[EN DIRECT] L'Ukraine enquête sur «plus de 8 000 cas» présumés de crimes de guerre

Au 64e jour de l'invasion russe en Ukraine ce 28 avril, la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova a déclaré que « plus de 8 000 cas » présumés de crimes de guerre depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

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Les points essentiels :

► Dix soldats russes ont été mis en examen jeudi pour des crimes présumés commis à Boutcha, près de Kiev, déclare le procureur général d'Ukraine sur son compte Telegram.

► La coordinatrice de l'ONU en Ukraine annonce jeudi qu'elle partait dans le sud du pays préparer une tentative d'évacuation de la ville de Marioupol, presque entièrement contrôlée par les forces russes. « Je vais à Zaporijjia pour préparer l'évacuation espérée de Marioupol », indique Osnat Lubrani.

► Après un déplacement à Moscou, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est arrivé à Kiev mercredi 27 avril. Il s'est rendu ce jeudi matin à Borodianka, et à Boutcha, théâtres d'exactions pendant l'occupation russe en mars. Il a appelé Moscou à « accepter de coopérer » avec l'enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes de guerre perpétrés en Ukraine.

► Les députés allemands ont voté jeudi à une large majorité une motion demandant à leur leur gouvernement, jusqu'ici prudent sur la question, d'accélérer les livraisons d'armes lourdes à l'Ukraine. Selon la cheffe du groupe parlementaire des Verts, Britta Hasselmann, l'Ukraine a un « droit illimité à l'autodéfense ».

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16h44 : « Témoigner de la guerre en Ukraine, c'est gagner en humilité »

Journaliste au service international de RFI, Clea Broadhurst rentre tout juste d'une deuxième mission de reportage en Ukraine. De Kiev, la capitale, au cœur du Donbass, accompagnée de Jad El Khoury, ingénieur du son, elle a parcouru le pays durant quinze jours.

Pour Témoins d'actu, elle raconte la guerre qui se poursuit dans le Donbass et la multiplication des récits d'exactions commises sur des civils par des soldats russes.

En les écoutant, on gagne en humilité et notre métier, c'est de faire passer leurs messages. C'était important pour moi de retourner en Ukraine pour continuer de témoigner de ce qui se passe aujourd'hui dans ce pays.

► Écoutez le témoignage de Clea Broadhurst, journaliste à RFI

16h28 : Les menaces russes d'un recours à l'arme nucléaire sont « irresponsables », juge Joe Biden

Les menaces de Vladimir Poutine d'un recours à l'arme nucléaire sont « irresponsables » et illustrent le « sentiment de désespoir » de la Russie face à la tournure prise par son offensive en Ukraine, estime jeudi Joe Biden.

« Personne ne devrait faire des commentaires en l'air sur l'utilisation d'armes nucléaires ou la possibilité d'y recourir, c'est irresponsable », déclare le président américain. « Cela montre le sentiment de désespoir ressenti par la Russie confrontée à son misérable échec au regard de ses objectifs initiaux. »

Le président américain assure également que les États-Unis ne peuvent pas « rester à l'écart » du conflit en Ukraine malgré le coût de leur aide militaire à Kiev face aux « atrocités et à l'agression » de la Russie. Les États-Unis « n'attaquent pas » la Russie mais « aident l'Ukraine à se défendre contre l'agression russe », en ayant déjà livré 10 armes anti-char pour chaque blindé russe, affirme-t-il lors d'une allocution à la Maison Blanche.

15h55 : La justice ukrainienne dit avoir identifié « plus de 8 000 cas » de crimes de guerre présumés

Les enquêteurs ukrainiens ont identifié « plus de 8 000 cas » présumés de crimes de guerre depuis le début de l'invasion russe, selon la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova. « Nous avons maintenant plus de 8 000 cas », affirme-t-elle dans un entretien avec le média allemand Deutsche Welle ce jeudi. 8 600 affaires concernent uniquement les crimes de guerre et de plus de 4 000 affaires sont liées aux crimes de guerre précise-t-elle.

Selon la magistrate, ces crimes présumés comprennent « le meurtre de civils, le bombardement d'infrastructures civiles, les tortures » ainsi que des « crimes sexuels » signalés dans le « territoire occupé de l'Ukraine ». Les procureurs enquêtent également sur « l'utilisation d'armes interdites », ajoute-t-elle.

► À lire aussi : Guerre en Ukraine: à Boutcha, des enquêtes pour documenter les possibles crimes de guerre

15h51 : Les gendarmes français chargés d'enquêter sur des crimes de guerre imputés aux forces russes

Depuis deux semaines, les 18 experts de l’Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale (IRCGN) parcourent le territoire ukrainien pour identifier les corps découverts, déterminer les causes des décès et les remettre aux familles. Ils disposent notamment de compétences reconnues en balistique, explosifs, prélèvement et traitement ADN, et empreintes digitales. L’équipe restera sur le terrain de la guerre pour une « durée indéterminée » explique le colonel Franck Marescal, directeur de l'IRCGN, au micro de Florent Guignard.

► À écouter : Gendarmes français en Ukraine: «On répond à des questions précises avec des méthodes scientifiques»

15h36 : L'UE a versé à la Pologne plus d'un demi-milliard d'euros pour soutenir la prise en charge de réfugiés

La Pologne, pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés ukrainiens, a reçu quelque 560 millions d'euros de fonds européens pour aider à leur prise en charge, selon un communiqué de la Commission publié jeudi.

L'exécutif européen a versé au total 3,5 milliards d'euros aux 27 États membres pour l'accueil des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine. Selon la répartition publiée par Bruxelles, la Pologne a touché 562 millions d'euros, suivie par l'Italie (452 millions d'euros), la Roumanie (450 millions), l'Espagne (434 millions). La France a quant à elle reçu 123 millions d'euros.

Ces pré-financements doivent aider les États membres à subvenir aux besoins des réfugiés ukrainiens en matière d'alimentation, de logement, de santé, d'éducation, d'accès à un emploi, selon la Commission européenne.

► À écouter : Les enfants ukrainiens réfugiés en Pologne

15h17 : Nouvel échange de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine

La vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Vereshchuk affirme sur sa chaîne Telegram que l'Ukraine a récupéré 45 personnes dont 33 militaires dans un échange de prisonniers de guerre ce jeudi. Cinq d'entre eux sont blessés, précise-t-elle.

« Nous ramenons également 12 civils à la maison », ajoute Iryna Vereshchuk, qui ne précise pas combien de Russes ont été rendus à la Russie en échange.

15h01 : Un Britannique tué en Ukraine, un autre disparu

Un Britannique a été tué en Ukraine et un deuxième est porté disparu, selon le ministère britannique des Affaires étrangères. « Nous pouvons confirmer qu'un ressortissant britannique a été tué en Ukraine et nous soutenons sa famille », déclare ce jeudi un porte-parole du ministère .

« Nous sommes au courant qu'un ressortissant britannique est porté disparu en Ukraine... nous recherchons de toute urgence des informations supplémentaires », ajoute-t-il.

14h58 : L'Allemagne accélère ses livraisons d'armes à l'Ukraine

Les députés allemands ont voté jeudi à une large majorité une motion demandant à leur leur gouvernement, jusqu'ici prudent sur la question, d'accélérer les livraisons d'armes lourdes à l'Ukraine.

Intitulée « Défendre la paix et la liberté en Europe - Soutien global à l'Ukraine », la motion a été défendue par les groupes parlementaires des trois partis au pouvoir - sociaux-démocrates, écologistes et libéraux - ainsi que par l'opposition conservatrice.

Selon la cheffe du groupe parlementaire des Verts, Britta Hasselmann, l'Ukraine a un « droit illimité à l'autodéfense ». Les députés souhaitent que les futures armes livrées par l'Allemagne restent principalement « de type soviétique ou russe », permettant d'être « utilisées immédiatement ».

S'exprimant depuis le Japon, où il effectue une visite officielle, le chancelier allemand qualifie la volonté de l'Allemagne de livrer des armes lourdes de « décision de grande portée ». Olaf Scholtz ajoute qu'une armee allemande forte est nécessaire comme moyen de dissuasion contre une attaque russe et critique le president russe Vladimir Poutine, qui s'accroche selon lui à l'idée « d'une paix forcée » en Ukraine.

« Nous continuerons à évaluer la situation en permanence », assure le chancelier, qui, après avoir refusé pendant des semaines des livraisons d'armes lourdes à Kiev par crainte d'un risque d'engrenage, a fini cette semaine par faire volte-face.

► À lire aussi : Berlin autorise la livraison de blindés à l'Ukraine, un tournant dans la politique allemande

14h35 : Biden va demander au Congrès 33 milliards de dollars dont 20 milliards pour des armes

Le président américain Joe Biden va demander au Congrès de débloquer 33 milliards de dollars supplémentaires pour répondre à la guerre en Ukraine, dont 20 milliards en aide militaire, indique jeudi un haut responsable américain.

Cette énorme « assistance militaire et sécuritaire » équivaut à « des armes et des munitions allant au peuple ukrainien », ajoute-t-il.

14h27 : Les céréales ukrainiennes pourront être exportées par le port bulgare de Varna

L'Ukraine et la Bulgarie sont parvenues à un accord sur le transport des céréales ukrainiennes via le port bulgare de Varna, déclare Volodymyr Zelenskiy à l'issue de ses entretiens jeudi avec le Premier ministre bulgare Kiril Petkov.

« La Bulgarie sera plus qu'heureuse de faire de Varna une plateforme logistique pour les céréales et les tournesols et de distribuer toutes les céréales que vous ne pouvez pas acheminer par vos ports », déclare Kiril Petkov lors d'une conférence de presse conjointe à Kiev.

Le président ukrainien n'a pas donné de calendrier et n'a fourni aucun détail sur les volumes de céréales qui seront exportés par la Bulgarie.

14h16: Le casse-tête européen: comment se libérer de la dépendance à l’énergie russe

La Grèce prévoit de doubler sa production de charbon. Les centrales de lignites -une roche très polluante- ne fermeront pas l'année prochaine, comme initialement prévu, leur capacité de production va se renforcer jusqu’en 2028. L'objectif : réduire la dépendance d'Athènes au gaz russe et de contrer la hausse des prix de l'énergie.

Depuis mercredi, la Pologne et la Bulgarie, dépendante à 90 % de la Russie, doivent faire sans gaz russe. Une situation dans laquelle pourrait bientôt se retrouver la Serbie. L'approvisonnement de Belgrade, dont la balance énergétique est composée à 89% du gaz russe, pourrait être menacé. La Croatie voisine, son principal fournisseur, prévoit de couper le robinet si la guerre en Ukraine se prolonge.

L'Espagne fait partie des rares pays européens avec le Royaume-Uni à ne pas être dépendant de l'énergie russe. Madrid se fournissant principalement en gaz venu d'Algérie et des États-Unis. Mais face à la dépendance du reste de l'Europe et depuis le début de la guerre en Ukraine, la péninsule ibérique tente de relancer un projet très coûteux de gazoduc qui relierait la France à l'Espagne par les Pyrénées pour acheminer du gaz algérien vers toute l'Europe.

Réécoutez Accents d'Europe : Le casse-tête européen: comment se libérer de la dépendance à l’énergie russe

13h59 : L'Otan prête à aider l'Ukraine pendant des années, affirme Stoltenberg

L'Otan est disposée à soutenir l'Ukraine pendant des années, y compris en l'aidant à remplacer son matériel de l'ère soviétique par des systèmes d'armement occidentaux modernes, déclare ce jeudi Jens Stoltenberg.

Le secrétaire général de l'Alliance atlantique a pris cet engagement au lendemain d'une mise en garde du Kremlin sur les livraisons d'armes lourdes à l'Ukraine, qui constituent, selon Moscou, une menace pour la stabilité et la sécurité de l'Europe.

« Nous devons nous préparer pour le long terme », affirme Jens Stoltenberg, selon qui « Il est tout à fait possible que cette guerre dure des mois ou des années. »

13h48 : L'offensive russe dans l'est de l'Ukraine s'accèlere

Contrainte de se regrouper après avoir échoué à prendre la capitale Kiev, la Russie s'est tournée vers le cœur industriel vital de l'Est, où les combats s'intensifient. L'armée ukrainienne déclare que plusieurs zones du Donbass ont été soumises à des tirs intenses au cours de la journée écoulée. Des images satellites montrent de nouveaux dégâts liés aux bombardements russes sur le site d'Azovstal, la dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol.

13h05 : Dix soldats russes inculpés pour des crimes présumés à Boutcha

Dix soldats russes ont été mis en examen jeudi pour des crimes présumés commis à Boutcha, près de Kiev, déclare le procureur général d'Ukraine sur son compte Telegram.

« Dix soldats de la 64e brigade de fusiliers motorisés russe ont été mis en examen, en lien avec le traitement cruel de civils et d'autres violations de la loi et des coutumes de la guerre », indique le procureur.

Selon l'enquête, les militaires russes ont, pendant leur occupation de Boutcha en mars, « pris en otage des civils qui ne participaient pas aux hostilités et n'étaient pas armés. Les occupants ne leur ont donné ni à manger ni à boire », détaille le procureur.

« Les suspects les ont faits se mettre à genoux, leur ont bandé les yeux avec du tissu et du papier autocollant, leur ont lié les mains avec des attaches plastiques, et ont menacés de les tuer en tirant délibérément dans leur direction », poursuit-il.

« Pour obtenir des informations sur la localisation des soldats ukrainiens, et dans un cas sans justification, les militaires russes ont infligé des blessures aux civils. Ils ont reçu des coups de poings, des coups de crosse aux jambes, aux orteils et au torse. Les occupants ont aussi pillé la population locale, s'emparant de leurs affaires personnelles et leur équipement ménager », énumére le procureur général d'Ukraine.

► À lire aussi : Guerre en Ukraine: à Boutcha, des enquêtes pour documenter les possibles crimes de guerre

12h30 : Joe Biden propose de transférer à l'Ukraine des avoirs russes saisis

La Maison Blanche a proposé jeudi d'utiliser les avoirs saisis auprès d'oligarques russes pour compenser les dégâts subis par l'Ukraine lors de son invasion par la Russie. La liquidation de ces avoirs « kleptocratiques » permettrait d'en transférer le produit à Kiev « pour compenser le préjudice (causé à l'Ukraine) par l'agression russe », précise l'exécutif américain dans un communiqué.

12h10 : Erdogan « prêt à prendre l'initiative pour mettre fin à la guerre »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait part jeudi à son homologue russe Vladimir Poutine de sa disposition à « prendre l'initiative » pour mettre fin à la guerre en Ukraine, au lendemain d'un échange de prisonniers entre Washington et Moscou sur le sol turc. Lors d'un entretien téléphonique, M. Erdogan s'est dit « prêt à prendre l'initiative pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine et à servir de médiateur sur la voie de la paix », a précisé la présidence turque dans un communiqué. M. Erdogan « a exprimé sa volonté d'établir une paix durable dans la région dès que possible en accentuant l'élan pris durant les pourparlers d'Istanbul », selon la présidence. La présidence turque a ajouté que M. Poutine avait « remercié » M. Erdogan pour l'échange de prisonniers entre Washington et Moscou annoncé mercredi et qui « a eu lieu en Turquie sous la coordination et la supervision » des services de renseignement turcs (MIT).

11h45 : L'Europe doit être « plus forte » et trouver des « alternatives » au gaz russe

L'Europe doit être « plus forte » et trouver des « alternatives » pour ne plus utiliser le gaz russe, a déclaré jeudi depuis l'Ukraine le Premier ministre bulgare, dont le pays s'est vu mercredi privé de livraisons de gaz par Moscou. « Il y a quelques mois, nous n'aurions jamais prévu d'être sans gaz russe, mais maintenant, nous avons des alternatives », a déclaré Kiril Petkov, depuis Irpin, banlieue de Kiev dévastée par l'occupation russe en mars. « Si la Bulgarie a une alternative, tout le monde en Europe doit pouvoir faire de même. Nous devons être plus forts, nous devons être fermes », a-t-il ajouté.

11h15: Dans le Donbass ukrainien, il y a ceux qui « espèrent » l'arrivée des Russes

Par conviction identitaire, nostalgie de l'ère soviétique ou pour en finir au plus vite avec la guerre, une partie des habitants du Donbass ukrainien ne voient pas d'un mauvais œil la progression des troupes russes dans leur région, quand ils ne la soutiennent pas ouvertement. « Nous sommes ukrainiens administrativement, mais le Donbass, ce n'est pas l'Ukraine, les Ukrainiens, ce sont eux les étrangers, pas les Russes », souffle, à l'écart du marché de Lyssytchansk, Olena, qui a demandé à ce que son prénom soit modifié de peur que ses propos lui valent « la prison ». Cette région de l'est de l'Ukraine grande comme presque deux fois la Belgique, que la Russie affirme vouloir « libérer » du joug de « néonazis » russophobes au pouvoir selon elle à Kiev, est au cœur d'un conflit sanglant depuis 2014, lorsque des séparatistes prorusses, soutenus militairement par le Kremlin, ont pris le contrôle d'une partie de ce bassin minier majoritairement russophone.

10h20 : Kiev a « le droit » de frapper des cibles militaires russes

L'Ukraine a « le droit » de frapper des cibles militaires russes, a affirmé jeudi un conseiller de la présidence ukrainienne, laissant entendre que Kiev pourrait procéder à des frappes sur le territoire russe. « La Russie attaque l'Ukraine et tue les civils. L'Ukraine se défendra par tous les moyens, y compris avec des frappes sur des entrepôts et des bases des assassins russes. Le monde reconnaît ce droit », a écrit sur son compte Twitter Mykhaïlo Podoliak.

La Russie a accusé à plusieurs reprises ces dernières semaines les forces ukrainiennes d'avoir effectué des frappes sur le sol russe, notamment sur deux villages dans la région frontalière de Belgorod et un village de la région de Briansk mi-avril, sans que Kiev ne confirme. Début avril, le gouverneur de la région de Belgorod avait affirmé que des hélicoptères ukrainiens avaient tiré sur un dépôt de carburant.

Le 25 avril, un grand dépôt de carburant a également pris feu à Briansk, ville située à 150 km de la frontière avec l'Ukraine et servant de base logistique à l'offensive militaire de Moscou dans ce pays, selon les autorités russes qui n'ont pas précisé les raisons de l'incendie.

10h00: Les livraisons d'armes à l'Ukraine « menacent la sécurité » européenne, selon le Kremlin

Les livraisons d'armes à l'Ukraine « menacent la sécurité » européenne, a estimé jeudi le Kremlin après un nouvel appel de la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, à livrer davantage d'armes lourdes et d'avions à Kiev. « Cette tendance à inonder l'Ukraine d'armes, notamment d'armes lourdes, ce sont des actes qui menacent la sécurité du continent et provoquent de l'instabilité », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

09h55 : L'ONU dit « préparer» une tentative d'évacuation de Marioupol

La coordinatrice de l'ONU en Ukraine a annoncé jeudi qu'elle partait dans le sud du pays préparer une tentative d'évacuation de la ville de Marioupol, presque entièrement contrôlée par les forces russes. « Je vais à Zaporijjia pour préparer l'évacuation espérée de Marioupol », port stratégique pilonné et assiégé par les Russes dans le sud-est de l'Ukraine, a indiqué Osnat Lubrani sur Twitter.

Des centaines de militaires et de civils ukrainiens dont des dizaines d'enfants sont coincés, selon Kiev, dans l'immense aciérie d'Azovstal à Marioupol, dernier site aux mains des forces ukrainiennes dans cette ville dont la mairie a estimé à au moins 20.000 morts le bilan des combats. Aucune tentative d'évacuer Azovstal n'a réussi jusqu'à présent. Au total, une centaine de milliers de civils restent à Marioupol, qui en comptait un demi-million avant l'invasion russe lancée fin février, selon les estimations des autorités ukrainiennes.

09h45 : Le rouble bientôt introduit dans la ville ukrainienne occupée de Kherson

L'administration russe qui contrôle la ville côtière ukrainienne de Kherson a l'intention d'y introduire le rouble, pour remplacer la monnaie ukrainienne, la hryvnia, à partir du 1er mai, a indiqué jeudi un responsable local russe. « À partir du 1er mai, nous passerons vers la zone rouble », a déclaré Kirill Stremooussov, adjoint au président de l'administration locale russe instaurée depuis la prise de cette localité par l'armée de Moscou au début de l'invasion de l'Ukraine, cité par l'agence Ria Novosti. Les deux monnaies, rouble et hryvnia, pourront circuler en parallèle pendant une période de transition qui pourra durer quatre mois, a-t-il indiqué. « Après, on passera complètement à des règlements en roubles » a-t-il affirmé. Aucun haut responsable russe n'a confirmé immédiatement ces propos.

09h10 : Le Royaume-Uni rappelle la volonté de libérer « toute l'Ukraine »

Le gouvernement britannique a affirmé jeudi que ses objectifs en Ukraine n'avaient pas changé, tempérant les propos la veille de la ministre des Affaires étrangères Liz Truss selon laquelle « toute l'Ukraine » devait être libérée, c'est-à-dire Crimée comprise. Le ministre de la Défense Ben Wallace a déclaré que les propos de Mme Truss s'inscrivaient dans la droite ligne de la position des Occidentaux depuis que la Russie a annexé la péninsule de Crimée en 2014. « Nous avons dit constamment que la Russie devait quitter le territoire souverain de l'Ukraine, donc ça n'a pas changé », a-t-il déclaré à la chaîne d'informations Sky News.

08h40 : Guterres appelle Moscou à coopérer avec la CPI sur de possibles crimes de guerre commis en Ukraine

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé jeudi Moscou à « accepter de coopérer » avec l'enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes de guerre perpétrés en Ukraine. « Quand nous voyons ce site horrible, je vois combien il est important d'avoir une enquête complète et d'établir les responsabilités », a déclaré M. Guterres, en visite à Boutcha, banlieue de Kiev où les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir massacré des civils pendant qu'ils occupaient la ville en mars. « J'appelle la Russie à accepter de coopérer avec la CPI », a-t-il ajouté.

07h55: « Une guerre au 21e siècle est une absurdité », déclare le secrétaire général de l'ONU

« Une guerre est une absurdité au 21e siècle », a déclaré jeudi le secrétaire général de l'ONU à son arrivée à Borodianka, une des localités de la banlieue de Kiev où les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir commis des exactions pendant leur occupation de la région en mars. Antonio Guterres, qui effectue sa première visite en Ukraine depuis le début du conflit, a fait ces déclarations devant des habitations en ruines. « J'imagine ma famille dans une de ces maisons (...), je vois mes petites-filles courir en panique. La guerre est une absurdité au 21e siècle, aucune guerre n'est acceptable au 21e siècle ».

07h30: Antonio Guterres est arrivé à Borodianka, dans la banlieue de Kiev

Le secrétaire général de l'ONU est arrivé jeudi matin à Borodianka, une des localités de la banlieue de Kiev où les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir commis des exactions pendant leur occupation de la région en mars. Pour sa première visite en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février, Antonio Guterres s'est rendu ensuite à Boutcha, autre banlieue de la capitale où les Ukrainiens accusent Moscou de crimes de guerre.

06h35 : 200 attaques informatiques contre l'Ukraine

Des groupes liés à l'État russe ont mené plus de 200 attaques informatiques contre l'Ukraine et ses infrastructures depuis les prémices de l'invasion de l'armée russe, selon un rapport de Microsoft publié mercredi 27 avril. Ces attaques « n'ont pas seulement détérioré les systèmes des institutions en Ukraine, mais ont également visé la perturbation de l'accès par la population à une information fiable et aux services vitaux dont dépendent les civils, et ont tenté d'ébranler la confiance envers les dirigeants du pays », note Tom Burt, vice-président de Microsoft.

05h45 : Le groupe français TotalEnergies amorce son «repli» de Russie

TotalEnergies entame son repli de Russie, le groupe français étant critiqué de toutes parts pour son maintien en dans le pays depuis le début de l'invasion russe en Ukraine. La facture russe s'est finalement avérée trop salée pour l'entreprise, notamment concernant la réalisation du projet Arctic LNG 2.

Notre papier sur le repli de Total en Russie

05h15 : Au Kosovo, des Ukrainiennes apprennent à désamorcer les « tueurs aveugles »

Au Kosovo, loin de leur pays envahi par les soldats du Kremlin, des Ukrainiennes prennent des cours intensifs de déminage afin de rentrer chez elles, armées pour neutraliser les vastes quantités d'explosifs qui piègeront leur patrie pour les décennies à venir. « La seule raison de ma présence ici, c'est pour aider mon pays », dit à l'AFP Anastasia Mintchoukova, 20 ans, volontaire pour ce cursus de trois semaines avec d'autres Ukrainiennes arrivées ces derniers jours dans l'ancienne province serbe. Le Kosovo a de l'expérience et de l'expertise en la matière. Après la guerre entre forces serbes et rebelles albanais indépendantistes qui fit 13 000 morts à la fin des années 1990, le territoire s'est retrouvé avec 4 500 champs de mines à désamorcer, selon les estimations américaines de l'époque. Le centre d'entraînement est jonché d'explosifs désamorcés divers. Sous un radieux soleil de printemps, les stagiaires vêtues de tenues de protection bleues apprennent à manipuler les détecteurs, à identifier les mines et les techniques de désamorçage. « Le but est de les former aux normes internationales (...) mais en ajoutant des éléments particuliers au théâtre ukrainien », explique à l'AFP Artur Tigani, l'instructeur en chef de MAT Kosovo. Les participantes doivent ainsi se familiariser avec les explosifs hérités de l'ex-URSS, dont des bombes aériennes, des armes téléguidées, des mines et des roquettes.

04h50 : Dans le Donbass, la situation aux alentours de Slaviansk

Dans l'est de l'Ukraine, l'offensive lancée il y a plus d'une semaine avance lentement. Les bombardements sont intenses, mais les forces russes s'installent difficilement, village après village. Nos envoyées spéciales ont rencontré une unité de la Défense territoriale du Donbass, tandis que des civils continuent de tenter de fuir.

Le reportage de nos envoyées spéciales dans le Donbass

04h20 : Comment l'Italie se prépare à la crise du gaz

En Italie, dès le début de la guerre en Ukraine, le gouvernement de Mario Draghi n’a pas tardé à anticiper la crise énergétique et le problème de sa dépendance au gaz russe, qui représentait près de 40 % de sa fourniture énergétique en 2021. Rome a d’abord joué sur sa position stratégique en Méditerranée, signant un contrat avec l’Algérie pour une augmentation des livraisons en gaz, via le gazoduc Transmed qui transite par la Tunisie. Au total, neuf milliards de mètres cubes de gaz algérien, soit le tiers des importations russes, devraient pouvoir chauffer les Italiens l’hiver prochain. La péninsule a aussi multiplié ses sources d’approvisionnement en signant des contrats avec l’Azerbaïdjan, l’Égypte ou encore la semaine passée avec le Congo-Brazzaville et l’Angola. Un accord avec le Mozambique est également prévu pour le mois de mai. Rome peut compter sur son géant des hydrocarbures, Eni, bien implanté sur le continent africain.

04h00 : A Zaporijia, l'hôpital militaire fait face à l'afflux de combattants blessés

En Ukraine, sur le front Sud aussi, les Ukrainiens se préparent aux attaques russes. À Zaporijia, sur le fleuve Dniepr, l'hôpital militaire était encore récemment débordé par l'afflux de combattants blessés au front. Face à l'arsenal déployé par les forces russes, les équipes ont dû s'adapter rapidement.

Voici le reportage de nos envoyées spéciales à Zaporijia

03h35 : Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres se rend ce jeudi dans la banlieue de Kiev, à Boutcha, Irpin et Borodianka, théâtres d'exactions imputées à l'armée russe par les Ukrainiens, tandis que Moscou poursuit son offensive dans l'est et le sud de l'Ukraine. Le chef des Nations unies est arrivé en Ukraine en provenance de Moscou où il a plaidé auprès de Vladimir Poutine pour un cessez-le-feu « dans les plus brefs délais ». Il s'est également dit « préoccupé par les rapports répétés faisant état de possibles crimes de guerre », jugeant qu'ils « requièrent une enquête indépendante ».

03h30 : Bonjour et bienvenue dans ce direct

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