L'Otan préoccupée par "les nouveaux défis" posés par la Chine et la Russie

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Dans son communiqué final, l'Otan, dont le sommet annuel s'est tenu lundi à Bruxelles, se dit "préoccupée" par les ambitions déclarées de la Chine et par "la menace grandissante" représentée par le renforcement militaire de la Russie.

Les dirigeants de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan), rassurés par la volonté du président américain Joe Biden de "revitaliser" les alliances, ont décidé de faire front commun lors de leur sommet annuel, lundi 14 juin, pour affronter "les nouveaux défis" posés par la Russie et par la Chine.

"Il y a une prise de conscience croissante, ces deux dernières années, que nous avons de nouveaux défis", avait souligné le président américain Joe Biden à son arrivée pour son premier sommet au siège de l'Alliance à Bruxelles, en insistant sur "la nécessité d'une plus grande coordination" entre alliés.

La déclaration adoptée à l'issue de la réunion traduit les préoccupations des alliés : la Russie, la Chine, les nouvelles menaces dans l'espace et le cyberespace, le terrorisme, la montée des régimes autoritaires. Le texte long de 45 pages compte 79 points.

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La Russie reste la préoccupation numéro un de l'Alliance. "Nous allons adresser un message important à Moscou : nous restons unis et la Russie ne saura pas nous diviser", a prévenu le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg.

"Tant que la Russie ne montre pas qu'elle respecte le droit international et qu'elle honore ses obligations et responsabilités internationales, il ne peut y avoir de retour à la normale", ont averti les Alliés. Mais "nous restons ouverts à un dialogue périodique et substantiel", ont-ils assuré.

Joe Biden doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine mercredi à Genève, dernière étape d'un périple en Europe pour un sommet du G7 au Royaume-Uni, suivi par le sommet de l'Otan et une réunion avec les présidents des institutions de l'UE mardi à Bruxelles.

Le président américain a promis de dire à Vladimir Poutine quelles sont "ses lignes rouges" lors de cette rencontre. "Nous ne cherchons pas un conflit avec la Russie, mais nous répondrons si la Russie continue ses activités", a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse à la fin du sommet de l'Otan à Bruxelles, promettant de défendre "l'intégralité territoriale" de l'Ukraine et jugeant que la mort de Navalny serait "une tragédie".

Message à destination de Pékin

La Chine est également devenue une source de préoccupation. "Les ambitions déclarées de la Chine et son comportement déterminé représentent des défis systémiques pour l'ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l'importance pour la sécurité de l'Alliance", ont affirmé les alliés.

Mais pas question d'une nouvelle guerre froide. "La Chine n'est pas notre adversaire, notre ennemi", a soutenu Jens Stoltenberg. "Mais nous devons faire face aux défis posés par la Chine pour notre sécurité", a-t-il souligné.

"Nous constatons que la Russie et la Chine coopèrent de plus en plus ces derniers temps, tant sur le plan politique que militaire. Cela représente une nouvelle dimension et un défi sérieux pour l'Otan", a-t-il expliqué.

Joe Biden a obtenu que "le défi sécuritaire posé par la Chine figure dans la déclaration", même si certains alliés européens, notamment la France, renâclaient.

Emmanuel Macron, le président français, a ainsi appelé à "ne pas confondre les objectifs". "L'Otan est une organisation militaire, le sujet de notre rapport à la Chine n'est pas que militaire. L'Otan est une organisation (...) qui concerne l'Atlantique nord, la Chine a peu à voir avec l'Atlantique nord", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Et donc je pense qu'il est très important de ne pas nous disperser et de ne pas biaiser le rapport à la Chine."

Engagement à soutenir l'Afghanistan

Le sommet a également lancé la révision du concept stratégique de l'Alliance adopté en 2010 pour la préparer à faire face aux nouvelles menaces dans l'espace et le cyberespace.

Surtout, l'Otan a tourné lundi la page Donald Trump. Joe Biden a assuré à ses alliés européens que le pacte de défense mutuelle qui fonde l'Otan constituait "une obligation sacrée" pour les États-Unis. Des mots qui symbolisent le changement de ton de Washington vis-à-vis d'une organisation que son prédécesseur jugeait dépassée et menaçait de quitter en reprochant aux pays européens de dépenser trop peu pour leur propre défense.

"Je veux que toute l'Europe sache que les États-Unis sont là", a dit Joe Biden. "L'Otan est pour nous d'une importance critique."

Si le retrait américain d'Afghanistan, décidé sans concertation avec ses alliés, a mis à mal la crédibilité des opérations extérieures de l'Otan, les Alliés ne vont pas abandonner ce pays aux Taliban.

>> À voir : L'Otan, une alliance encore pertinente pour les Européens ?

Un financement sera accordé pour assurer le fonctionnement de l'aéroport international de Kaboul, indispensable au maintien d'une présence occidentale en Afghanistan. La Turquie a proposé de maintenir un contingent pour assurer sa sécurité et les modalités de cette contribution militaire ont été discutées par le président Recep Tayyip Erdogan avec ses homologues.

"L'Alliance doit se consulter davantage et investir mieux", a plaidé Jens Stoltenberg. Les Européens s'y disent prêts après avoir obtenu la reconnaissance de leur contribution à la sécurité collective.

Encore faut-il que les Américains les jugent "fiables" : 21 pays de l'UE sont membres de l'Otan, mais huit seulement tiennent l'engagement de consacrer 2 % de leur PIB à leurs dépenses militaires. La France est du nombre, pas l'Allemagne, ni l'Italie, ni l'Espagne.

Avec AFP

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