[En direct] Guerre en Ukraine: l'ONU accuse la Russie de possibles crimes de guerre

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Au 58e jour de l'invasion russe en Ukraine, le sort du port stratégique de Marioupol, que Moscou assure avoir « libéré », est toujours incertain. Kiev affirme que ses hommes résistent encore aux forces russes, dans l'immense complexe métallurgique Azovstal.

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Les points essentiels :

« L'un des objectifs de l'armée russe est d'établir un contrôle total sur le Donbass et le sud de l'Ukraine », a déclaré vendredi un haut responsable militaire russe parlant d'une « deuxième phase de l'opération spéciale » visant entre autres à « assurer un couloir terrestre vers la Crimée ».

L'ONU a accusé vendredi l'armée russe d'actions « pouvant relever des crimes de guerre » en Ukraine depuis l'invasion du 24 février et constate que le droit humanitaire a « été jeté par dessus bord ». Les inspecteurs de l'ONU ont documenté le « meurtre, y compris certains par exécution sommaire » de 50 civils dans la ville de Boutcha, en banlieue de Kiev, où les forces russes sont accusées d'avoir commis des exactions ayant fait des dizaines de morts. Ce que Moscou récuse.

► Le président russe Vladimir Poutine a revendiqué jeudi la libération de Marioupol, indiquant avoir annulé son projet de prendre d'assaut l'aciérie Azovstal, où les dernières troupes ukrainiennes de la ville résistaient toujours à l'assaut russe. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en plus de quelque 2 000 militaires ukrainiens, « environ mille civils, femmes et enfants » et « des centaines de blessés » sont aussi réfugiés dans cette usine. Aucun couloir humanitaire n'était prévu ce vendredi.

► Joe Biden a annoncé jeudi une nouvelle aide militaire de 800 millions de dollars pour l’Ukraine, qui comprend « des armes d’artillerie lourde, des dizaines d’obusiers, 144 000 munitions ainsi que des drones ». Washington a également l’intention d’apporter une aide économique supplémentaire de 500 millions de dollars pour maintenir le fonctionnement du gouvernement ukrainien.

► Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de chercher à organiser un faux référendum d'indépendance dans les régions de Kherson et Zaporijié qu'elle occupe dans le sud du pays.

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10h52 : La France livre des canons Caesar et des missiles antichars à l'Ukraine, selon Macron

Dans un entretien au journal Ouest-France, le président Emmanuel Macron affirme que la France fournit des missiles antichars Milan ainsi que des canons Caesar à l'Ukraine pour l'aider à faire face à l'invasion russe. Jusqu'ici, Paris s'était gardé de préciser les types d'armements livrés à Kiev, concédant juste mi-avril « 100 millions d'euros de dons de matériels déjà effectués » et annonçant la fourniture de « capacités militaires complémentaires ».

« Nous livrons (...) des équipements conséquents, des Milan aux Caesar en passant par plusieurs types d'armements », a affirmé le président français au quotidien qui l'interrogeait sur la fourniture d'armes lourdes par l'Europe à l'Ukraine. « Je pense qu'il faut continuer sur ce chemin. Avec toujours une ligne rouge qui est de ne pas entrer dans la cobelligérance », a-t-il ajouté.

10h38 : Le Royaume-Uni va rouvrir son ambassade à Kiev « la semaine prochaine »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson annnonce la réouverture « la semaine prochaine » de l'ambassade du Royaume-Uni à Kiev, qui avait été fermée en raison de l'invasion russe de l'Ukraine. « Je peux annoncer aujourd'hui que nous allons rouvrir très prochainement, la semaine prochaine, notre ambassade dans la capitale ukrainienne », a déclaré Boris Johnson lors d'une conférence de presse concluant sa visite en Inde.

10h19 : Le géant suédois des roulements à billes SKF va quitter la Russie

Le géant suédois SKF, spécialiste des roulements à billes, a annoncé vendredi qu'il allait cesser ses activités en Russie, venant compléter la liste des groupes occidentaux qui tournent le dos à Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine.

La guerre a sévèrement affecté nos opérations tant en Russie qu'en Ukraine et « nous sommes arrivés à la conclusion qu'il était impossible pour nous de continuer nos activités en Russie », a affirmé dans un communiqué le patron de SKF Rickard Gustafson. « Nous avons décidé de mettre fin à toutes les activités, engagements et investissements en Russie », avec l'objectif de « sécuriser le futur de nos collègues », a-t-il ajouté en précisant que les ventes du groupe en Russie représentaient 2% du chiffre d'affaires en 2021.

Selon la liste mise à jour une équipe de l'université américaine de Yale, à ce jour plus de 750 entreprises ont amorcé ou achevé leur retrait de Russie, parmi lesquelles Coca-Cola, Ikea, Goldman Sachs et McDonald's.

► À écouter aussi : [Géopolitique, le Débat] Rester ou partir de Russie, les entreprises face à la guerre

10h05 : L'Église orthodoxe ukrainienne relevant de Moscou propose une procession pascale vers Marioupol

L'Église orthodoxe ukrainienne relevant du patriarcat de Moscou a proposé d'organiser une procession pascale vers la ville assiégée de Marioupol afin d'y évacuer des civils et militaires blessés. L'Église « est prête à organiser une procession depuis Orikhiv, dans la région de Zaporijjia, vers l'usine Azovstal de Marioupol afin d'apporter une aide d'urgence et évacuer les civils. Cette procession pourrait également contribuer à évacuer les militaires blessés et récupérer les corps », a déclaré le métropolite Onoufriï, chef de l'Église orthodoxe ukrainienne relevant du Patriarcat de Moscou, dans un communiqué sur le site de l'Église.

« Nous nous adressons à qui de droit et nous demandons d'assurer un cessez-le-feu à Marioupol et ses banlieues ainsi qu'un couloir humanitaire pour ladite procession de prière du Vendredi Saint, le 22 avril, à Pâques », célébrée par les orthodoxes le 24 avril.

08h52 : Un mort et deux blessés dans le crash d'un avion de transport de troupes ukrainien

Un avion de transport de troupes ukrainien An-26 s'est écrasé jeudi lors d'un « vol technique » dans la région de Zaporijié, dans le sud-est de l'Ukraine, faisant un mort et deux blessés selon l'administration régionale. « Aujourd'hui à 9h (6h TU), un An-26 qui appartenait à l'Ukraine s'est écrasé dans le district de Mikhaïlivka. L'avion effectuait un vol technique », a annoncé sur Telegram l'administration régionale de Zaporijjia, grande ville proche de la ligne de front avec les troupes russes. « On sait maintenant qu'il y a un mort et deux blessés », poursuit le communiqué, qui précise que « selon des informations préliminaires et encore non confirmées, l'avion a heurté un pylône électrique ».

09h34 : L’ONU accuse l’armée russe d’actions « pouvant relever des crimes de guerre »

Durant une mission le 9 avril, le Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU a documenté le « meurtre » de cinquante civils, dont certains ont fait l’objet d’une « exécution sommaire », dans la ville de Boutcha, en banlieue ouest de Kiev, a affirmé la porte-parole Ravina Shamdasani, vendredi, lors d’un briefing des Nations unies à Genève.

Elle a évoqué des actes commis par l'armée russe « pouvant relever des crimes de guerre » en Ukraine depuis l'invasion du 24 février, y compris des bombardements indiscriminés tuant des civils et détruisant écoles et hôpitaux. « Les forces armées russes ont bombardé et pilonné de manière indiscriminée des zones peuplées, tuant des civils et détruisant des hôpitaux, des écoles et d'autres infrastructures civiles, autant d'actions pouvant relever des crimes de guerre », a déclaré Ravina Shamdasani, lors d'un briefing régulier de l'ONU à Genève.

« Lors de ses huit dernière semaines, le droit humanitaire international n'a pas seulement été ignoré mais il a tout simplement été jeté par dessus bord », a déclaré Michelle Bachelet, la Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU.

« C'est à une Cour de justice de déterminer in fine si c'est la cas mais il y a de plus en plus de preuves que des crimes de guerre sont commis », a souligné Ravina Shamdasani.

« Ce que nous avons vu à Kramatorsk, dans la zone contrôlée par le gouvernement le 8 avril, quand des sous-munitions ont frappé la gare, tuant 60 civils et en blessant 111 autres, est emblématique de l'incapacité à adhérer au principe de distinction (entre civils et militaires), l'interdiction de mener des attaques indiscriminées et le principe de précaution qui est inscrit dans le droit humanitaire international », a déclaré Mme Bachelet, accusant indirectement la Russie.

Si Mme Shmadasani n'a pas exclu que la partie ukrainienne ait également violé le droit humanitaire à certaines occasions, « la très large majorité de ces violations, et de très loin, de ces violations sont attribuables aux forces russes », a-t-elle insisté.

09h05 : Des images satellite révèlent l'existence d'un de fosses communes près de Marioupol

De récentes images satellite publiées par la société américaine Maxar Technologies montrent, selon la compagnie, « l'existence d'un site de fosses communes dans le nord-ouest de Manhush », un village à 20 kilomètres à l'ouest de Marioupol

Dans ce seul village, « les occupants auraient enterré entre 3 000 et 9 000 résidents », a affirmé sur Telegram la mairie de Marioupol. « Ils creusent des trous de trente mètres et amènent les corps de nos résidents de Marioupol dans des camions », a affirmé le maire de la ville, Vadym Boychenko, lors d'un point de presse retransmis sur YouTube. Il a estimé que les bombardements russes avaient fait au moins 20 000 morts à Marioupol depuis le début du siège.

08h40 : L’armée russe veut prendre le « contrôle total du Donbass et du sud de l’Ukraine »

La Russie vise le contrôle total du sud de l'Ukraine et de la région du Donbass pour disposer d'un pont terrestre vers la Crimée annexée par Moscou, a indiqué vendredi un général et haut responsable de l'armée russe. « Depuis le début de la deuxième phase de l'opération spéciale, phase qui a commencé il y a deux jours, l'un des objectifs de l'armée russe est d'établir un contrôle total sur le Donbass et le sud de l'Ukraine. Cela permettra d'assurer un couloir terrestre vers la Crimée, ainsi que de peser sur des infrastructures vitales de l'économie ukrainienne », a déclaré le général Roustam Minnekaïev, commandant adjoint des forces du district militaire du Centre de la Russie, cité par les agences de presse russes.

08h24 : Des militaires ukrainiens formés au Royaume-Uni, selon Boris Johnson

Des militaires ukrainiens sont formés au Royaume-Uni à l'utilisation des véhicules blindés que Londres va fournir à l'Ukraine pour contrer l'invasion russe, a indiqué le Premier ministre britannique Boris Johnson. « Je peux dire que nous formons actuellement des Ukrainiens en Pologne à utiliser les défenses anti-aériennes, et en fait dans ce pays [au Royaume-Uni, NDLR] à utiliser les véhicules blindés », a-t-il dit aux médias britanniques l'accompagnant dans sa visite en Inde.

Selon le porte-parole du dirigeant conservateur, cité jeudi soir par ces médias, « deux douzaines » de militaires ukrainiens se trouvent actuellement au Royaume-Uni dans ce cadre. « Nous agissons de concert avec nos alliés pour fournir de nouveaux types d'équipement pour lesquels les Ukrainiens n'ont peut-être pas d'expérience. Il est donc raisonnable qu'ils reçoivent la formation requise pour pouvoir en faire le meilleur usage », a-t-il poursuivi. « Nous travaillons simplement ensemble avec nos alliés pour donner à l'Ukraine les outils pour se défendre », a-t-il ajouté, minimisant les inquiétudes que cette initiative puisse être perçue par le pouvoir russe comme une escalade.

Lors d'une visite le 9 avril à Kiev, où il a rencontré le président Volodymyr Zelensky, Boris Johnson s'était engagé à fournir à l'Ukraine 120 véhicules blindés et des nouveaux systèmes de missiles antinavires dans le cadre d'une aide militaire britannique comprenant aussi plus de 10 000 missiles antichars.

07h54 : « Elle m’a dit qu’elle avait été comme une prisonnière, dans un sous-sol »

De plus en plus de cas de viols et de tortures font surface en Ukraine, la plupart du temps perpétrés par les forces russes sur des civils ukrainiens dans des zones occupées. Depuis le retrait des troupes, des centaines de cas ont déjà été répertoriés, selon le président Volodymyr Zelensky. Nos envoyés spéciaux Clea Broadhurst et Jad El Khoury, ont recueilli plusieurs témoignages.

Les soldats russes l’ont violée tous les jours, ils étaient nombreux. Et lorsqu’elle s’évanouissait, ils lui jetaient de l’eau froide sur son visage et continuaient à la violer. Les soldats lui ont dit qu’elle ne donnerait pas naissance à un bébé ukrainien, car après ça, elle ne voudra plus jamais coucher avec un homme.

07h32 : Médias allemands recrutent journalistes ukrainiens

Plusieurs initiatives de médias allemands ont vu le jour depuis le déclenchement de l'offensive russe le 24 février. La chaîne de télévision RTL propose ainsi une émission quotidienne en ukrainien destinée aux plus de 300 000 réfugiés arrivés en Allemagne, animée par l'une des stars de la télévision ukrainienne, Karolina Ashion, désormais installée à Cologne.

À Greifswald, dans le nord-est de l’Allemagne, la publication Katapult, spécialisée dans les sciences sociales, accueille la journaliste ukrainienne Roksana Panashchuk qui coordonne une équipe de jeunes rédacteurs ukrainiens présents sur le terrain dans le pays en guerre ou réfugiés comme elle. « Nous voulons combattre les fausses informations en livrant les faits sur le terrain avec des sources fiables », explique à l’Agence France-presse (AFP) Roksana Panashchuk, originaire d’Odessa. Depuis le début de cette guerre, Katapult, qui comptait jusqu'ici 50 collaborateurs, a embauché une vingtaine de journalistes ukrainiens.

À Berlin, le quotidien Tagesspiegel a lui aussi décidé d'ouvrir ses portes à des journalistes ukrainiens et russes en fuite en leur offrant un espace de travail et un émolument mensuel.

07h08 : « Nous effectuons des opérations d'évacuation tous les jours », affirme Serghiy Gaida, le gouverneur de la région de Louhansk

06h51 : Sur la route à travers les « villes fantômes » entre Kramatorsk et Sievierodonetsk

Dans la région de Louhansk, l’armée russe n’est plus qu’à quelques kilomètres de la ville de Sievierodonetsk, où nos envoyés spéciaux Clea Broadhurst et Jad El Khoury se sont rendus jeudi. Entre Kramatorsk, dans le Donbass et Sievierodonetsk, cette cité dans la région de Louhansk qui se trouve presque encerclée par les forces russes, toutes les villes sont désertes, rapportent-ils. Ce sont devenues des villes fantômes.

Peu avant d’atteindre Sievierodonetsk, il faut passer par Lyssytchansk. Cette ville porte les cicatrices des frappes russes, son marché a été détruit il y a quelques jours à peine. Il n’y a plus que trois ponts qui la relie à sa voisine Sievierodonetsk. Là-bas, racontent-ils, ils ont rencontré le gouverneur de Louhansk qui leur a expliqué que 90% de la population avait fui. Dans cette ville délabrée, les immeubles sont éventrés. On peut voir les stigmates des bombardements à tous les coins de rue et le son des frappes continue de retentir. Les autorités locales disent que depuis le début de la semaine, les frappes russes étaient de plus en plus nombreuses, de plus en plus rapprochées.

Policiers et pompiers ont endossé de nouveaux rôles, ils distribuent l’aide alimentaire, ils participent aux évacuations de civils. Ceux qui ont décidé de rester, car il leur paraît impensable de quitter leur ville natale, vivent réfugiés dans des bunkers. Le plus grand, un bunker nucléaire, abrite des dizaines de familles. Leur vie est organisée, cela fait pour la plupart près de deux mois qu’ils vivent là. Ils craignent bien entendu l’arrivée imminente des Russes.

06h31 : Aucun couloir d'évacuation ce vendredi

Aucun couloir d'évacuation de civils n'a pu être organisé ce vendredi en Ukraine, a déclaré une responsable du gouvernement ukrainien, jugeant la situation « dangereuse » sur les routes. « En raison du danger menaçant nos itinéraires, il n'y aura pas de couloirs humanitaires aujourd'hui », a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk sur Telegram.

Jeudi, trois bus d'évacués du port assiégé de Marioupol étaient arrivés à Zaporijié, grande ville du sud-est, avait constaté l'AFP. Des femmes et des enfants étaient dans ces bus, acheminés à travers des territoires sous contrôle russe à la faveur de l'ouverture d'un couloir humanitaire d'évacuation après plusieurs jours durant lesquels il avait été impossible de les emprunter en raison des combats.

Iryna Verechtchouk, présente à l'arrivée des bus, avait déclaré que le nombre de personnes évacuées était inférieur à celui espéré en raison de difficultés logistiques. « Seules 79 personnes ont pu arriver. Il n'y avait pas de couloir "vert" », a-t-elle déploré, ajoutant que « beaucoup de gens ont été "volés" par les Russes ».

06h05 : La prise annoncée de Marioupol va-t-elle permettre aux forces russes de se renforcer à l'est ?

« La décision de M. Poutine de bloquer l'usine sidérurgique Azovstal témoigne probablement d'une volonté de contenir la résistance ukrainienne à Marioupol et de libérer des forces russes qui pourront être déployées ailleurs dans l'est de l'Ukraine », estime le ministère de la Défense britannique dans son point quotidien. « Un assaut terrestre complet de la Russie contre l'usine entraînerait probablement des pertes importantes pour les Russes, ce qui réduirait encore leur efficacité globale au combat », estime le ministère.

Jeudi, Vladimir Poutine a annoncé avoir « libéré » la ville portuaire assiégée et bombardée depuis une cinquantaine de jours. Et avoir renoncé à donner l'assaut sur l'usine Azovstal où sont toujours retranchés les derniers défenseurs ukrainiens.

Mais le think tank américain Institute for the study of war (ISW) n'a pas la même analyse. Dans son rapport quotidien, l'ISW estime que l'annonce de la prise de Marioupol « ne permettra probablement pas le déploiement d'une puissance de combat significative pour renforcer les opérations offensives dans l'est de l'Ukraine dans les jours ou les semaines à venir ». Il considère en effet que les forces russes ont subi de « lourdes pertes » dans la bataille de Marioupol et que les équipements ont été fortement endommagés. Sans compter que, pour l'heure, une partie de ces forces devrait rester mobilisée pour assurer le siège du gigantesque complexe d'Azovstal.

05h41 : À Odessa, civils et industriels se mobilisent pour fabriquer des gilets pare-balles

Alors que les autorités ukrainiennes se préparent à une guerre de longue durée, les bénévoles mobilisés depuis le début du conflit, main dans la main avec les industriels locaux privés d'activité portuaire, ont lancé une production locale de gilets pare-balles. Le reportage de nos envoyées spéciales Oriane Verdier et Aabla Jounaidi est à lire et à écouter ici.

05h29 : La Banque mondiale estime à 60 milliards de dollars les dommages causés à l'Ukraine

Selon une première estimation de la Banque mondiale, les dommages matériels causés aux bâtiments et aux infrastructures de l'Ukraine par la guerre se chiffrent à environ 60 milliards de dollars. Cette estimation ne tient pas compte des coûts économiques croissants de la guerre. Ce montant continuera d'augmenter à mesure que la guerre se poursuit, a déclaré le président de la Banque mondiale, David Malpass, lors d'une conférence jeudi.

Dans son discours virtuel à la conférence, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également déclaré que le pays avait besoin d'un montant estimé à 7 milliards de dollars par mois pour compenser ses pertes économiques maintenant et « des centaines de milliards de dollars pour reconstruire tout cela plus tard ».

05h09 : Trois bus d'évacuation partis de Marioupol sont arrivés à Zaporijié

Trois bus d'évacuation de civils partis du port de Marioupol sont arrivés jeudi à Zaporijié, une grande ville du sud-est de l'Ukraine, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée de la « république » séparatiste de Donetsk a affirmé que 127 civils vivant dans un quartier près de l'usine Azovstal avaient été évacués mercredi, via ces couloirs humanitaires.

Les responsables ukrainiens affirment avoir voulu évacuer beaucoup plus de civils de Marioupol, mais accusent les forces russes d'avoir ciblé une route utilisée par des personnes fuyant les combats. « Nous nous excusons auprès des habitants de Marioupol qui ont attendu l'évacuation aujourd'hui sans résultat », a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk sur Telegram. « Les bombardements ont commencé près du point de collecte, ce qui a obligé le couloir à fermer. Chers habitants de Marioupol, sachez que tant que nous aurons au moins une possibilité, nous ne renoncerons pas à essayer de vous sortir de là ! Tenez bon ! »

04h50 : Kiev accuse la Russie de préparer un faux référendum à Kherson et Zaporijé

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky accuse la Russie de chercher à organiser un faux référendum d'indépendance dans les régions de Kherson et Zaporijié qu'elle occupe dans le sud du pays.

Dans un message vidéo jeudi soir, Volodymyr Zelensky a demandé aux habitants des zones sous occupation de ne fournir aucune donnée personnelle, comme leurs numéros de passeport, que leur réclameraient les forces russes. « Ce n'est pas juste pour mener un recensement. (...) Ce n'est pas pour vous donner de l'aide humanitaire d'aucune sorte. C'est en fait pour falsifier un soi-disant référendum sur votre terre, si l'ordre d'organiser cette comédie arrive de Moscou », a averti le président ukrainien.

L'Ukraine avait déjà accusé, début mars, la Russie de chercher à mettre en scène à Kherson un « référendum » à l'image de celui qui, en 2014, avait scellé l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie, et qui est considéré comme illégal par Kiev et par les Occidentaux. Dans l'est de l'Ukraine, les territoires séparatistes pro-russes de Donetsk et Louhansk ont pour leur part proclamé leur indépendance, en tant que « républiques populaires », à l'issue de référendums également jugés nuls et non avenus par la communauté internationale.

« Il n'y aura pas de République populaire de Kherson. Si quelqu'un veut une nouvelle annexion, des sanctions plus puissantes frapperont la Russie », a menacé Volodymyr Zelensky. Kherson est la première grande ville dont se sont emparé les forces russes après leur invasion de l'Ukraine lancée le 24 février.

04h30 : Les États-Unis annoncent une nouvelle aide militaire de 800 millions de dollars à l'Ukraine

Les États-Unis augmentent encore leur soutien à l’Ukraine face à l’agression russe. Joe Biden annonce de nouvelles tranches d’aide militaire et financière ainsi que des mesures pour l’accueil de réfugiés ukrainiens. Cette nouvelle tranche de 800 millions de dollars porte à plus de 4 milliards de dollars l'aide à l'Ukraine depuis le début du mandat de Joe Biden.

► Notre article à lire ici.

04h15 : Marioupol « continue de résister », selon le président Volodymyr Zelensky

Jeudi, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les forces russes avaient « libéré » Marioupol, ordonnant d'assiéger les derniers combattants ukrainiens plutôt que de donner l'assaut sur le site industriel d'Azovstal où ils sont retranchés. Volodymyr Zelensky ne s'est pas déclaré vaincu, assurant que la bataille était toujours en cours. « Ils ne peuvent que retarder l'inévitable – le moment où les envahisseurs devront quitter notre territoire, en particulier Marioupol, une ville qui continue de résister à la Russie, malgré tout ce que disent les occupants », a-t-il dit dans une allocution vidéo.

« Il n'y a pas un seul bâtiment non endommagé à Marioupol. Une ville littéralement brûlée », s'est-il déjà indigné jeudi dans un discours prononcé devant le Parlement du Portugal. « Pendant plus d'un mois, les troupes russes ont assiégé Marioupol (...) Des centaines de milliers de civils étaient (coincés) là, sans nourriture, sans eau, sans médicaments. Sous des bombardements constants », a-t-il relaté.

La chute totale de Marioupol, un grand port industriel sur la mer d'Azov devenu ville martyre et champ de ruines après bientôt deux mois de pilonnage et de siège russes, constituerait une victoire importante pour Moscou, qui cherche à créer un pont terrestre reliant la Crimée annexée en 2014 avec les zones séparatistes pro-russes dans la région du Donbass.

04h00 : Bonjour et bienvenue dans ce direct

RFI vous accompagne jusqu'à 2h00 TU. Vous pouvez retrouver le live d'hier ici.

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