Législatives en France : la gauche dynamisée, la "Macronie" essoufflée

Il y avait comme un air de victoire dimanche soir dans le quartier général de la NUPES qui est en bonne position à l'issue du premier tour des législatives françaises ce 12 juin. Cette coalition des partis de gauche a, en effet, fait  jeu égal avec le camp présidentiel coalisé sous la bannière Ensemble! .

Regain de de forme pour la Gauche et majorité présidentielle fragilisée

Les deux listes sont ainsi sont arrivées à quasi égalité, avec 21 442 voix d'avance seulement pour Ensemble!, selon les résultats du ministère de l'Intérieur. L'alliance macroniste a remporté 25,75% des voix et la Nupes autour de Jean-Luc Mélenchon 25,66%. Le camp présidentiel pourrait perdre plusieurs dizaines de sièges comparé à 2017, et ne plus avoir la majorité absolue à l'assemblée.

La formation d'extrême droite de Marine Le Pen, le Rassemblement National (RN), décroche la troisième place, avec 4 248 626 voix soit 8,68% des suffrages exprimés. Le RN a certes réalisé un score moins important qu'à la présidentielle, mais il pourrait avoir suffisamment de sièges pour constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée.

Avec 52, 49%, ce scrutin a été marqué par une abstention record. Moins d'un électeur sur deux s'est donc  rendu aux urnes. C'est la plus forte abstention à des législatives depuis le début de la Ve République.

"Le parti présidentiel, au terme du premier tour, est battu et défait" selon Mélenchon

Le bloc constitué par Jean-Luc Mélenchon est en passe de devenir la principale force d'opposition à l'Assemblée nationale.

Avant l'officialisation des résultats par le ministère de l'intérieur, donnant la coalition présidentielle légèrement en tête, le leader insoumis avait déclaré :

"La vérité, est que le parti présidentiel, au terme du premier tour, est battu et défait. Pour la première fois de la Vème République, un président nouvellement élu ne parvient pas réunir une majorité à l'élection législative qui suit".

Ce lundi, après la publication des résultats par le ministère de l'Intérieur, ces chiffres officiels ont été la coalition de gauche qui a revendiqué la victoire. La Nupes a ainsi accusé Beauvau de "tripatouillages", en arguant notamment que le ministère "reclasse des candidats Nupes en divers gauche".

Quatre candidats de la Nupes ont été élus dès le premier tour contre un seul pour Ensemble!.  Autre fait significatif, 8 triangulaires, opposant trois candidats qualifiés pour le second tour, sont possibles, contre une seule en 2017.

D'après les projections, la coalition présidentielle devrait obtenir une majorité, mais peut-être pas de majorité absolue de 289 députés. La "Macronie" pourrait rafler entre 255 et 295 sièges sur 577. Les gains de la Nupes sont eux évalués entre 150 et 210 sièges.

"Nous sommes la seule force politique en mesure d'obtenir une majorité forte et claire", a insisté la Première ministre Elisabeth Borne qui repart en campagne dès lundi dans la 6e circonscription du Calvados où elle est arrivée confortablement en tête au premier tour.

"Nous avons une semaine de mobilisation devant nous, une semaine pour convaincre, une semaine pour obtenir une majorité forte et claire" a-t-elle déclaré dimanche soir.

Mais reste à savoir jusqu'où ira le tassement pour la majorité sortante, alors qu'en 2017, La République en marche et le Modem avaient raflé plus de 32% au premier tour avant d'obtenir près de 350 députés au second. La campagne du second tour promet d'être intense.

Les candidats du Rassemblement national pour leur part n'ont pas réussi à capitaliser sur la dynamique de Marine Le Pen qui avait engrangé à la présidentielle plus de 40% des voix au second tour.

Cantonné à huit élus en 2017, le contingent de députés RN devrait cependant être nettement plus étoffé cette fois, et compter encore dans ses rangs Mme Le Pen, largement en tête dans sa circonscription du Pas-de-Calais (53,96% mais non élue au premier tour faute de votants suffisants).

Depuis son fief d'Hénin-Beaumont, elle a exhorté les électeurs à "envoyer un groupe très important de députés patriotes dans la nouvelle Assemblée nationale".

"J'invite les électeurs à ne pas choisir entre les destructeurs d'en haut et les destructeurs d'en bas, à ne pas choisir entre ceux qui veulent vous priver de vos droits et ceux qui veulent vous priver de vos biens" a-t-elle lancé.

Retour sur notre couverture de la soirée électorale dans le "fil direct" ci -dessous :

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