[EN DIRECT] Guerre en Ukraine: piégés et blessés, les derniers défenseurs d'Azovstal appellent à l'aide

Au 77e jour de l'invasion russe en Ukraine, mercredi 11 mai, la menace russe s'éloigne de Kharkiv, la deuxième ville de l'Ukraine située dans l'est, pilonnée depuis fin février, ont affirmé les autorités ukrainiennes dans la nuit de mardi à mercredi, alors que le conflit pourrait s'étendre vers le sud-ouest selon Washington.

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Les points essentiels :

► La menace russe s’éloigne de Kharkiv, la deuxième ville de l’Ukraine pilonnée depuis fin février, a annoncé mardi soir Volodymyr Zelensky. « Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijné et Bayrak ont été libérées » mais « l’intensité des bombardements dans le district de Kharkiv a augmenté », a précisé l'état-major ukrainien.

► Une série de photos publiées sur la chaîne Telegram du régiment Azov témoigne des conditions difficiles dans lesquelles vivent les défenseurs ukrainiens blessés, parfois amputés, qui se terrent sous l'usine sidérurgique Azovstal, à Marioupol.

► Vladimir Poutine n'a pas l'intention de limiter sa volonté d'occupation à la seule région du Donbass en Ukraine, mais veut porter le conflit à la Transnistrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré ce mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines. « Nous estimons que le président Poutine se prépare à un conflit prolongé en Ukraine, durant lequel il a encore l'intention d'atteindre des objectifs au-delà du Donbass », a-t-elle déclaré lors d'une audition au Congrès.

► Le Congrès américain a franchi mardi une première étape vers le déblocage d'une nouvelle enveloppe faramineuse de près de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine, suivant Joe Biden dans son soutien indéfectible à Kiev. Ce paquet doit désormais être voté au Sénat.

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14h42 : Le ministre ukrainien des Finances appelle « maximiser » les efforts de dons

Le ministre ukrainien des Finances Serguiï Martchenko a appelé mercredi les partenaires internationaux de Kiev à « maximiser les efforts » pour aider son pays, notamment dans la perspective de sa future reconstruction, lors de l'assemblée annuelle de la Berd. « En défendant notre pays et en luttant contre la Russie, nous prenons un énorme risque (...) pour faire gagner cette guerre à l'Ukraine. Nous apprécierions que vous preniez un petit risque pour aider » le pays, a-t-il ajouté mercredi lors de cette conférence de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

« À l'heure actuelle, nous ne pouvons couvrir que 62% de nos besoins budgétaires primaires », hors dépenses militaires, a détaillé M. Martchenko, qui participait à l'événement par retransmission vidéo. Le déficit est largement financé par « l'aide internationale, la Commission européenne, le FMI, la Banque mondiale, la Berd, l'UE, les plus grandes économies des pays en développement », a-t-il ajouté.

« Le gouvernement ukrainien continue d'être pleinement opérationnel » et le pays « s'est engagé à assurer le service intégral de sa dette, le système bancaire ukrainien reste stable et liquide », a assuré M. Martchenko.

Le gouvernement ukrainien estime avoir besoin de 5 milliards de dollars par mois pour continuer à faire fonctionner l'économie du pays, a rappelé le ministre, appelant aussi les donateurs internationaux à réfléchir au financement de la future reconstruction du pays.

14h20 : La Suède et le Royaume-Uni annoncent un accord de défense mutuelle

En amont de la décision de la Suède sur l'adhésion à l'Otan, le Premier ministre britannique Boris Johnson et son homologue suédoise Magdalena Andersson ont annoncé mercredi un accord de défense et de protection mutuelle en cas d'agression. « Si la Suède était attaquée et se tournait vers nous pour du soutien, nous lui apporterions », a affirmé le chef de gouvernement britannique lors d'une conférence de presse commune en Suède.

« Si un des deux pays devait subir un désastre ou une attaque, le Royaume-Uni et la Suède se porteraient assistance de nombreuses manières (...) incluant des moyens militaires », a précisé Magdalena Andersson.

Boris Johnson doit signer un accord similaire avec la Finlande lors d'une visite à Helsinki en fin de journée mercredi, selon son cabinet.

14h05 : « Il ne reste plus de civils dans Azovstal, affirme un leader séparatiste

Le dirigeant de la « république » populaire de Donetsk, État pro-russe autoproclamé de l'est de l'Ukraine, a déclaré mercredi qu'il n'y avait plus de civils dans les sous-sols de l'usine Azovstal de Marioupol et que ses forces n'exerceraient par conséquent plus aucune retenue, selon l'agence Tass. « Selon nos informations, il ne reste plus de civils. Les mains de nos unités ne sont par conséquent plus liées », écrit Tass en citant Denis Pouchiline, dont les forces participent à l'assaut contre l'aciérie.

Kiev affirme de son côté qu'une centaine de civils seraient encore réfugiés dans les tunnels qui s'enfoncent sous la gigantesque usine métallurgique, de même que de nombreux soldats blessés.

11h50 : L'Ukraine dit avoir cherché à désorganiser la vente d'alcool en Russie

Kiev a cherché à désorganiser la vente d'alcool en Russie, parmi les actions de cyber-guerre lancées par l'Ukraine contre la Russie, a indiqué mercredi le vice-Premier ministre Mykhaïlo Fedorov, chargé du numérique dans son gouvernement.

« Parmi les choses notables qui sont connues aujourd'hui, il y a l'attaque contre le système d'accise (taxation, ndlr) qui a permis de désorganiser la vente d'alcool en Russie », a déclaré M. Fedorov lors d'une conférence de presse virtuelle organisée dans le cadre du Paris Cyber Summit, une convention sur la cyber-sécurité qui se tient jusqu'à jeudi à Paris.

« Nous avons décidé que les gens avaient besoin d'être sobres pour pouvoir » faire face à « la propagande » à laquelle les soumet le gouvernement russe, a ironisé M. Fedorov, qui s'exprimait en ukrainien et dont les propos étaient traduits en français. Il n'a pas donné d'autres détails sur cette opération et est resté relativement discret sur les autres cyber-offensives menées par les Ukrainiens contre la Russie.

11h01 : Près d'un tiers des emplois perdus en Ukraine à cause de la guerre

Près de 5 millions d’emplois ont été perdus depuis le début de l’offensive russe, selon une étude de l’Organisation internationale du travail (OIT). Ce chiffre de 5 millions d’emplois perdus pourrait passer rapidement à 7 millions si les hostilités se poursuivent. Face à ces pertes, le gouvernement ukrainien a fait des efforts pour maintenir le système national de protection sociale. Il a ainsi garanti le paiement des prestations. Y compris aux personnes déplacées à l’intérieur du pays grâce aux technologies numériques.

Le conflit perturbe également le marché de l’emploi des pays voisins qui accueillent des réfugiés ukrainiens. Les États concernés sont la Hongrie, la Moldavie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie. Les réfugiés exercent une pression sur les systèmes de protection sociale de ces cinq pays. À long terme, cela va augmenter le chômage. En Pologne, le taux de chômage pourrait ainsi passer de trois à plus de 5%.

Le conflit a également des répercussions en Asie centrale. Les sanctions contre la Russie ont entraîné des pertes d’emploi pour les travailleurs migrants, venant notamment du Kazakhstan et d’Ouzbékistan.

10h40 : Les pro-russes de la région de Kherson veulent demander à Poutine une annexion

Les autorités installées par Moscou dans la région ukrainienne de Kherson comptent demander à Vladimir Poutine une annexion, a indiqué mercredi un responsable régional pro-russe. « Il y aura une demande (adressée au président russe) pour intégrer la région de Kherson en tant que sujet à part entière de la fédération de Russie », a dit aux agences russes Kirill Stremooussov, chef adjoint de l'administration militaro-civile de Kherson, région conquise par l'armée russe durant l'offensive déclenchée par Moscou en février contre l'Ukraine.

10h22 : Des femmes de soldats du régiment Azov ont vu le pape et demandé son aide

Un groupe d'épouses de militaires ukrainiens de la division Azov a rencontré mercredi à Rome le pape, à qui elles ont demandé d'intervenir pour « sauver la vie » de ces militaires, retranchés depuis plusieurs semaines dans l'aciérie Azovstal pilonnée par l'armée russe à Marioupol dans le sud-est de l'Ukraine. « Nous lui avons demandé de venir en Ukraine, de parler (au président russe Vladimir) Poutine, de lui dire Laissez-les partir », a déclaré à la presse Kateryna Prokopenko, épouse d'un des chefs de la division Azov, Denis Prokopenko.

L'entrevue, qui a duré « environ cinq minutes » selon elles, a eu lieu à l'issue de l'audience générale du souverain pontife, sur la place Saint-Pierre au Vatican. « Nous espérons que cette rencontre permettra de leur sauver la vie. Nous sommes prêts à une action du pape, de sa délégation, nos soldats sont prêts à baisser leurs armes en cas d'évacuation dans un pays tiers », a-t-elle ajouté.

« Nous avons dit au pape que 700 de nos soldats sont blessés, qu'ils souffrent de gangrène, d'amputations (...) Beaucoup d'entre eux sont morts, nous n'avons pas pu les enterrer », a pour sa part déclaré Yulia Fedosiuk, 29 ans. « Nous avons demandé au pape de les aider, de faire office de tierce partie dans cette guerre et de leur permettre de fuir par un couloir humanitaire. Il nous a dit qu'il priait pour nous et qu'il ferait tout ce qu'il peut », a-t-elle ajouté, soulignant les « conditions terribles » sur place, « sans eau, sans nourriture, sans équipement médical ». Elles ont dit craindre que les soldats soient capturés, torturés et tués par les forces russes.

10h08 : La Hongrie propose que l'embargo sur le pétrole russe ne concerne pas les livraisons par oléoduc

La Hongrie a proposé mercredi que l'embargo qu'envisage l'Union européenne sur le pétrole russe ne concerne pas les livraisons par oléoduc mais uniquement les livraisons par transport maritime, sans faire état d'avancées dans ses discussions avec Bruxelles.

Budapest s'oppose au projet d'embargo présenté la semaine dernière par la Commission européenne dans le cadre d'un sixième train de sanctions contre Moscou depuis l'invasion russe en Ukraine au motif qu'il « détruirait » l'économie hongroise. Ce veto hongrois bloque l'adoption de nouvelles mesures de rétorsion, qui doivent être approuvées à l'unanimité.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjártó, a déclaré qu'un accord entre son pays et l'UE paraissait encore lointain. « Bruxelles n'a pas de proposition pour une solution », a-t-il dit, affirmant comme le Premier ministre Viktor Orban que le projet d'embargo proposé par la Commission reviendrait à larguer une « bombe atomique » sur l'économie hongroise.

09h51 : [En images] La menace russe s'éloigne de Kharkiv

09h03 : Une membre de Pussy Riot quitte la Russie, déguisée en livreuse de repas

Une membre du groupe contestataire russe Pussy Riot, Maria Aliokhina, a affirmé mercredi avoir pu quitter la Russie, après avoir trompée la police en se déguisant en livreuse de repas.

Dans une interview au New York Times, Maria Aliokhina, 33 ans, a raconté mercredi qu'elle avait réussi à quitter Moscou, déguisée en livreuse de repas, et en laissant son téléphone portable pour empêcher la police de la tracer. Elle a ensuite traversé la frontière avec la Biélorussie voisine et une semaine plus tard, elle a pu passer en Lituanie, après plusieurs tentatives, selon l'interview. « J'étais ravie d'y être arrivé, parce que c'est un gros et imprévisible "bisou d'adieu" pour les autorités russes », a-t-elle ironisé auprès du New York Times.

En septembre dernier, Maria Aliokhina avait été condamnée à un an de « restrictions » à sa liberté (contrôle judiciaire, couvre-feu nocturne, interdiction de quitter Moscou) pour avoir appelé à manifester contre l'arrestation du principal opposant russe Alexeï Navalny. Fin avril, la justice russe a durci ces mesures en les remplaçant par une peine de prison ferme, lors d'une audience à laquelle Mme Aliokhina ne s'est pas présentée.

Membre de longue date du groupe Pussy Riot, Maria Aliokhina a déjà purgé une peine de deux ans de prison pour avoir joué une « prière punk » dans la principale église russe -- cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou -- en 2012.

08h31 : Boris Johnson se rend en Suède et en Finlande ce mercredi

Le Premier ministre britannique se rend en Suède et en Finlande ce mercredi pour discuter de la guerre en Ukraine, alors que les deux pays envisagent de rejoindre l'alliance de l'Otan. Boris Johnson doit rencontrer les dirigeants des deux pays.

Son porte-parole officiel a déclaré que la visite portait également sur la « sécurité de l'Europe au sens large ». Les deux pays devraient décider dans les jours à venir s'ils souhaitent rejoindre l'alliance.

07h58 : Baisse des livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine

Le volume de gaz russe transitant par l'Ukraine, importante voie pour les approvisionnements européens, apparaît en baisse mercredi car les combats dans l'est du pays avec l'armée russe empêchent selon Kiev le bon fonctionnement d'infrastructures gazières. L'opérateur ukrainien des gazoducs GTSOU a indiqué mardi que la présence des forces russes près des installations de Sokhranivka et Novopskov dans la région de Louhansk ne permettait pas d'assurer le flot habituel de gaz et demandait le transfert de ces volumes vers un autre point de passage, à Soudja.

Dans la soirée, le géant gazier russe Gazprom avait démenti tout cas de « force majeure » et argué qu'il était impossible de dérouter les volumes.

Selon les chiffres publiés par GTSOU mercredi matin, les volumes passant par Sokhranivka sont tombés à zéro et ceux de Soudja sont prévus en hausse mais pas suffisamment pour compenser la baisse. La baisse du gaz en transit par l'Ukraine via ces points peut atteindre mercredi 16,2 millions de mètres cubes soit environ 18%, les volumes prévus passant à environ 72 millions de mètres cubes de gaz contre 88 la veille, selon GTSOU. Gazprom a confirmé à l'agence russe Tass que les volumes baisseraient à 72 millions de m3, mais indique que la veille 95,8 millions de m3 avaient été livrés.

L'Ukraine est une importante voie de transit pour le gaz russe consommé en Europe. Moscou comme Kiev avaient jusqu'ici maintenu ce flot malgré l'assaut russe contre l'Ukraine lancé le 24 février.

07h37 : Poutine a deux semaines de retard sur ses plans dans le Donbass et le sud de l'Ukraine, selon le Pentagone

Un haut responsable du ministère américain de la Défense a estimé lors d'un briefing à huis clos mardi que le président russe avait environ deux semaine de retard sur ses plans dans le Donbass et le sud de l'Ukraine, rapporte le média ukrainien The Kyiv Independant, citant Radio Liberty. Le responsable a également déclaré que si l'armée russe continue de concentrer ses forces, elle subit de lourdes pertes et n'a atteint aucun des principaux objectifs de Vladimir Poutine.

07h11 : Les combats se poursuivent sur l'île aux Serpents, selon le ministère de la Défense britannique

« Les combats se poursuivent sur l’île aux Serpents (...), la Russie essayant à plusieurs reprises de renforcer sa garnison qui y est exposée », rapporte les renseignements britanniques dans son point quotidien.

« L’Ukraine a frappé avec succès les défenses aériennes russes et les navires de ravitaillement avec des drones Bayraktar, poursuivent-ils. Les navires de ravitaillement russes bénéficient d’une protection minimale dans l’ouest de la mer Noire après le retrait de la marine russe en Crimée suite à la perte du Moskva. Les efforts actuels de la Russie pour augmenter ses forces sur l’île aux Serpents offrent à l’Ukraine plus d’opportunités d’engager des troupes russes et de détruire du matériel. »

L'enjeu est de taille, souligne le rapport : « Si la Russie consolide sa position sur l’île avec des missiles de croisière de défense aérienne stratégique et de défense côtière, elle pourrait dominer le nord-ouest de la mer Noire. »

06h43 : Le régiment Azov publie des photos de soldats blessés dans l’usine Azovstal

Les forces russes ont encore pilonné l’aciérie Azovstal, à Marioupol, cette ville portuaire prise par les Russes où se terrent toujours des dizaines d’Ukrainiens, soldats et civils. Le régiment d'Azov a publié une série de photos sur sa chaîne Telegram qui montrent les conditions de vie des combattants ukrainiens, parfois gravement blessés, retranchés dans l’usine Azovstal.

Ce message accompagne les images :

L'ensemble du monde civilisé doit voir les conditions dans lesquelles vivent les défenseurs de Marioupol, blessés et abîmés et agir ! Dans l'insalubrité, avec des plaies ouvertes, protégés avec des restes de pansements non stériles, sans les médicaments nécessaires et même sans nourriture. Nous demandons à l'ONU et à la Croix-Rouge de faire preuve d'humanité et de réaffirmer les principes fondamentaux sur lesquels vous êtes fondés en secourant les blessés qui ne sont plus des combattants.

06h22 : « On veut juste la paix et rentrer chez nous »: des réfugiés ukrainiens rentrent de Moldavie

Malgré les combats qui continuent dans l’est et le sud du pays, à la frontière entre la Moldavie et l'Ukraine, ils sont de plus en plus nombreux à retourner chez eux, rapporte notre envoyé spécial à Chisinau, Romain Philipps. D'autant que la Transnistrie, cette région de Moldavie qui a fait sécession, est dans le viseur du Kremlin.

05h50 : Le sud-ouest de l'Ukraine dans le viseur de la Russie

La « deuxième phase » de « l'opération militaire spéciale » annoncée par Moscou vise une emprise totale sur le Donbass, et les combats sont particulièrement intenses dans la région de Louhansk. Mais l'attention se porte désormais également sur le sud-ouest du pays. Le président russe Vladimir Poutine veut « étendre » le conflit jusqu'à la Transnistrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines.

Le 22 avril, un général russe, Roustam Minnekaïev, avait d'ailleurs fait valoir que « le contrôle du sud de l'Ukraine, c'est également un couloir vers la Transnistrie, où on observe également des cas d'oppression de la population russophone ». Or, la défense des russophones est l'une des justifications par Moscou de la guerre actuelle.

Outre la Crimée annexée en 2014, les troupes russes occupent une grande partie du sud de l'Ukraine, notamment la capitale régionale de Kherson. Selon le commandement ukrainien pour le sud, les troupes russes sont en train de frapper « sans merci » la région de Mykolaïv, qui représente l'ultime verrou avant Odessa, à l'ouest. « Des maisons privées, des installations agricoles ont été endommagées et l'alimentation en électricité de l'une des localités a été interrompue », a-t-il affirmé dans la nuit de mardi à mercredi. Odessa, centre culturel majeur tant pour les Ukrainiens que pour les Russes, a été sporadiquement frappée par des missiles russes depuis le début du conflit.

Dans les environs d'Odessa, « la pression psychologique se poursuit sur la population voisine de la Transnistrie » avec « le possible blocage de la région en raison de la mise hors service du pont du Dniestr, qui a de nouveau été attaqué par des missiles », a aussi avancé le commandement ukrainien pour le sud. Fin avril et début mai, des explosions avaient secoué la Transnistrie, où stationnent des troupes russes depuis une trentaine d'années. La Russie s'était aussitôt dite « alarmée » par ces « actes terroristes », indiquant suivre la situation de près. De son côté, l'Union européenne a annoncé le 4 mai qu'elle allait « considérablement accroître » son aide militaire à la Moldavie. Ce petit pays, non membre de l'Otan, a également reçu le soutien fin avril de Paris et Berlin.

05h23 : « On est sous le choc »: avec une famille tout juste évacuée, dans la région de Louhansk

Les combats sont vifs dans les régions de Lyman et Severodonetsk dans la région de Louhansk et plus au sud, près de Mariinka, qui jouxte Donetsk, sous contrôle russe. Les habitants de ces régions continuent de fuir lorsqu’ils le peuvent. Nos envoyés spéciaux Anastasia Becchio et Boris Vichith se sont rendus dans la cité ouvrière de Kurakhove, située à une vingtaine de kilomètres de la ligne de front.

04h59 : De retour à l'Ouest, les familles retrouvent leurs maisons dévastées

Alors que les combats se concentrent dans l’est de l’Ukraine, à l’ouest, la situation est redevenue calme. À Irpin, ville-verrou à l’entrée de Kiev, des combats intenses se sont déroulés et les destructions sont immenses. Les habitants qui avaient fui commencent à rentrer et retrouvent une ville en ruines, racontent nos envoyés spéciaux Murielle Paradon et Sami Boukhelifa dans leur reportage.

Vous voyez la maison de nos voisins, elle est complètement détruite…

04h36 : La menace russe s'éloigne de Kharkiv, selon l'Ukraine

L'étau russe se desserre sur Kharkiv, la deuxième ville de l'Ukraine située dans l'est et qui était pilonnée depuis fin février, ont affirmé les autorités ukrainiennes dans la nuit de mardi à mercredi. « Nos forces armées nous ont donné à tous de bonnes nouvelles de la région de Kharkiv. Les occupants sont progressivement repoussés de Kharkiv », a dit le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo en fin de soirée, mardi. « Je suis reconnaissant à tous nos combattants qui tiennent bon et font preuve d'une force surhumaine pour chasser l'armée d'envahisseurs. »

« Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijné et Bayrak ont été libérées » dans la région de cette grande ville, a précisé l'état-major ukrainien sur Facebook. « Ainsi, l'ennemi a été repoussé encore plus loin de Kharkiv, et les occupants ont eu encore moins de possibilités de frapper le centre régional. » Mais « l'intensité des bombardements dans le district de Kharkiv a augmenté », a-t-il aussi relevé. De plus, selon Oleg Snegoubov, chef de l'administration régionale de Kharkiv s'exprimant sur Telegram, « en se retirant, les occupants russes laissent derrière eux des pièges mortels », des mines.

Les quartiers nord et nord-est de Kharkiv, qui comptait environ 1,5 million d'habitants avant la guerre, sont depuis des semaines frappés par des roquettes russes, causant la mort de civils. Fin février, les Russes ont voulu prendre la ville, en vain : les forces ukrainiennes ont résisté et les ont repoussés à quelques kilomètres de là, au prix d'âpres combats.

L'Institut américain d'étude de la guerre (ISW) avait noté en fin de semaine dernière que, dans cette partie orientale du pays, l'armée ukrainienne « fait des progrès significatifs et avancera probablement jusqu'à la frontière russe dans les jours ou semaines à venir ». Cela semble aussi confirmer la tendance qui a émergé sur le front est au cours de ce troisième mois de l'invasion russe: d'un côté, les unités ukrainiennes contre-attaquent et progressent à l'est de Kharkiv, de l'autre, les Russes grignotent petit à petit du terrain à environ 150 km au sud-est de l'avancée ukrainienne, en direction de la partie du Donbass qui n'est pas encore sous contrôle russe ou séparatiste pro-russe.

04h20 : Le Congrès américain franchit une étape vers le déblocage d'une enveloppe de près de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine

Le président américain réclamait depuis plusieurs semaines une énorme rallonge budgétaire de 33 milliards de dollars pour soutenir l'Ukraine contre l'invasion russe. Mais, lundi soir, chefs démocrates et républicains se sont mis d'accord pour aller encore plus loin, trouvant un compromis autour d'une enveloppe faramineuse de 40 milliards de dollars, l'équivalent du PIB du Cameroun en 2020.

« Avec ce programme d'aide, l'Amérique envoie au monde entier le signal de notre détermination inébranlable à soutenir le peuple courageux d'Ukraine jusqu'à la victoire » contre Moscou, a souligné Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, quelques heures avant que ce texte ne soit adopté par des élus des deux camps.

Fait rare dans un Congrès si habitué aux querelles politiques : ces mesures bénéficient d'un très large soutien transpartisan. Ce paquet doit désormais être voté au Sénat, en fin de semaine ou en début de semaine prochaine, avant d'être promulgué par Joe Biden.

Au sein de cette grande enveloppe : 6 milliards de dollars qui doivent permettre à l'Ukraine de s'équiper en véhicules blindés, renforcer sa défense anti-aérienne à l'heure où les combats font toujours rage dans l'est et le sud du pays. Près de 9 milliards de dollars sont également prévus pour assurer entre autres « la continuité des institutions démocratiques ukrainiennes », ainsi qu'un large volet humanitaire.

04h00 : Bonjour et bienvenue dans ce live

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