L'Afrique est "otage" de l'invasion russe en Ukraine, selon Volodymyr Zelensky

L'Ukraine a accusé lundi la Russie d'intensifier encore ses bombardements meurtriers dans l'Est, tandis que Kiev, selon Moscou, a frappé en retour des plateformes de forage en mer Noire au large de la Crimée. La crise alimentaire mondiale "durera tant que cette guerre coloniale continuera", a estimé Volodymyr Zelensky face à l'Union Africaine. Voici le fil du 20 juin.

Ce fil n'est plus actualisé. Pour suivre le fil de la journée du 21 juin, cliquez ici.

  • 2 h 08 : le prix Nobel russe Dmitri Mouratov vend sa médaille 103,5 millions de dollars pour aider l’Ukraine

Dmitri Mouratov, rédacteur en chef russe du journal d'investigation indépendant Novaïa Gazeta, a vendu lundi aux enchères sa médaille de prix Nobel de la paix 103,5 millions de dollars, au profit des enfants déplacés par le conflit en Ukraine.

Le montant de cette vente, décrochée par un enchérisseur au téléphone dont l'identité n'a pas été dévoilée, sera reversé au programme de l'Unicef consacré aux enfants ukrainiens déplacés par la guerre, selon Heritage Auctions, qui s'est chargé de la vente. Dmitri Mouratov avait remporté le prestigieux prix en 2021, aux côtés de la journaliste philippine Maria Ressa, le comité les honorant "pour leurs efforts visant à préserver la liberté d'expression".

  • 1 h 14 : les deux Américains capturés en Ukraine ont commis des "crimes", selon le Kremlin

Les deux Américains capturés en Ukraine alors qu'ils combattaient avec les forces armées de Kiev "mettaient en danger" des soldats russes et doivent être "tenus responsables de ces crimes", a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'une interview avec la chaîne américaine NBC News. Il s'agit du premier commentaire du Kremlin sur le cas de ces deux anciens militaires américains, Alexander Drueke et Andy Huynh, selon NBC.

"Ce sont des mercenaires et ils étaient impliqués dans des activités illégales sur le territoire de l'Ukraine", a affirmé Dmitri Peskov, en anglais. "Ils étaient impliqués dans des tirs et des bombardements" de militaires russes, "ils mettaient leurs vies en danger", a-t-il poursuivi. "Ils doivent être tenus responsables des crimes qu'ils ont commis", a ajouté le porte-parole du Kremlin. "Ces crimes doivent faire l'objet d'une enquête."

Interrogé sur la nature des crimes reprochés aux deux Américains, Dmitri Peskov a admis que les caractéristiques de leurs délits n'étaient pas encore connues, assurant toutefois qu'ils n'étaient pas couverts par les conventions de Genève sur les prisonniers de guerre. Les deux hommes "ne sont pas dans l'armée ukrainienne, ils ne sont donc pas soumis aux conventions de Genève", a-t-il argumenté.

  • 0 h 57 : Washington dit étudier un plafonnement du prix du pétrole russe

Les États-Unis discutent avec leurs alliés pour restreindre davantage les revenus pétroliers de la Russie en plafonnant le prix de son pétrole brut, a déclaré lundi la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, lors d'une visite au Canada.

"Nous continuons à avoir des conversations productives avec nos partenaires et alliés dans le monde entier sur la manière de restreindre davantage les revenus énergétiques de la Russie, tout en en évitant les effets collatéraux sur l'économie mondiale", a déclaré Janet Yellen lors d'une conférence de presse.

"Nous parlons de plafonds de prix ou d'une exception de prix qui élargirait et renforcerait les restrictions énergétiques récentes et proposées", imposées par les États-Unis et leurs alliés, "ce qui ferait baisser le prix du pétrole russe et contracterait les revenus de Poutine tout en permettant à une plus grande offre de pétrole d'atteindre le marché mondial", a-t-elle expliqué.

Un plafonnement des prix "empêcherait les effets collatéraux sur les pays à faible revenu et en développement qui luttent contre les coûts élevés de l'alimentation et de l'énergie", a-t-elle aussi assuré.

  • 0 h 01 : "Vous êtes mon héros", dit l'acteur Ben Stiller au président ukrainien à Kiev

L'acteur américain Ben Stiller a rencontré lundi à Kiev le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à qui il a exprimé son admiration pour son action depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février.

"C'est un grand honneur pour moi (...). Vous êtes mon héros", a déclaré Ben Stiller, ambassadeur de bonne volonté pour les Nations unies, lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelensky, lui-même un ancien acteur, à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, selon des images diffusées par la présidence ukrainienne.

"Ce que vous avez fait, la façon dont vous avez mobilisé le pays, le monde, c'est vraiment une source d'inspiration", a ajouté l'Américain de 56 ans, en référence aux innombrables discours de Volodymyr Zelensky destinés à des auditoires à travers le monde pour obtenir de l'aide pour son pays.

Plus tôt dans la journée, Ben Stiller avait visité Irpin, en banlieue de Kiev, où ont eu lieu de féroces combats au début de l'invasion. C'est aussi le point le plus proche de la capitale jamais atteint par l'armée russe.

  • 23 h 41 : des dizaines de milliers de manifestants à Tbilissi pour demander l'adhésion de la Géorgie à l'UE

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé lundi à Tbilissi, la capitale de la Géorgie, pour demander l'adhésion à l'Union européenne de cette ex-République soviétique du Caucase.

Agitant des drapeaux européens et géorgiens, environ 120 000 manifestants, selon une estimation de l'AFP sur la base de photos prises par des drones, se sont rassemblés devant le Parlement géorgien, quelques jours après la recommandation de la Commission européenne d'attendre avant d'octroyer à Tbilissi le statut de candidat à l'adhésion.

Plusieurs organisations proeuropéennes et l'ensemble des formations d'opposition avaient appelé à une "marche pour l'Europe" lundi soir à Tbilissi, afin de "prouver l'engagement du peuple géorgien dans son choix européen et dans les valeurs occidentales".

  • 20 h 54 : la Russie accuse l'Occident d'agir en "destructeur"

Moscou a soutenu lundi que la hausse du prix des céréales, qui fait craindre une crise alimentaire mondiale, était le résultat des actions "destructrices" de l'Occident, et non du blocage par Moscou des exportations d'Ukraine.

"Concernant la possibilité d'une famine, de plus en plus d'experts penchent vers un scénario pessimiste (...). C'est la faute des régimes occidentaux, qui agissent comme des provocateurs et des destructeurs", a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, sur Telegram.

  • 16 h 40 : l'Afrique est "otage" de l'invasion russe en Ukraine, assure Zelensky à l'Union africaine

L'Afrique est "otage" de l'invasion russe en Ukraine, à l'origine de fortes tensions sur le marché des céréales destinées à l'exportation vers le continent, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "L'Afrique est l'otage de ceux qui ont commencé la guerre contre notre État", a-t-il poursuivi dans un discours en visioconférence adressé aux membres de l'Union africaine.

Le niveau "injuste" des prix alimentaires "provoqué par la guerre russe (...) se fait douloureusement sentir sur tous les continents", a déploré le président ukrainien.

Il a indiqué que des "négociations difficiles" étaient actuellement en cours pour débloquer les ports ukrainiens, où des millions de tonnes de céréales ne peuvent actuellement être exportées vers l'Afrique en raison du blocus de la flotte russe en mer Noire. "Il n'y a pas encore de progrès", a-t-il admis, estimant que "la crise alimentaire dans le monde durera tant que cette guerre coloniale continuera".

  • 14 h 43 : Les forces séparatistes prorusses annoncent avoir pris la ville de Tochkivka

Les forces séparatistes prorusses ont annoncé avoir pris la ville de Tochkivka, dans l'est de l'Ukraine, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit s'attendre à une intensification de l'offensive de Moscou. Tochkivka est située sur la rive occidentale de la Severski Donets, une rivière qui coule au sud de Sievierodonetsk, la grande ville devenue le principal enjeu des combats des dernières semaines dans la région.

  • 12 h 44 : Moscou dénonce des restrictions lituaniennes "hostiles" sur le transit vers son enclave de Kaliningrad

La diplomatie russe a dénoncé lundi l'introduction de restrictions "hostiles" sur le transit ferroviaire, via la Lituanie, de marchandises vers l'enclave de Kaliningrad, menaçant de représailles si elles n'étaient pas levées.

Moscou a indiqué que Vilnius avait introduit durant le week-end des restrictions sur le transit de marchandises frappées par les sanctions européennes adoptées après l'offensive russe contre l'Ukraine. "Nous avons réclamé (à la Lituanie, NDLR) la levée immédiate de ces restrictions", a dit la diplomatie russe dans un communiqué.

Si le transit "n'est pas rétabli en totalité, alors la Russie se réserve le droit d'agir pour défendre ses intérêts nationaux", a-t-elle souligné dans ce même document, qui indique que le chargé d'affaires lituanien à Moscou avait été convoqué au ministère russe des Affaires étrangères.

En réponse, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a déclaré que "la Russie n'a pas le droit de menacer la Lituanie". "Nous saluons la position de principe de la Lituanie et soutenons fermement nos amis lituaniens", a ajouté sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères.

  • 12 h 24 : la Russie accuse l'Ukraine d'avoir tiré sur des plateformes de forage en mer

Les autorités russes ont accusé lundi les forces ukrainiennes d'avoir tiré sur des plateformes de forage en mer au large de la Crimée, faisant état d'au moins trois blessés et d'opérations de secours en cours.

"Ce matin, l'ennemi a attaqué les plateformes de forage de Tchernomorneftegaz. Je suis en contact avec nos collègues du ministère de la Défense et (des services spéciaux) du FSB, nous nous efforçons de sauver des gens", a déclaré sur Telegram le gouverneur installé par Moscou après l'annexion en 2014 de la Crimée, Sergueï Aksionov. Selon lui, cinq personnes sur 12 ont été sauvées, dont trois sont blessées, et les recherches se poursuivent pour les autres.

  • 11 h 04 : les bombardements russes s'intensifient dans la région de Kharkiv

Dans son point matinal lundi, la présidence ukrainienne a indiqué que les bombardements augmentaient dans la région de Kharkiv. Dans la région de Donetsk, l'intensité des bombardements "s'accroît tout au long de la ligne de front", a ajouté la présidence, faisant état d'un mort et sept blessés, dont un enfant.

À Severodonetsk, "les Russes contrôlent la plupart des quartiers résidentiels" mais "si nous parlons de la ville tout entière, plus du tiers de la ville reste contrôlé par nos forces armées", a déclaré le chef de l'administration locale, Oleksandr Striouk. Les combats font rage autour de cette agglomération clé pour avoir la mainmise sur l'ensemble du Donbass, partiellement contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014.

  • 10 h 30 : l'Ukraine annonce avoir perdu le contrôle d'un village voisin de Severodonetsk

"Malheureusement, nous ne contrôlons plus Metolkine", village à la périphérie de Severodonetsk, a déclaré le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

La prise par la Russie de ce village, qui comptait avant la guerre une population d'environ 1 000 habitants, est la dernière poussée russe en date à l'intérieur et autour de Severodonetsk, où l'armée de Moscou a rencontré une forte résistance ukrainienne.

  • 9 h 10 : Moscou commet un "crime de guerre" en bloquant les céréales, selon le chef de la diplomatie européenne

Le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell, a accusé lundi la Russie de commettre un "véritable crime de guerre" en bloquant des exportations de céréales ukrainiennes au risque d'exacerber les menaces de famine dans le monde.

"On ne peut imaginer que des millions de tonnes de blé restent bloquées en Ukraine quand le reste de la population mondiale souffre de la faim. C'est un véritable crime de guerre. Je ne peux pas imaginer que cela durera encore longtemps. Sinon, ce serait vraiment quelque chose dont la Russie serait responsable", a-t-il déclaré à Luxembourg avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

  • 7 h 40 : "Les troupes russes continuent de bombarder intensément la ville de Severodonetsk"

Notre envoyée spéciale en Ukraine Pauline Godart fait le point sur la situation dans l'est du pays.

  • 3 h 20 : ce qu'il faut retenir de la journée du 19 juin

"Notre armée tient le coup", a assuré dimanche soir le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, à la veille d'une semaine qu'il voit comme "historique" où les 27 pays de l'UE doivent dire s'ils accordent à Kiev le statut de candidat officiel à l'Union.

Dans l'Est, "nos unités ont repoussé l'assaut dans la région de Tochkivka", a déclaré l'armée ukrainienne sur Facebook. "L'ennemi a battu en retraite et se regroupe."

Le ministère russe de la Défense a fait état dimanche de "succès" dans son offensive contre Severodonetsk. Il a également affirmé avoir frappé une usine de Mykolaïv (sud) avec des missiles de croisière, et détruit "dix obusiers de 155 mm M777 et jusqu'à une vingtaine de véhicules blindés fournis au régime de Kiev par l'Occident au cours de ces dix derniers jours". Des affirmations impossibles à vérifier de source indépendante.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a averti que les pays occidentaux devaient être prêts à offrir un soutien à long terme à Kiev pendant une guerre acharnée. La guerre pourrait durer "des années", a-t-il mis en garde dans une interview publiée dimanche par le quotidien allemand Bild.

Enfin, sur le front du gaz, dont la Russie a réduit cette semaine massivement le flux vers l'Europe occidentale, l'Allemagne, première visée, a annoncé dimanche prendre des mesures pour revenir vers davantage de charbon, une énergie polluante qu'elle avait prévu d'abandonner d'ici 2030.

Le gouvernement autrichien, confronté lui aussi à la diminution des livraisons de gaz russe, a annoncé dimanche soir le prochain redémarrage d'une centrale à charbon désaffectée, afin de pouvoir pallier une éventuelle pénurie.

Quant au groupe italien ENI, également très dépendant des livraisons de Moscou, il a été choisi dimanche par le Qatar pour rejoindre le Français TotalEnergies dans le projet North Field East (NFE), qui vise à augmenter de 60 % la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays du Golfe d'ici 2027.

Avec AFP

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles