14 h 17 : la journaliste russe Marina Ovsiannikova interpellée à Moscou

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue célèbre après avoir interrompu le journal d'une chaîne d'État russe avec une affiche contre l'offensive en Ukraine, a été arrêtée pour avoir "discrédité" l'armée, a indiqué son avocat.

"Nous sommes en ce moment chez les enquêteurs. Une enquête a été ouverte" contre Marina Ovsiannikova pour "diffusion de fausses informations" sur l'armée russe, a déclaré à l'AFP l'avocat Dmitri Zakhvatov. La journaliste devra passer la nuit dans un centre de détention provisoire. Les enquêteurs doivent à présent décider si Marina Ovsiannikova, 44 ans et mère de deux enfants mineurs, sera placée officiellement en détention provisoire ou restera en liberté dans l'attente de son procès, a précisé son avocat.

Elle risque jusqu'à 10 ans de prison si elle est reconnue coupable par la justice russe.

Selon un message publié par Mme Ovsiannikova sur Telegram, une dizaine de membres des forces de l'ordre ont perquisitionné son domicile tôt le matin mercredi et ont "effrayé" sa fille.

L'enquête a été ouverte après une action de protestation en solitaire : à la mi-juillet, sur un quai à proximité du Kremlin, elle avait brandi une pancarte affirmant que "Poutine est un assassin, ses soldats sont fascistes". Des jouets ensanglantés étaient déposés à ses côtés.

>> À revoir, notre entretien avec Marina Ovsiannikova : "Je ne fais pas partie de la racaille"

  • 13 h 50 : Entretien. Mykhaïlo Fedorov : la transformation numérique participe à "l'effort de guerre" de l'Ukraine

  • 13 h 18 : le Danemark va former des soldats ukrainiens au Royaume-Uni

Le Danemark va dépêcher des instructeurs militaires au Royaume-Uni pour aider à l'entraînement de soldats ukrainiens et proposera de former des officiers ukrainiens sur son sol, a déclaré le ministère danois de la Défense.

Cette annonce intervient avant une conférence jeudi à Copenhague au cours de laquelle les ministres de la Défense britannique, danois et ukrainien devraient discuter d'un soutien de longue durée à l'Ukraine, notamment en matière de formation militaire, de déminage et de fourniture d'armes.

  • 12 h 36 : pour le G7, la Russie "met en danger la région" en occupant la centrale nucléaire de Zaporijjia

Le groupe des pays les plus industrialisés du G7 a accusé Moscou de "mettre en danger" la région ukrainienne autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les troupes russes, et demandé la restitution de la centrale à l'Ukraine.

"Nous exigeons que la Russie rende immédiatement à son propriétaire souverain légitime, l'Ukraine, le contrôle total de la centrale nucléaire de Zaporijjia", écrit le G7 dans un communiqué publié par l'Allemagne, qui en assure la présidence. "C'est le contrôle continu de la centrale par la Russie qui met la région en danger."

  • 11 h 09 : les Philippines annulent l'achat d'hélicoptères militaires russes

Les Philippines ont annulé la commande de 16 hélicoptères militaires russes, ont annoncé les autorités de ce pays, confirmant les articles de presse assurant que l'ex-président Rodrigo Duterte avait décidé cette rupture de contrat pour cause de sanctions américaines contre Moscou.

Manille, allié de longue date des États-Unis, avait conclu en novembre un contrat de 12,7 milliards de pesos philippins (228 millions d'euros) pour des hélicoptères Mi-17 afin de moderniser ses équipements militaires.

  • 10 h 30 : les Européens arrêtent d'acheter du charbon russe mais se ruent sur d'autres fournisseurs

  • 9 h 11 : la vente du premier chargement de céréales exporté par l'Ukraine annulée au Liban

Le contrat de vente du premier chargement de céréales exporté par l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe a été annulé en raison du retard de livraison, a indiqué l'ambassade ukrainienne au Liban. Le "Razoni", cargo battant pavillon sierra-léonais, avait quitté le 1er août le port ukrainien d'Odessa sur la mer Noire avec 26 000 tonnes de maïs, et aurait dû accoster dimanche dans le port de Tripoli, au Liban.

Le délai de livraison de cinq mois a toutefois "incité l'acheteur et l'expéditeur à s'entendre sur l'annulation de la commande", a expliqué mardi soir l'ambassade ukrainienne dans un communiqué publié peu avant minuit. Selon elle, l'expéditeur étudie "d'autres demandes d'achat".

  • 8 h 41 : les bombardements russes tuent au moins 13 civils dans la région de Dnipropetrovsk

Au moins treize personnes ont été tuées dans la nuit de mardi dans le district de Nikopol, près de la centrale de Zaporijjia, a annoncé le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk, Valentyn Reznychenko, sur l'application de messagerie Telegram.

Deux blessés ont succombé à leur blessures, s'ajoutant au bilan de onze morts annoncé par le gouverneur quelques minutes plus tôt.

  • 6 h 38 : un mort dans des explosions sur une base aérienne russe en Crimée

Les autorités locales ont déclaré qu'une personne avait été tuée mardi après-midi dans des explosions sur une base aérienne russe, dans la péninsule annexée de Crimée, ce que Moscou a démenti. D'après les Russes, il ne s'agissait pas d'une attaque mais de l'explosion de munitions entreposées.

Des témoins ont dit avoir entendu au moins 12 explosions vers 15 h 20, heure locale (12 h 20 GMT), mardi, depuis la base aérienne de Saky, près de Novofedorivka, sur la côte ouest de la péninsule.

  • 1 h 19 : les Russes vont raccorder la centrale de Zaporijjia à la Crimée

Les forces russes qui occupent la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia préparent son raccordement à la Crimée, presqu'île annexée par Moscou en 2014, et l'endommagent en procédant à une réorientation de la production électrique, a alerté mardi le président de l'opérateur ukrainien, Energoatom, Petro Kotin.

"Pour ce faire, il faut d'abord endommager les lignes électriques de la centrale reliées au système énergétique ukrainien. Du 7 au 9 août, les Russes ont déjà endommagé trois lignes électriques. En ce moment, la centrale fonctionne avec une seule ligne de production, ce qui est un mode de travail extrêmement dangereux", a-t-il ajouté.

"Lorsque la dernière ligne de production sera débranchée, la centrale sera alimentée par des groupes électrogènes fonctionnant au diesel. Tout dépendra alors de leur fiabilité et des stocks de carburant", a aussi prévenu Petro Kotin.

  • 0 h 01 : "la Crimée est ukrainienne et nous n'y renoncerons jamais", insiste Volodymyr Zelensky

Alors que des explosions se sont produites mardi dans un dépôt de munitions sur la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée par la Russie, le président ukrainien a fait une mise au point.

"La Crimée est ukrainienne et nous n'y renoncerons jamais. Nous n'oublierons pas que l'occupation de la Crimée fut le début de la guerre de la Russie contre l'Ukraine", a martelé Volodymyr Zelensky lors de son allocution quotidienne. "Le monde commence à comprendre qu'il a eu tort en 2014 en décidant de ne pas répondre de toutes ses forces aux premières actions agressives de la Russie.

Avec AFP