[EN DIRECT] Guerre en Ukraine: les pays du G7 au chevet de l'économie ukrainienne

Au 85e jour de l'invasion russe en Ukraine, ce jeudi 19 mai, Moscou a annoncé la reddition de 1 730 militaires ukrainiens du site sidérurgique Azovstal à Marioupol, montrant des images d'hommes, certains aidés de béquilles, émergeant après une longue bataille devenue mondialement un symbole de la résistance à l'invasion russe.

► Moscou a bloqué le site internet de RFI, qui diffuse des informations dans une quinzaine de langues dont le russe. Une adresse URL alternative permet d'accéder au site en français et en russe. RFI en russe est aussi disponible sur Telegram : https://t.me/RFI_Ru via un VPN et en Russie en français par satellite sur Hotbird.

► Le site de la rédaction russe de RFI diffuse la radio publique ukrainienne (en langue ukrainienne) depuis la page d'accueil.

► Le président américain Joe Biden reçoit dans la matinée la Première ministre finlandaise et le président suédois à la Maison Blanche au lendemain de l'officialisation de leurs candidatures à l'Otan.

► La justice ukrainienne a ouvert mercredi son premier procès pour crime de guerre afin de juger un soldat russe accusé d'avoir abattu un civil non armé. Le jeune militaire a plaidé coupable.

► Les États-Unis ont rouvert leur ambassade à Kiev.

► L'incertitude demeure sur le nombre de combattants restants dans l'aciérie d'Azovstal de Marioupol. Un chef séparatiste pro-russe a affirmé mercredi qu'un millier de militaires s'y terraient toujours.

Les horaires sont donnés en temps universel (TU)

13h00 : Le CICR enregistre les combattants qui quittent Azovstal

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a publié un communiqué indiquant que « le CICR a commencé mardi 17 mai à enregistrer les combattants quittant l'usine Azovstal, y compris les blessés, à la demande des parties. (...) Le processus d'enregistrement facilité par le CICR consiste à recueillir auprès de chaque prisonnier des données personnelles telles que son nom, sa date de naissance et le nom de son plus proche parent. Ces informations permettront à l'institution de garder la trace des personnes capturées et de les aider à maintenir le contact avec leur famille. »

12h45 : L'Ukraine célèbre la journée de Vychyvanka, l'« amulette de protection sacrée » de l'Ukraine dans la guerre

La vychyvanka, c'est cette tenue traditionnelle qui marque l'appartenance culturelle à la nation ukrainienne. A chaque région de l'Ukraine, ses motifs.

À l'occasion de la fête marquant le jour de Vychyvanka, fête des traditions folkloriques ukrainiennes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, vêtu de la chemise traditionnelle brodée, a déclaré dans une vidéo que son peuple demeurait « fort, indestructible, courageux et libre ».

Plus tôt, il avait décrit dans un autre tweet la vychyvanka comme « une amulette de protection sacrée » dans la guerre avec la Russie.

12h29 : Le président turc toujours « résolu » à bloquer l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est de nouveau dit « résolu » jeudi à contrer la demande d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Alliance atlantique. « Nous avons informé nos amis que nous dirons non à la Finlande et à la Suède, qui veulent rejoindre l’Otan, et nous persisterons dans cette voie », a déclaré le chef de l’État devant une assemblée de jeunes gens, à l’occasion de la Journée de la jeunesse.

« Cette Suède et cette Finlande sont les pays qui hébergent les terroristes chez eux, le PKK et l’YPG », a-t-il martelé à propos du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de ses alliés kurdes irakiens de l’YPG. Le PKK est considéré comme organisation terroriste par Ankara, mais aussi par les États-Unis et l’Union européenne. En revanche, l’YPG a combattu les jihadistes de l’organisation État islamique aux côtés notamment des États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan a de nouveau averti que les émissaires suédois et finlandais censés se rendre lundi à Ankara n’étaient pas les bienvenus : « Qu’ils ne se fatiguent pas », a-t-il martelé.

Dans ce contexte tendu, le Premier ministre italien, Mario Draghi, a annoncé jeudi qu’il irait en Turquie en juillet pour des discussions sur le conflit en Ukraine. Il s’agira de « la première [visite] du genre en dix ans », a-t-il précisé. Les deux pays entretiennent des relations tourmentées. L’an dernier, Mario Draghi avait traité le président Erdogan de « dictateur » après un incident diplomatique au cours duquel la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’était retrouvée sans fauteuil pour s’asseoir pendant une rencontre avec le président turc.

12h03 : Le Kremlin s'est préparé à la crise alimentaire avant l'offensive en Ukraine

Le Kremlin a affirmé jeudi que la Russie s'était préparée dès la fin 2021 à la crise alimentaire qui a touché le monde avec le déclenchement du conflit ukrainien en février 2022. Le conseiller au Kremlin, Maxim Orechkine a relevé lors d'un forum de la jeunesse à Moscou que « la principale cause de la faim dans le monde qui aura lieu cette année, ce sont les mesures économiques irréfléchies des États-Unis, de l'UE », références aux sanctions qui frappent la Russie, minant ses capacités d'exportations d'engrais et de blé.

Il a souligné, selon les agences russes, que le président Vladimir Poutine avait préparé le pays aux conséquences d'une crise alimentaire mondiale dès la fin 2021, c'est-à-dire avant l'offensive contre l'Ukraine de février 2022 que Moscou démentait préparer à l'époque, et alors que la crainte d'un conflit poussaient déjà les prix alimentaires mondiaux à la hausse. « Vladimir Vladimirovitch (Poutine) avait compris que ces questions (alimentaires) pouvaient toucher la Russie. Ainsi, on a commencé dès la fin de l'année dernière à préparer activement la Russie à la faim dans le monde », a-t-il dit.

11h05 : Sievierodonetsk sous le feu des tirs d'artillerie

Depuis plusieurs jours Sievierodonetsk, dans la région de Louhansk, est assiégée et prise au piège entre les armées russe et ukrainienne. Cette ville industrielle est transformée en un champ de bataille déchaîné et engloutie sous le feu des artilleries, décrit une dépêche AFP, où les habitants n'ont plus d'accès à l'eau, à l'électricité, au gaz depuis plusieurs semaines.

Les villes jumelles de Sievierodonetsk et Lyssytchansk, seulement séparées par une rivière, forment une poche de résistance ukrainienne face à l'offensive dans la partie nord du Donbass, elles sont menacées d'encerclement par les Russes. L'état-major ukrainien annonce que des attaques sur Sievierodonetsk ont été repoussées ce matin.

La bataille d'artillerie fait aussi rage autour de Popasna un peu au sud. La Russie affirme avoir pris deux villages aujourd'hui. Et l'lnstitute for the study of war (ISW) estime qu'une « grande bataille » est en préparation pour faire tomber la ville de Sievierodonetsk.

D'après l'historien militaire Cedric Mas, la contre-offensive des forces ukrainiennes progresse en revanche dans la région de Kharkiv, où les militaires libèrent des zones occupées et ont repris la ville de Dementiivka.

10h46 : « Mariupolis 2 », la vie sous les bombes en Ukraine montrée à Cannes

Emotion à Cannes avec Mariupolis 2, projeté jeudi, dernier film du Lituanien Mantas Kvedaravicius, tué fin mars en Ukraine, en tentant de quitter la ville-martyre assiégée par les Russes d'où il documentait la guerre. Le film qui a failli ne jamais exister « donne à voir la vie qui continue sous les bombes » et compile les images tournées par le documentariste, selon les termes du Festival.

Mantas Kvedaravicius avait déjà tourné un premier film à Marioupol, pendant la guerre du Donbass. Il y était retourné, après l'invasion russe en Ukraine de février dernier, « pour retrouver les personnes qu'il avait rencontrées et filmées entre 2014 et 2015 ».

Sans voix off, ni musique, ce nouveau documentaire, à l'os, alterne entre longs plans montrant des paysages de désolation et scènes de la vie quotidienne d'habitants tentant de survivre, certains réfugiés dans le sous-sol d'une église. Le film les montre prenant l'air, cuisinant ou tentant des expéditions dans des quartiers détruits, pour récupérer nourriture ou objets comme un générateur d'électricité. Les bruits de tirs et de bombardements sont incessants au cours des 1h45 de film.

Le film a été ajouté à la dernière minute par les organisateurs du Festival, qui avaient promis une 75e édition où l'Ukraine serait « dans tous les esprits » et déjà marquée lors de la cérémonie d'ouverture par l'intervention, depuis Kiev, du président et ancien acteur Volodymyr Zelensky.

10h30 : Le soldat russe jugé pour crime de guerre « demande pardon »

Le premier soldat russe jugé pour crime de guerre en Ukraine depuis le début de l'invasion russe a « demandé pardon » jeudi à la veuve du civil ukrainien tué, a constaté une journaliste de l'AFP durant l'audience dans un tribunal de Kiev. « Je sais que vous ne pourrez pas me pardonner, mais je vous demande pardon », a dit le sous-officier de 21 ans, Vadim Chichimarine, lors d'un échange avec Katerina Chelipova, la veuve de l'homme de 62 ans qu'il reconnaît avoir tué dans le nord-est de l'Ukraine le 28 février.

10h18 : La Russie annonce l'expulsion de cinq diplomates portugais

La Russie a annoncé jeudi l'expulsion de cinq diplomates portugais en représailles à celle de 10 diplomates russes décidées dans la foulée de l'offensive russe en Ukraine, au lendemain d'annonces similaires concernant des dizaines de diplomates français, italiens et espagnols.

L'ambassadeur du Portugal en Russie a été convoqué jeudi au ministère russe des Affaires étrangères, qui a « vivement protesté contre la décision provocatrice des autorités portugaises de déclarer "personae non grata" dix collaborateurs de la mission étrangère au Portugal », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. « En réponse, cinq collaborateurs de l'ambassade du Portugal en Russie sont déclarés « personae non grata », ajoute-t-elle, précisant qu'ils avaient quatorze jours pour quitter le pays.

Mercredi, Moscou avait déjà annoncé l'expulsion de 34 diplomates français, 27 diplomates espagnols et 24 diplomates italiens, en riposte à des mesures similaires dans ces pays, décidées après le début de l'offensive russe en Ukraine le 24 février.

09h51 : La filiale russe de Google va déposer le bilan

La filiale russe du géant américain Google, dont le compte en banque a été saisi par les autorités russes, a annoncé son intention de déposer le bilan mais continuera de fournir ses services gratuits dans le pays. « Google Russia a publié un avis sur son intention de déposer le bilan », a confirmé un porte-parole du groupe dans un message transmis à l'AFP jeudi.

« La saisie par les autorités russes du compte en banque de Google Russia empêche notre bureau en Russie de fonctionner, d'employer et de payer nos employés sur place, de payer les fournisseurs et vendeurs, et d'honorer d'autres obligations financières », a-t-il expliqué. « Les gens en Russie comptent sur nos services pour avoir accès à une information de qualité et nous continuerons à maintenir les services gratuits tels que Search, YouTube, Gmail, Maps, Android et Play », a-t-il précisé.

Le 21 avril, un tribunal russe a condamné le groupe à une amende de 11 millions de roubles (plus de 126 000 euros au taux de l'époque) pour ne pas avoir supprimé des contenus « interdits » sur l'offensive. Le gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor, a taxé en mars Google et YouTube d'activités « terroristes », préfigurant un possible blocage en Russie du site comme l'ont été Twitter, Instagram et de nombreux médias indépendants depuis l'offensive en Ukraine.

09h38 : Les compagnies russes Aeroflot, Ural Airlines et Rossiya Airlines visées par de nouvelles sanctions au Royaume-Uni

La Grande-Bretagne a déclaré jeudi qu'elle introduisait de nouvelles sanctions contre le secteur aérien russe afin d'empêcher les compagnies publiques Aeroflot, Ural Airlines et Rossiya Airlines de vendre leurs créneaux d'atterrissage inutilisés dans les aéroports britanniques. Le gouvernement britannique a déclaré qu'il estimait la valeur de ces créneaux d'atterrissage à 50 millions de livres (près de 60 millions d'euros).

« Nous avons déjà fermé notre espace aérien aux compagnies aériennes russes. Aujourd'hui, nous veillons à ce qu'elles ne puissent pas encaisser leurs lucratifs créneaux d'atterrissage dans nos aéroports », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, dans un communiqué. « Chaque sanction économique renforce notre message clair au à Poutine : nous ne nous arrêterons pas tant que l'Ukraine ne prévaudra pas. »

Rossiya Airlines est une branche d'Aeroflot, tandis qu'Ural Airlines est une compagnie privée. Toutes trois sont désormais soumises à un gel des avoirs.

09h22 : La Russie veut couper l'Ukraine de la centrale nucléaire occupée de Zaporijjia

La Russie veut couper l'Ukraine de sa centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, occupée par l'armée russe, sauf si Kiev paye Moscou pour l'électricité produite, a indiqué un vice-Premier ministre, Marat Khousnoulline. Cette déclaration rejoint celle d'autres responsables russes ces dernières semaines qui laissent entendre que la Russie prépare une occupation durable voire une annexion des zones du sud de l'Ukraine qu'elle contrôle, la région de Kherson et une importante partie de celle de Zaporijjia.

« Si le système énergétique de l'Ukraine est prêt à prendre et payer, alors [la centrale] pourra tourner pour l'Ukraine. Si [l'Ukraine] n'accepte pas, alors elle tournera pour la Russie », a déclaré Marat Khousnoulline, lors d'un déplacement mercredi sur le site de l'installation nucléaire, ont rapporté les agences russes. « Nous avons une grande expérience des centrales nucléaires, nous avons des entreprises en Russie qui ont cette expérience, il n'y a aucun doute que [celle de Zaporijjia] continuera de travailler », a-t-il dit.

L'agence nucléaire ukrainienne Energoatom assurait jeudi matin que la centrale approvisionnait toujours l'Ukraine en électricité. En 2021, soit avant l'offensive russe contre l'Ukraine lancée le 24 février 2022, la centrale représentait 20% de la production annuelle ukrainienne d'électricité et 47% de celle produite par le parc nucléaire ukrainien.

09h04 : Le « Non à la guerre » du Russe Kirill Serebrennikov au Festival de Cannes 2022

« Non à la guerre » en Ukraine, a lancé le réalisateur dissident russe Kirill Serebrennikov après la présentation de son film chaudement applaudi par le public dans le Grand Théâtre Lumière. La femme de Tchaïkovski a ouvert mercredi 18 mai la course à la Palme d’or de la 75e édition du Festival de Cannes.

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08h41 : Kiev dénonce un « traitement de seconde zone » par « certaines capitales » concernant son adhésion à l'UE

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a dénoncé jeudi un « traitement de seconde zone » de la part de « certaines capitales » au sujet de la candidature ukrainienne pour adhérer à l'Union européenne. « L'ambiguïté stratégique sur la perspective européenne de l'Ukraine pratiquée par certaines capitales de l'UE au cours des dernières années a échoué et doit cesser », a-t-il affirmé sur Twitter, évoquant un « traitement de seconde zone ». Le chancelier allemand Olaf Scholz a affirmé jeudi qu'il n'était pas favorable à l'octroi à l'Ukraine d'un « raccourci » en vue d'une adhésion à l'UE.

08h11 : La Russie affirme que 1 730 combattants retranchés dans l'usine d'Azovstal se sont rendus depuis lundi

« Au cours des 24 dernières heures, 771 combattants du régiment nationaliste Azov se sont rendus sur le site sidérurgique d'Azovstal à Marioupol. Au total depuis le 16 mai, 1 730 combattants, dont 80 blessés, se sont constitués prisonniers », indique le ministère ce la Défense russe dans un communiqué.

Le ministère a diffusé une vidéo montrant des militaires sortant du site sidérurgique et se faisant contrôler par des soldats russes avant de monter dans des bus. Parmi les Ukrainiens, certains sont blessés et certains marchent avec des béquilles.

07h56 : Olaf Scholz n'est pas favorable à un « raccourci » pour l'adhésion de l'Ukraine à l'UE

Le chancelier allemand Olaf Scholz a affirmé jeudi qu'il n'était pas favorable à l'octroi à l'Ukraine d'un « raccourci » en vue d'une adhésion à l'Union européenne (UE) qui, selon lui, n'est « pas une affaire de quelques mois ou quelques années ». « Le fait qu'il n'y ait pas de raccourci sur la voie de l'adhésion à l'UE est un impératif d'équité envers les six pays des Balkans occidentaux » qui souhaitent de longue date rejoindre le bloc européen, a-t-il souligné lors d'un discours devant les députés du Bundestag. Le président français « Emmanuel Macron a raison de souligner que le processus d'adhésion n'est pas une affaire de quelques mois ou de quelques années », a-t-il ajouté.

07h37 : « Une culture de la dissimulation et du bouc-émissaire » au sein de l'armée russe qui n'est pas sans conséquences, selon le ministère de la Défense britannique

Selon le ministère de la Défense britannique, ces dernières semaines, la Russie a révoqué plusieurs officiers supérieurs qui n'avaient pas donné pleine satisfaction lors du début de l'invasion de l'Ukraine. Dans son rapport quotidien qui se base sur des informations du renseignement, le ministère cite notamment le cas du lieutenant-général Serhiy Kisel, suspendu après son échec à Kharkiv. Ou encore le vice-amiral Igor Osipov, qui commandait la flotte russe de la mer Noire, vraisemblablement suspendu après le naufrage du croiseur Moskva en avril.

« Une culture de la dissimulation et du bouc-émissaire prévaut sans doute au sein de l'armée russe », ce qui aura un impact sur la conduite des opérations, estime l'analyse, dans la mesure où certains responsables pourraient être préoccupés par le faire d'éviter d'être tenus pour responsables des revers de l'armée russe.

07h05: « Les autorités d'occupation russes » prévoient de transformer Marioupol en « station balnéaire »

« Les forces russes continuent d'infliger des frappes aériennes et d'artillerie à l'usine sidérurgique d'Azovstal, ce qui indique qu'un reste de la défense ukrainienne se trouve toujours dans l'usine malgré les évacuations de ces derniers jours », analyse l'Institute for the study of war (ISW) dans son rapport quotidien.

« Les autorités d'occupation russes ont annoncé qu'elles prévoyaient de détruire l'aciérie Azovstal et de transformer Marioupol en station balnéaire, privant ainsi la Russie des principaux avantages économiques qu'elle espérait tirer de la prise de la ville », note l'ISW, qui rappelle que l'usine constituait un élément majeur de l'économie ukrainienne avant la guerre, avec 10 000 emplois, des milliards de recettes en devises et taxes et une production de 7 000 tonnes d'acier.

Le chef de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline, a déclaré qu'ils prévoyaient de raser Azovstal après sa prise pour en faire une « ville de villégiature », « tout en admettant que 60 % des structures de Marioupol ont été détruites au point de ne pas pouvoir être reconstruites ». Un projet qui révélateur de la « victoire à la Pyrrhus » remportée à Marioupol, estime le think tank américain.

06h45 : L'ambassade des États-Unis à Kiev rouvre après trois mois de fermeture

« Aujourd'hui, nous reprenons officiellement les opérations à l'ambassade des États-Unis à Kiev. Le peuple ukrainien, avec notre aide sécuritaire, a défendu sa patrie face à l'invasion irresponsable de la Russie, et, en conséquence, la bannière étoilée flotte à nouveau sur l'ambassade », a-t-il déclaré dans un communiqué après la levée du drapeau américain.

06h32 : Les ministres du G7 au chevet de l'Ukraine

Maintenir à flot les finances de l'Ukraine, contrer la hausse des prix alimentaires, soutenir les pays vulnérables... Les grands argentiers du G7 n'auront pas assez de leur réunion en Allemagne pour s'atteler à l'ensemble des répercussions économiques de la guerre lancée par Moscou, commente une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP).

La première urgence de ce rendez-vous, jeudi et vendredi, des ministres des Finances des sept puissances industrielles (États-Unis, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni, Allemagne) est de boucler un nouveau tour de table pour couvrir le budget ukrainien du trimestre en cours.

Pour faire tourner l'économie du pays, Kiev évalue ses besoins à 5 milliards de dollars par mois. « Nous demandons un soutien financier élevé, mais le prix est également élevé. C'est pour nous un moyen de survivre », avait récemment expliqué à l'AFP le ministre ukrainien des Finances Serguiï Martchenko.

Sur la colossale rallonge de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine mise sur les rails la semaine dernière par le président américain Joe Biden, quelque 7,5 milliards devraient à court terme abonder le budget ukrainien, selon des sources ministérielles du G7. « Je demanderai à mes homologues de se joindre à nous pour accroître leur soutien financier à l'Ukraine. L'Ukraine a (...) besoin de notre aide et ils en ont besoin maintenant », a martelé la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, à son arrivée à Königswinter, banlieue verdoyante de Bonn (ouest) où se tient la réunion.

06h17 : L'invasion de l'Ukraine par la Russie pourrait provoquer des pénuries alimentaires mondiales dans les mois à venir, avertit l'ONU

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a déclaré mercredi que la guerre avait aggravé l'insécurité alimentaire dans les pays les plus pauvres en raison de la hausse des prix et a averti que le monde pourrait être confronté à des famines qui dureraient des années si les exportations ukrainiennes ne revenaient pas aux niveaux d'avant-guerre.

Le conflit a interrompu l'approvisionnement des ports ukrainiens, qui exportaient autrefois de grandes quantités d'huile de tournesol ainsi que des céréales telles que le maïs et le blé. L'offre mondiale s'en est trouvée réduite et le prix des produits de substitution a explosé. Selon les Nations unies, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont augmenté de près de 30 % par rapport à la même période l'année dernière.

► À lire aussi : Après l’embargo indien sur le blé, la Banque mondiale tente de prévenir les famines

S'exprimant à New York mercredi, Antonio Guterres a déclaré que le conflit « menace de faire basculer des dizaines de millions de personnes dans l'insécurité alimentaire, suivie de la malnutrition, de la faim de masse et de la famine ».

Le patron de l'ONU appelle la Russie à libérer les exportations de céréales ukrainiennes et l'Occident à ouvrir l'accès des engrais russes aux marchés mondiaux, afin de pouvoir lutter efficacement contre la crise alimentaire mondiale. « La Russie doit permettre l'exportation sûre et sécurisée des céréales stockées dans les ports ukrainiens », explique-t-il. « Des voies de transport alternatives » à la sortie maritime de ces céréales, remplissant notamment des silos à Odessa, « peuvent être explorées – même si nous savons que cela ne suffira pas à résoudre le problème », a-t-il ajouté. Dans le même temps, « la nourriture et les engrais russes doivent avoir un accès complet et sans restriction aux marchés mondiaux », a réclamé le chef de l'ONU.

05h59 : Justin Trudeau qualifie d'« inacceptable » la fermeture de CBC/Radio-Canada

Cela faisait 44 ans que le diffuseur public canadien, Radio-Canada, avait ses bureaux en Russie. Mais le Kremlin a annoncé leur fermeture et annule les visas de ses journalistes. Une décision que Moscou justifie comme une réponse à l'interdiction des chaînes du groupe russe Russia Today au Canada et des choix du gouvernement Trudeau.

05h42 : Un mort et des blessés dans une attaque en Russie près de la frontière ukrainienne

Une attaque dans un village du sud-ouest de la Russie, situé à la frontière avec l'Ukraine, dans la région de Koursk, a fait un mort et des blessés, a indiqué jeudi le gouverneur de cette région. « Une autre attaque ennemie à Tyotkino, qui a eu lieu à l'aube, s'est malheureusement achevé en tragédie. Pour le moment, nous avons connaissance de la mort d'au moins un civil », indique Roman Starovoyt sur Telegram, précisant que d'autres personnes avaient été blessées et recevaient des soins médicaux.

Selon les premières informations, la victime est un chauffeur routier qui effectuait des livraisons dans une distillerie locale qui a été frappée « à plusieurs reprises », a ajouté le gouverneur, laissant entendre que l'attaque venait d'Ukraine, en réponse à l'invasion russe lancée depuis le 24 février.

Les secours étaient en train d'éteindre jeudi matin les incendies causés dans le village d'environ 4 000 habitants. « Plusieurs maisons ont été endommagées. On parle également d'obus qui n'ont pas explosé », a poursuivi le gouverneur qui a posté sur Telegram des photos montrant des bâtiments calcinés, avec les vitres soufflées et des brèches dans le sol à l'endroit du bombardement présumé.

Les autorités des régions russes frontalières de l'Ukraine ont accusé à plusieurs reprises les forces ukrainiennes de lancer des attaques.

05h27 : Le point sur la situation sur le terrain

Dans l’est de l’Ukraine, « les occupants ont bombardé 43 localités dans les régions de Donetsk et de Lougansk », provoquant la mort d’« au moins quinze civils », a affirmé, mercredi soir, l’armée ukrainienne.

Les Russes tentent une percée près de Popasna et en direction de Sievierodonetsk, l’une des grandes villes aux mains des Ukrainiens dans cette zone, a averti un haut responsable local. L'état-major ukrainien a précisé jeudi matin que les « occupants » avaient lancé une offensive et mené des assauts près de Sievierodonetsk « mais ils n'ont pas eu de succès ». L’armée russe cherche à « encercler » et à « vaincre » les unités ukrainiennes « afin de prendre le contrôle total des régions de Donetsk, Louhansk et Kherson », a noté le ministère ukrainien de la Défense. L’est de l’Ukraine est l’objectif prioritaire des troupes russes depuis leur retrait des environs de la capitale ukrainienne fin mars.

Le président Volodymyr Zelensky s’est, lui, voulu rassurant : « Les forces armées ukrainiennes (…) vont libérer notre terre pas à pas. Combien de temps cela prendra-t-il ? Seule la situation réelle sur le champ de bataille donnera la réponse à cette question. Nous tentons de le faire le plus vite possible, c’est sûr », a-t-il insisté dans son message vidéo quotidien dans la soirée.

Dans ce contexte, les pourparlers entre Moscou et Kiev « n’avancent pas », a jugé, hier, le Kremlin, qui a accusé les négociateurs ukrainiens d’« absence totale de volonté » de parvenir à un règlement politique. La veille, la présidence ukrainienne avait fait retomber sur la Russie la responsabilité de la suspension des négociations.

05h06 : Les évacuations de l'usine Azovstal à Marioupol se sont poursuivies

04h46 : Joe Biden reçoit les dirigeants suédois et finlandais

Dès le lendemain du dépôt de leur candidature à l’Otan, la Première ministre suédoise Magdalena Andersson et le président finlandais Sauli Niinistö doivent être reçus à la Maison Blanche ce jeudi dans la matinée. Joe Biden fait son maximum pour afficher son enthousiasme. « Je salue avec chaleur et soutiens avec force les candidatures historiques de la Finlande et de la Suède », a déclaré le président américain Joe Biden. Le 46e président des États-Unis dit vouloir travailler au plus vite avec le Congrès américain et les alliés pour faire rapidement entrer la Suède et la Finlande dans « la plus solide alliance de défense de l’histoire », rapporte notre correspondant aux États-Unis David Thomson.

Historiquement non-alignés, ces deux pays nordiques ont opéré un revirement spectaculaire depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, qui a également fait basculer leur opinion publique, auparavant réticente à rejoindre l'Otan. La Finlande partage plus de 1 300 km de frontières avec la Russie.

Mais le processus d’intégration risque tout de même de durer quelques mois. Chacun des 30 État membres doit encore faire ratifier ces candidatures par son Parlement. À Washington, le soutien de la classe politique est quasi unanime. Un seul obstacle persiste : la Turquie. Ankara menace d’opposer son véto accusant la Suède de servir de base arrière aux Kurdes du PKK. Des réticences que le chef de la diplomatie américaine tente de dissiper. Anthony Blinken s’est entretenu à nouveau avec son homologue turc à New York mercredi. Une rencontre qualifiée d’extrêmement positive par la Turquie.

L'Alliance atlantique est inscrite au menu des deux côtés de l'océan puisque son secrétaire général Jens Stoltenberg doit discuter à Copenhague à la mi-journée avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen, dont le pays est membre de l'Otan depuis 1949.

04h25 : Que sait-on de la situation à Marioupol ?

« Les commandants et les combattants de haut rang du (régiment) Azov ne sont pas encore sortis » du dernier bastion de la résistance ukrainienne dans cette cité portuaire, a assuré Denis Pouchiline, un chef séparatiste pro-russe. D'après lui, un millier de membres de cette unité paramilitaire intégrée à l'armée ukrainienne s'y terraient toujours. L'Ukraine avait donné ce même chiffre, mais la semaine dernière alors qu'hier, le ministère russe de la Défense a affirmé mercredi que « 959 combattants (ukrainiens) dont 80 blessés se sont constitués prisonniers » depuis lundi. Des informations que l'Ukraine n'a pas commentées.

L'armée russe a concentré ses efforts mercredi « sur le blocage de nos unités près d'Azovstal » avec des tirs d'artillerie et des frappes aériennes, a signalé l'état-major des forces ukrainiennes.

La prise totale de Marioupol, sur la mer d'Azov, constituerait une avancée importante pour la Russie. Elle lui permettrait de relier par voie terrestre la péninsule de Crimée, que Moscou a annexée en 2014, aux parties du Donbass déjà aux mains de séparatistes prorusses. Mais la ville est détruite « à 90% » et « 40% de ses infrastructures » sont « irrécupérables », indiquait début avril son maire Vadim Boïtchenko.

« Les Russes volent à Marioupol. Les occupants essaient désormais de remettre en ordre le port de commerce pour exporter l'équivalent de millions de dollars de céréales, de produits métallurgiques » notamment, a fait valoir mercredi soir sur Telegram la mairie de Marioupol.

Selon un responsable américain s'exprimant mercredi sous couvert d'anonymat, « des responsables russes reconnaissent que bien qu'elles revendiquent être les "libératrices" de la ville russophone de Marioupol, les troupes russes commettent des actes graves dans la ville, y compris le passage à tabac et l'électrocution de responsables de la ville, et elles pillent des logements ». « Des responsables russes s'inquiètent du fait que ces actes puissent inciter davantage les habitants de Marioupol à résister à l'occupation russe », a-t-il poursuivi.

04h00 : Bonjour et bienvenue dans ce direct

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