Guerre en Ukraine : la centrale nucléaire de Zaporijjia est "gravement endommagée"

© Alexander Ermochenko, Reuters

L'Ukraine et la Russie continuent de s'accuser mutuellement de frappes sur le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, dont des parties auraient été "gravement endommagées", selon Kiev. Par ailleurs, trois nouveaux chargements de céréales ont quitté des ports ukrainiens. Voici le fil du 6 août.

  • 22 h 45 : cinq nouveaux cargos chargés de céréales partiront d'Ukraine dimanche

Cinq cargos chargés de céréales prendront la mer dimanche au départ des ports ukrainiens de Tchernomorsk et Odessa afin de poursuivre l'exportation des céréales, a annoncé samedi soir le Centre de coordination conjointe (CCC) qui supervise les opérations.

Au total, ces bateaux transportent plus de 161 000 tonnes de maïs et de produits alimentaires vers la Turquie, la Chine et l'Italie, selon le CCC qui suivra leur progression jusqu'à Istanbul, où ils seront inspectés au large avant d'emprunter le Bosphore.

Avec ces nouveaux départs, les exportations de céréales ukrainiennes trouvent progressivement un rythme régulier.

Le CCC indique, dans un communiqué, qu'il est en train de "finaliser les procédures d'exportation régulières" dans le cadre de l'Initiative de la Mer noire pour les céréales, nom officiel de l'accord. "Les horaires pourront être affectés par les préparatifs et les conditions météo ou tout autre circonstance imprévue", précise-t-il.

  • 20 h 48 : un premier navire étranger arrive en Ukraine pour collecter des céréales

Un navire étranger, le premier depuis le début de la guerre, est arrivé samedi en Ukraine afin de collecter des céréales, a annoncé le ministre ukrainien des Infrastructure, Oleksandr Koubrakov.

Le navire de charge "Fulmar S", battant pavillon barbadien, est arrivé dans le port ukrainien de la mer Noire de Tchernomorsk, a-t-il indiqué sur Facebook.

  • 20 h 30 : le premier chargement de céréales ukrainiennes n'accostera pas au Liban dimanche

Le navire transportant le premier chargement de céréales exporté par l'Ukraine depuis l'invasion russe du 24 février n'accostera pas dimanche au Liban comme prévu, a indiqué samedi à l'AFP l'ambassade ukrainienne dans ce pays.

Mercredi, des experts turcs et russes ont inspecté le "Razoni", cargo battant pavillon sierra-léonais, au large d'Istanbul. Selon l'ambassade ukrainienne au Liban, son arrivée était prévue dimanche à 10 h (7 h GMT) au port de Tripoli, dans le nord du pays.

"Nous tenons à vous informer que l'arrivée prévue demain du navire 'Razoni' a été reportée", a indiqué l'ambassade ukrainienne au Liban dans un message reçu par l'AFP. Interrogée sur les raisons de ce report, l'ambassade a indiqué à l'AFP ne pas avoir "d'autres informations" pour le moment.

Selon une source officielle proche du dossier, le navire n'accostera probablement pas au Liban s'il arrive à vendre sa cargaison à un marchand dans un autre pays. "Le navire ne se rendra au Liban que dans un seul cas : si un marchand achète sa cargaison", a précisé à l'AFP la source sous couvert d'anonymat.

  • 15 h 45 : l'Ukraine affirme que des parties de la centrale de Zaporijjia ont été "gravement endommagées" lors de frappes

Certaines parties de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia ont été "gravement endommagées" par les frappes militaires qui ont contraint l'un de ses réacteurs à s'arrêter, a déclaré l'exploitant de la centrale.

Les frappes de vendredi sur le plus grand complexe nucléaire d'Europe, situé dans le sud de l'Ukraine, ont "gravement endommagé" une station contenant de l'azote et de l'oxygène, ainsi qu'un "bâtiment auxiliaire", a déclaré Energoatom sur la messagerie Telegram.

Les frappes ont endommagé un câble électrique, contraint l'un des réacteurs à cesser de fonctionner et "il existe toujours des risques de fuite d'hydrogène et de substances radioactives, et le risque d'incendie est également élevé", a indiqué la compagnie. Les bombardements "ont entraîné un risque sérieux pour le fonctionnement sûr de la centrale".

Kiev et Moscou continuent à s'accuser mutuellement de ces attaques.

  • 13 h 30 : l'UE dénonce la "violation irresponsable" de la sécurité nucléaire à Zaporijjia par Moscou

L'Union européenne condamne "la violation irresponsable" des règles de sécurité nucléaire par la Russie avec les activités militaires menées autour de la centrale ukrainienne de Zaporijjia, a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell :

"L'UE condamne les activités militaires de la Russie autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Il s'agit d'une violation grave et irresponsable des règles de sécurité nucléaire et d'un nouvel exemple du mépris de la Russie pour les normes internationales", a-t-il accusé dans un message sur son compte Twitter.

  • 9 h 40 : la responsable d'Amnesty en Ukraine démissionne, après le rapport critiqué par Kiev

La responsable d'Amnesty International en Ukraine, Oksana Pokaltchouk, a annoncé sa démission à la suite du rapport de l'ONG reprochant aux forces armées ukrainiennes de mettre en danger des civils.

"Je démissionne d'Amnesty International en Ukraine", a affirmé Oksana Pokaltchouk dans un communiqué sur sa page Facebook dans la nuit de vendredi à samedi, reprochant au rapport, publié le 4 août, d'avoir sans le vouloir servi "la propagande russe".

Amnesty avait affirmé assumer pleinement son rapport reprochant à l'armée ukrainienne de mettre en danger des civils dans sa résistance à l'invasion russe en installant des infrastructures militaires dans des zones habitées.

  • 8 h : situation confuse après des frappes sur le site de la centrale de Zaporijjia

La situation est confuse concernant la situation à la centrale de Zaporijjia, sous occupation russe depuis début mars, Kiev et Moscou se rejetant la responsabilité de frappes sur le site.

"Aujourd'hui, les occupants ont créé une autre situation extrêmement risquée pour toute l'Europe : ils ont frappé à deux reprises la centrale nucléaire de Zaporijia. Tout bombardement de ce site est un crime éhonté, un acte de terreur", a martelé le président Volodymyr Zelensky dans son message vidéo quotidien.

Selon la société d'État ukrainienne Energoatom, "il existe des risques de fuite d'hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives. Le danger d'incendie est élevé".

L'armée russe a quant à elle parlé dans un communiqué de "tirs d'artillerie" de "formations armées ukrainiennes", à la fois "contre le territoire de la centrale de Zaporijjia et la ville d'Energodar", et dénoncé des "actes de terrorisme nucléaire".

  • 7 h 30 : trois nouveaux chargements de maïs ont quitté l'Ukraine

Cinq jours après le départ du port méridional ukrainien d'Odessa d'un premier cargo - attendu dimanche au Liban - transportant des céréales ukrainiennes depuis le déclenchement de l'offensive russe, trois autres chargements, également de maïs, ont quitté l'Ukraine en convoi, a annoncé le ministère turc de la Défense.

Ils sont destinés à l'Irlande, l'Angleterre et la Turquie. Devrait s'ensuivre une série de rotations régulières pour ravitailler les marchés agricoles.

Simultanément, un bâtiment fait route, lui aussi pour y récupérer des céréales, vers le port ukrainien de Tchernomorsk, qu'il doit atteindre samedi.

"L'essentiel maintenant est l'augmentation constante des exportations", a noté le président Zelensky.

La Russie et l'Ukraine ont signé deux accords séparés, validés par la Turquie et les Nations unies, qui permettent l'exportation des céréales ukrainiennes immobilisées par le conflit et de produits agricoles russes malgré les sanctions occidentales. Avec pour objectif d'atténuer la crise alimentaire dans certains des pays les plus pauvres liée au blocage des ports ukrainiens.

Avec AFP & Reuters

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