[En direct] Guerre en Ukraine: plus d'un millier de corps de civils dans les morgues de la région de Kiev

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Au 57e jour de l'invasion russe en Ukraine, Vladimir Poutine a jugé jeudi que ses forces avaient avec « succès » libéré la ville de Marioupol et a ordonné d'assiéger les derniers combattants ukrainiens plutôt que de leur donner l'assaut.

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Les points essentiels :

► Le président russe Vladimir Poutine revendiqué jeudi la libération de Marioupol, indiquant avoir annulé son projet de prendre d'assaut l'aciérie Azovstal, où les dernières troupes ukrainiennes de la ville résistaient toujours à l'assaut russe. Mercredi, Mykhaïlo Podolyak, conseiller de la présidence ukrainienne et un des négociateurs avec la Russie, a proposé à Moscou une « session spéciale de négociations » dans la ville portuaire sur la mer d'Azov.

► Après quatre jours sans évacuations humanitaires, quatre bus de civils ont réussi à quitter le port ukrainien de Marioupol, a indiqué jeudi la vice-Première ministre ukranienne Iryna Verechtchouk.

Plus de 1 000 corps de civils se trouvent actuellement dans les morgues de la région de Kiev, selon une responsable ukrainienne, alors que Kiev accuse les Russes d'avoir « massacré » des centaines de civils pendant leur occupation de la région en mars, ce que Moscou dément.

► Arrivés jeudi matin en Ukraine avec son homologue danoise, Mette Frederiksen, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dénoncé les « atrocités » commises par les Russes. Ils doivent tous deux rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

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12h51 : L'Ukraine réclame d'urgence un couloir d'évacuation pour Azovstal

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a appelé jeudi à l'instauration d'un couloir humanitaire d'urgence pour évacuer les civils de la gigantesque aciérie d'Azovstal, dernier îlot de résistance du port de Marioupol assiégé par les forces russes.

Les civils, « réfugiés en grand nombre » dans l'aciérie, « ne font pas confiance aux troupes [russes] », écrit le ministère dans une série de tweets. « Un couloir humanitaire d'urgence est nécessaire » avec « des garanties que les gens seront en sécurité », a-t-il ajouté.

Selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, en plus de quelque 2 000 militaires ukrainiens, « environ un millier de civils, femmes et enfants » et « des centaines de blessés » sont réfugiés dans cette usine.

12h31 : Plus de 7 millions de déplacés internes en Ukraine

Les Nations unies estiment à plus de 7,7 millions le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays par la guerre de la Russie en Ukraine, qui ont fui leur foyer mais sont restées dans le pays.

Le chiffre publié par l'Organisation internationale pour les migrations des Nations unies est en hausse par rapport à l'estimation de 7,1 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays qu'elle avait donnée le 5 avril.

12h07 : En visite en Ukraine, le Premier ministre espagnol condamne les « atrocités » russes

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a condamné jeudi les « atrocités » imputées aux forces russes dans la ville de Borodianka, près de Kiev, lors d'une visite en Ukraine avec son homologue danoise. « Choqué de voir les horreurs et les atrocités de la guerre de Poutine dans les rues de Borodianka », a déclaré le dirigeant socialiste dans un message sur son compte Twitter, accompagné d'une vidéo le montrant marchant dans la ville en ruines aux côtés de la Première ministre danoise Mette Frederiksen. « Nous ne laisserons pas le peuple ukrainien seul », a-t-il ajouté.

Pedro Sanchez et Mette Frederiksen devaient rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev lors de cette visite.

11h11 : Report sine die d'une réunion de l'Unesco prévue en juin en Russie

La réunion annuelle du comité du patrimoine de l'Unesco qui devait se tenir en Russie en juin et dont le maintien suscitait l'indignation de pays occidentaux en raison de la guerre en Ukraine, va être reportée, a annoncé jeudi à l'AFP l'agence onusienne.

Fruit d'intenses tractations, le compromis, proposé par l'ambassadeur russe Alexander Kuznetsov, actuel président du bureau du comité du patrimoine mondial, a été acté officiellement ce jeudi, a indiqué la direction générale de l'Unesco, précisant qu'il s'agissait d'un report sine die. Cette laborieuse décision est la dernière illustration en date des difficultés rencontrées par les Occidentaux pour convaincre le reste de la communauté internationale d'accentuer la pression et d'isoler la Russie.

Décidée en juillet 2021, la session annuelle du comité du patrimoine, prévue du 19 au 30 juin à Kazan, en Russie, devait permettre comme chaque année d'actualiser la liste des sites, paysages, monuments et villes inscrits au patrimoine de l'humanité. Mais l'offensive russe lancée en Ukraine le 24 février et les bombardements meurtriers qui ont suivi ont changé la donne et poussé une quarantaine de chancelleries, en majorité occidentales, à demander sa délocalisation hors de Russie.

Dans une lettre ouverte publiée le 8 avril, 46 pays, dont la France et la Grande-Bretagne, avaient ouvertement menacé de boycotter la session si elle était maintenue sur le sol russe ou si elle restait présidée par la Russie.

11h09 : Le pape s'associe à l'ONU et demande une trêve en Ukraine pour la Pâque orthodoxe

Le pape François s'est associé à l'appel lancé par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour demander une trêve en Ukraine le 24 avril, date de Pâques chez les orthodoxes, a annoncé jeudi le Vatican. « Le Saint-Siège et le Saint-Père se joignent à l'appel lancé le 19 avril par M. Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, en accord avec Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk, chef de l'Église gréco-catholique ukrainienne, pour une trêve à l'occasion de la célébration de Pâques selon le calendrier julien, le 24 avril », a annoncé le Vatican dans un communiqué.

Le 10 avril, à l'occasion du dimanche des Rameaux, François, qui a fustigé la « cruauté toujours plus horrible » frappant en Ukraine, avait déjà appelé à une « trêve de Pâques pour arriver à la paix à travers de véritables négociations ».

Mardi, Antonio Guterres avait demandé aux deux parties d'arrêter les combats pour une « pause humanitaire » de quatre jours, de jeudi à dimanche, à l'occasion de la fête de Pâques orthodoxe « pour permettre l'ouverture d'une série de couloirs humanitaires ».

12h57 : La Russie annonce la fermeture des consulats baltes par mesure de représailles

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué « retirer l'autorisation de fonctionnement » aux consulats généraux de Lettonie, d'Estonie et de Lituanie à Saint-Pétersbourg, reprochant en outre à ses trois voisins l'octroi « d'aide militaire au régime de Kiev ».

La Russie ferme également le consulat de Lettonie et la chancellerie du consulat général d'Estonie à Pskov, selon la même source.

Les chefs et les fonctionnaires des missions consulaires lettone et estonienne ont été déclarés « persona non grata » et doivent quitter le territoire russe.

En avril, les consulats généraux de Russie en Lettonie, Estonie et Lituanie ont été fermés à la demande des autorités locales, sur fond d'offensive russe en Ukraine. Plus de deux cent diplomates russes ont été expulsés début avril par des pays de l'Union européenne, et Moscou réplique depuis par la pareille.

10h44 : Le patron du géant russe du pétrole Loukoïl démissionne

Le président du géant russe du pétrole Loukoïl, Vaguit Alekperov, a démissionné, a annoncé jeudi l'entreprise, qui avait appelé début mars à arrêter rapidement l'offensive du Kremlin en Ukraine. « Le président et membre du conseil d'administration de Loukoïl, V. Alekperov, a annoncé sa décision de renoncer à [ses] fonctions », selon un communiqué du numéro deux du secteur pétrolier russe.

L'annonce intervient une semaine après que le milliardaire a été placé sur la liste des personnalités russes sanctionnées par le Royaume Uni. Loukoïl, un groupe privé, avait appelé début mars, une semaine après l'entrée des forces russes en Ukraine et alors que l'Occident multipliait les sanctions, à arrêter rapidement l'offensive russe dans ce pays.

10h26 : Kiev va recevoir prochainement des armes lourdes de pays est-européens, selon l'Allemagne

L'Ukraine va recevoir des armes lourdes, dont des chars de combats, de la part des partenaires est-européens pour l'aider à contrer l'offensive russe, a déclaré jeudi la ministre de la Défense allemande. « Il s'agit de chars de combats, de véhicules blindés, ou d'autres possibilités [de matériel] que les pays peuvent céder » à l'Ukraine, a expliqué Christine Lambrecht lors d'une interview à la chaîne d'information continue n-tv.

Ce matériel sera livré « dans les prochains jours » alors que les experts militaires disent que « les deux prochaines semaines seront décisives » dans la guerre russe en Ukraine, a-t-elle dit. Plusieurs pays de l'Otan ont déjà donné leur feu vert à des livraisons d'armes lourdes, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, la République tchèque ou les Pays-Bas.

Sous le feu des critiques pour sa réticence à faire de même, le chancelier Olaf Scholz avait annoncé mardi s'engager à aider les alliés est-européens fournissant à Kiev des armements de fabrication soviétique, également utilisés par l'armée ukrainienne, en remplaçant le matériel qu'ils fourniront. « Chaque pays décide de ce qu'il peut donner, et nous garantissons que nous les soutiendrons pour reconstituer (leurs stocks) afin que les pays d'Europe de l'Est puissent assurer la défense de leur propre territoire », a détaillé la ministre social-démocrate, sans préciser le délai que prendrait le remplacement du matériel. L'Allemagne, qui a déjà livré des armes défensives, assure ne pas être en mesure de puiser davantage dans les réserves de la Bundeswehr, faute de quoi elle ne pourrait plus assurer ni ses engagements envers l'Otan, ni la défense de son propre territoire.

10h04 : « Il est impossible d'être journaliste dans un média indépendant en Russie »

Denis Kataev est journaliste russe pour la chaîne de télévision d’opposition au pouvoir de Vladimir Poutine, Dojd. Avec le début de l’invasion de l’Ukraine et les lois répressives à l’encontre des journalistes, Denis Kataev a choisi de quitter son pays. Il espère diffuser l’information indépendante aux Russes depuis Paris.

► Un entretien à lire et écouter ici.

9h46 : Google condamné en Russie pour des contenus interdits sur la guerre en Ukraine

Un tribunal russe a condamné jeudi à une amende de 11 millions de roubles (plus de 126 000 euros au taux actuel) le géant américain Google pour ne pas avoir supprimé des contenus « interdits » sur l'offensive russe en Ukraine.

Le service de presse des tribunaux de Moscou a précisé sur son compte Telegram que Google avait été condamné à la suite de deux plaintes séparées déposées notamment par le gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor, car le géant américain n'avait pas supprimé de ses plateformes des contenus jugés illégaux en Russie.

Google s'est vu notamment reprocher la publication sur YouTube d'une vidéo d'une conversation téléphonique présumée entre des militaires russes et leurs proches où les soldats se plaignaient d'importantes pertes humaines dans leurs rangs, ont rapporté les agences de presse russes. Une autre vidéo diffusée sur Youtube et jugée illégale en Russie contenait des appels du groupe radical ukrainien Pravy Sektor à organiser des attentats et des actes de sabotage sur le territoire russe, selon les agences.

La Russie a promis début avril des représailles après la fermeture du compte YouTube de la chambre basse du Parlement russe. De nombreuses chaînes de médias pro-Kremlin et d'officiels russes y ont également été bloquées.

Le gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor, a taxé en mars Google et YouTube d'activités « terroristes », préfigurant un possible blocage en Russie du site comme l'ont été Twitter, Instagram et de nombreux médias indépendants depuis l'offensive en Ukraine. Les autorités russes ont vivement renforcé l'arsenal juridique pour contrôler la communication sur le conflit, menaçant de jusqu'à 15 ans de prison ceux qui la diffusent de "fausses informations" sur l'armée russe.

09h20 : Plus de 1 000 corps de civils dans les morgues de la région de Kiev

Plus de 1 000 corps de civils se trouvent actuellement dans les morgues de la région de Kiev, a indiqué à l'AFP jeudi une responsable ukrainienne, alors que Kiev accuse les Russes d'avoir « massacré » des centaines de civils pendant leur occupation de la région en mars.

« 1 020 corps de civils, uniquement de civils, sont (dans les morgues) de l'ensemble de la région de Kiev », a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Olga Stefanichyna à l'AFP dans la ville de Borodianka, au nord-ouest de Kiev.

Depuis le retrait des forces russes de la région de Kiev fin mars, des centaines de corps de civils ont été retrouvés par les autorités ukrainiennes, qui accuse avec les Occidentaux la Russie de « crimes de guerre », ce que dément Moscou.

8h57 : Entre Kharkiv et Izium, une aide humanitaire vitale

Ils sont des milliers à avoir fui les régions de l’est de l’Ukraine, mais ceux qui se trouvent toujours en territoires occupés par les Russes ont à peine de quoi survivre. Alors que les forces russes ont lancé une nouvelle offensive dans l’est de l’Ukraine l’aide humanitaire est cruciale, comme l'ont constaté nos envoyés spéciaux à Pervomaïskyï,dans la région de Kharkiv, Clea Broadhurst et Jad El Khoury.

8h30: Premier transfert en France d'Ukrainiens réfugiés en Moldavie

Un premier charter avec 74 réfugiés ukrainiens à bord doit atterrir à Bordeaux jeudi après-midi, en provenance de Moldavie, pays limitrophe de l'Ukraine que Paris s'est engagé à aider en transférant 2 500 déplacés du conflit vers la France, a appris l'AFP auprès des autorités. « C'est la concrétisation des engagements pris par la France, en lien avec ses partenaires européens et avec le HCR (Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies), d'aider la Moldavie à faire face à l'afflux de réfugiés ukrainiens sur son sol », s'est félicité le ministère de l'Intérieur.

Il s'agit « majoritairement de femmes et d'enfants » ainsi que des « personnes ayant besoin d'un suivi médical », a détaillé Céline Schmitt, porte-parole en France du HCR, qui a « aidé à identifier les personnes vulnérables » sur place. « On se félicite de la solidarité de la France envers la Moldavie », a-t-elle ajouté, un pays qui accueille plus de 426 000 déplacés du conflit ukrainien selon les dernières données de l'ONU.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé début mars que la France transférerait 2 500 Ukrainiens qui ont trouvé refuge en Moldavie, dans le cadre d'une opération que la Commission européenne coordonne vers les « pays volontaires ». Depuis, toutefois, Paris peine à recenser un tel nombre d'Ukrainiens voulant rejoindre la France.

7h55 : Vladimir Poutine revendique la « libération » de Marioupol

Le président russe a jugé jeudi que ses forces avaient avec « succès » pris le contrôle de la ville ukrainienne de Marioupol et a ordonné d'assiéger les derniers combattants ukrainiens plutôt que de leur donner l'assaut. « La fin du travail de libération de Marioupol, c'est un succès », a dit Vladimir Poutine à son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, lors d'une rencontre diffusée à la télévision.

Le président russe lui a également signifié vouloir assiéger les derniers combattants ukrainiens retranchés sur le site métallurgique d'Azovstal, car un assaut serait trop coûteux en vies, la zone étant notamment composée d'un vaste réseau de galeries souterraines. « Je considère que l'assaut proposé de la zone industrielle n'est pas approprié. J'ordonne de l'annuler », a-t-il déclaré.

Il faut penser (...) à la vie et à la santé de nos soldats et de nos officiers, il ne faut pas pénétrer dans ces catacombes, et ramper sous terre. Bloquez toute cette zone de manière à ce que pas une mouche ne passe.

Ce vaste site industriel abriterait encore 2 000 militaires ukrainiens, selon le ministre russe de la Défense. Vladimir Poutine a par ailleurs promis la vie sauve à ceux qui se rendront. « Proposez une fois de plus à tous ceux qui n'ont pas déposé les armes de le faire, la partie russe leur garantit la vie sauve et d'être traités avec dignité », a-t-il affirmé.

07h44 : Dans les centres d'entraînement militaires ukrainiens, les civils continuent d'affluer

Après près de deux mois de guerre, de nouveaux civils se tournent vers les centres d’entraînements militaires ouverts depuis le début de la guerre pour prendre les armes. Nos envoyées spéciales Oriane Verdier et Aabla Jounaidi se sont rendues dans l'un d'eux. C'est à lire ou écouter ici.

07h28 : Neuf corps de civils retrouvés à Borodianka, certains avec des « signes de torture »

Les corps de neuf civils ont été retrouvés mercredi à Borodianka, près de Kiev. « Ces personnes ont été tuées par les occupants et certaines des victimes présentent des signes de torture », a accusé sur Facebook le chef de la police locale, Andriy Nebytov.

Borodianka a été, selon Kiev, le théâtre de « massacres de civils » durant le mois de mars, lorsque les forces russes occupaient la ville. « Dans une fosse, il y avait deux hommes de 35 ans, et à côté d’eux, une adolescente de 15 ans », a précisé Andriy Nebytov. Avant d’ajouter : « Dans une autre, les forces de l’ordre ont découvert les corps de six personnes : quatre hommes et deux femmes » qui « ont pu être identifiées comme des habitants de la ville ».

« Les militaires russes ont sciemment abattu des civils qui ne leur opposaient aucune résistance », a-t-il fustigé, précisant que les corps des victimes avaient été « emmenés dans des morgues de la région de Kiev pour être expertisés ». Des médecins légistes et des enquêteurs ont également inspecté les deux fosses, selon la même source.

Depuis le retrait des forces de Moscou il y a trois semaines de la région de Kiev, des centaines de corps de civils ont été retrouvés par les autorités ukrainiennes, qui dénoncent avec les Occidentaux des « crimes de guerre » des soldats russes qui occupaient la ville. Une accusation formellement rejetée par la Russie.

07h13 : Xi Jinping redit son opposition aux sanctions occidentales contre la Russie

Le président chinois Xi Jinping a réaffirmé jeudi l'opposition de la Chine aux sanctions unilatérales et à la « juridiction du bras long », sans mentionner directement les mesures prises par l'Occident contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine. La Chine a régulièrement critiqué les sanctions occidentales, dont celles imposées à la Russie, veillant toutefois à ne pas venir en aide à Moscou, ce qui pourrait mener à ce que des sanctions soient décidées contre Pékin.

Lors d'un discours diffusé durant le Forum de Boao pour l'Asie, qui se déroule dans l'île de Hainan, Xi Jinping a indiqué que le « découplage » et les moyens de pression tels que l'interruption des chaînes d'approvisionnement ne fonctionneraient pas. « La Chine souhaite proposer une initiative de sécurité mondiale qui respecte le principe de l'indivisibilité de la sécurité », a déclaré Xi Jinping. « Nous devrions défendre le principe de l'indivisibilité de la sécurité, construire une architecture de sécurité équilibrée, efficace et durable, et nous opposer à la construction de la sécurité nationale sur la base de l'insécurité dans d'autres pays », a ajouté le président chinois.

06h54 : Le Premier ministre espagnol est arrivé à Kiev avec son homologue danoise

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est arrivé jeudi matin avec son homologue danoise Mette Frederiksen à Kiev où ils doivent tous deux rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a annoncé le gouvernement espagnol.

Pedro Sanchez avait indiqué mercredi qu'il transmettrait au président ukrainien, lors de ce déplacement, « l'engagement sans faille, clair de l'Union européenne » et de l'Espagne « pour la paix ».

06h37 : Quatre bus d'évacuation ont quitté Marioupol, selon Kiev

Quatre bus d'évacuation de civils ont réussi à quitter le port ukrainien de Marioupol, a indiqué jeudi la vice-Première ministre ukranienne Iryna Verechtchouk.

Les évacuations, qui doivent se poursuivre ce jeudi, interviennent alors que ce port stratégique de la mer d'Azov semble sur le point de tomber aux mains des Russes après presque de deux mois de siège.

06h18 : Moscou veut engranger des succès avant le 9 mai, selon le ministère de la Défense britannique

« La Russie souhaite engranger des succès significatifs avant les célébrations annuelles du 9 mai, jour de la Victoire. Cela pourrait influer sur la rapidité et la force avec lesquelles elle envisage de mener des opérations à l'approche de cette date », estime le ministère de la Défense britannique dans son rapport quotidien.

Le jour de la Victoire célèbre la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie. C'est une célébration majeure en Russie.

« Les niveaux élevés d'activité aérienne russe se poursuivent, la Russie cherchant à fournir un soutien aérien rapproché à son offensive dans l'est de l'Ukraine, afin de détruire les capacités de défense aérienne ukrainiennes », analyse également le ministère.

05h55 : L'opération militaire de Moscou prendra fin lorsque l'Otan cessera d'utiliser le territoire ukrainien pour menacer la Russie, selon Moscou

« L'opération militaire spéciale prendra fin lorsque ses tâches seront remplies. Parmi celles-ci figurent la protection de la population pacifique de Donbass, la démilitarisation et la dénazification de l'Ukraine, ainsi que l'élimination des menaces pour la Russie provenant du territoire ukrainien en raison de sa capture par les pays de l'Otan », a déclaré Alexey Polishchuk, un haut fonctionnaire du ministère russe des Affaires étrangères, à l'agence de presse publique russe Tass.

Sans donner plus de détails, il ajoute que l'opération « se déroule comme prévu » et que « tous ses objectifs seront atteints ».

05h30 : Les Russes intensifient la pression dans l'Est et le Sud

Selon un haut responsable américain du département de la Défense, la Russie a également augmenté sa présence militaire dans l'est et le sud de l'Ukraine.

Le ministère ukrainien de la Défense faisait état mercredi de « tentatives d'assaut » sur les localités de Soulyguivka et Dibrivné, dans la région de Kharkiv, ainsi que sur Roubijné et Sievierodonetsk, dans la région de Louhansk. « La situation se complique d'heure en heure », a écrit sur Telegram le gouverneur de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, renouvelant ses appels aux civils à évacuer.

Les bombardements s'intensifiaient aussi dans le sud, notamment sur les villages de Mala Tokmatchka et d'Orikhiv, à 70 km au sud-est de Zaporijié, a constaté un journaliste de l'AFP.

04h58 : Pour les derniers combattants de Marioupol, « la situation est difficile voire critique »

Alors que Kiev a proposé mercredi des négociations à Marioupol, les derniers combattants ukrainiens de la ville assiégée refusent de se rendre mais réclament jeudi à la communauté internationale des « garanties de sécurité », au moment où les forces russes comptent s'emparer de la totalité de cette ville stratégique du sud-est de l'Ukraine. « Nous sommes prêts à quitter Marioupol avec l'aide d'un tiers », munis d'armes, « afin de sauver les personnes qui nous ont été confiées », indiquait jeudi aux premières heures Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du bataillon Azov, sur Telegram.

Plusieurs centaines de civils, manquant de vivre et d'eau, sont retranchés dans l'usine sidérurgique et métallurgique d'Azovstal avec le 36e bataillon de l'armée ukrainienne et le bataillon Azov, les deux dernières unités combattantes à Marioupol, selon les autorités ukrainiennes.

Sviatoslav Palamar appelle le « monde civilisé » à se porter garant de « garanties de sécurité », tout en assurant que les deux bataillons n'acceptaient pas « les conditions de la Fédération de Russie concernant la remise des armes et la capture de nos défenseurs ».

« La situation est difficile voire critique », a-t-il poursuivi, dans cette immense usine, dernier îlot de résistance de ce port à l'extrémité sud du Donbass, où seraient également retranchés « environ un millier de civils, femmes et enfants » et « des centaines de blessés », selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les civils bloqués à l'intérieur de l'usine, dont il était impossible de confirmer le nombre de manière indépendante, indiquait l'AFP, « ont peur à cause des bombardements constants », ajoute le commandant Palamar, plaidant pour un cessez-le-feu.

04h39 : La Russie annonce un premier essai réussi pour son nouveau missile intercontinental « Sarmat »

L’armée russe a annoncé, mercredi 20 avril, le premier tir d’essai réussi du missile balistique intercontinental Sarmat. Cette arme de nouvelle génération de très longue portée a été présentée comme « sans équivalent » par le président russe, Vladimir Poutine. Elle doit remplacer les missiles SS-18 « Satan » et serait une réponse de l’armée russe au programme américain Prompt Global Strike.

« C’est véritablement une arme unique qui va renforcer le potentiel militaire de nos forces armées, qui assurera la sécurité de la Russie face aux menaces extérieures et qui fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer notre pays avec une rhétorique déchaînée et agressive », a déclaré le chef du Kremlin. Il a également précisé que « seuls des assemblages, des composants et des pièces de fabrication nationale ont été utilisés pour la création du Sarmat ».

Le Pentagone a réagi quelques heures après en assurant que le tir effectué, mercredi, était un essai de « routine » et ne constituait « pas une menace » pour les États-Unis ni leurs alliés. Moscou a « convenablement informé » Washington de la réalisation de ce test, conformément à ses obligations relevant des traités sur le nucléaire, et il ne s’agissait donc pas d’une « surprise » pour le ministère américain de la défense, a assuré son porte-parole, John Kirby.

04h22 : L'Ukraine appelle à des négociations sur le sort de Marioupol

L'Ukraine a appelé mercredi à la tenue de négociations avec la Russie sur le sort de la ville assiégée de Marioupol. Mykhaïlo Podolyak, conseiller de la présidence ukrainienne et un des négociateurs avec la Russie, a proposé à la Russie une « session spéciale de négociations » à Marioupol, ville portuaire sur la mer d'Azov assiégée.

« Nous sommes prêts à tenir une "session spéciale de négociations" à Marioupol. Pour sauver nos gars, (le bataillon) Azov, les soldats, les civils, les enfants, les vivants et les blessés. Tout le monde », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

La situation à Marioupol, dont la chute semble imminente, est terrible pour ses défenseurs et civils. Le ministère ukrainien de la Défense a souligné que l'armée russe « concentrait l'essentiel de ses efforts sur la prise de Marioupol et poursuivait ses tentatives d'assaut près de l'aciérie Azovstal », dernier îlot de résistance de ce port situé sur la mer d'Azov, à l'extrémité sud du Donbass.

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