Guerre en Ukraine : Kiev n'est "pas en danger", mais prête en cas d'attaque

Les soldats ukrainiens livrent à Severodonetsk "l'une des batailles les plus difficiles" depuis le début de la guerre, selon le président Volodymyr Zelensky. Dans le Donbass, deux Britanniques et un Marocain qui combattaient pour Kiev ont été condamnés à mort pour mercenariat par la justice des autorités prorusses de la ville. Retrouvez le fil des événements de la journée du 9 juin.

  • 22 h 45 : Volodymyr Zelensky parle "armes lourdes" et entrée de l'UE avec Emmanuel Macron

Dans un Tweet, le président ukrainien a assuré avoir informé son homologue français de "la situation sur le front" face aux forces russes. "Nous avons discuté d'autres aides militaires pour l'Ukraine", a-t-il ajouté dit avant de conclure : "une attention particulière a été consacrée aux moyens de l'adhésion de l'Ukraine à l'UE".

Paris a confirmé dans un communiqué l'appel téléphonique entre les deux présidents. Emmanuel Macron "a interrogé le président Zelensky sur les derniers développements sur le terrain, ainsi que sur ses besoins en termes d'équipements militaires, d'appui politique, de soutien financier et d'aide humanitaire". Le président français a assuré à son homologue ukrainien que "la France resterait mobilisée pour répondre aux besoins de l'Ukraine, y compris en armes lourdes".

Enfin, les deux chefs d'État "sont convenus de rester en contact, notamment dans la perspective de l'avis que la Commission européenne rendra sur la candidature de l'Ukraine à adhérer à l'Union européenne, et la discussion qui s'en suivra au Conseil européen des 23 et 24 juin".

  • 22 h 40 : Macky Sall, président de l'Union africaine, appelle sur France 24 au déminage rapide du port d'Odessa

Le chef de l'État sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine, a appelé au déminage du port ukrainien d'Odessa pour permettre les exportations de céréales et a dit avoir reçu l'assurance du président Vladimir Poutine que la Russie n'attaquerait pas.

Sans la reprise des exportations, l'Afrique, très dépendante des importations de céréales ukrainiennes et russes mais aussi de fertilisants essentiels pour son agriculture peu productive, "sera dans une situation de famine très sérieuse qui pourrait déstabiliser le continent", a-t-il dit dans une entretien accordé à France 24 et RFI.

"Si les engrais n'arrivent pas alors que c'est l'hivernage (la saison des pluies) dans la plupart des pays africains, ça veut dire qu'il n'y aura pas de récolte", a-t-il dit.

>> À voir, notre entretien - Macky Sall : "Nous vivons une pénurie de céréales et d'engrais sur le continent africain"

Macky Sall affirme que "jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas d'élément me permettant de contredire" les assurances de Moscou selon lesquelles la Russie ne s'opposerait pas à la sortie du blé ukrainien par Odessa si les eaux étaient déminées. "Je lui ai même dit : 'les Ukrainiens disent que s'ils déminent, vous rentrez dans le port'. Il dit (que), non, il ne va pas rentrer, et ça, c'est un engagement qu'il a pris", a-t-il déclaré en parlant du président Poutine.

"Il faut maintenant travailler à ce que le déminage soit fait, que l'ONU s'implique – et toutes les parties prenantes – pour qu'on démarre à sortir le blé ukrainien", a-t-il dit.

  • 21 h 13 : Kiev n'est "pas en danger" mais prête en cas d'attaque, dit le ministre ukrainien de l'Intérieur

"Il n'y a aucun risque d'attaque sur Kiev aujourd'hui", a déclaré Denys Monastyrsky. "Il n'y a pas de concentration de troupes près de la frontière biélorusse, mais nous comprenons que tous les scénarios sont possibles demain", a dit le ministre ukrainien de l'Intérieur à l'AFP, vêtu d'un pull militaire noir, un drapeau ukrainien sur la manche droite.

"Par conséquent, un entraînement sérieux est en cours – préparation de la ligne de défense, entraînement des troupes qui resteront" à Kiev et autour de la ville. Le ministre a également déclaré que des frappes aériennes russes pouvaient survenir à tout moment : "Tout endroit en Ukraine peut être la cible de tirs de roquettes, y compris Kiev".

  • 19 h 42 : selon Poutine, le "made in Russia" n'est pas un remède aux sanctions

Vladimir Poutine a déclaré que la production locale de biens n'était pas un remède pour contourner les sanctions occidentales – notamment des restrictions à l'importation et à l'exportation, qui ont paralysé les chaînes d'approvisionnement – et que la Russie cherchait de nouveaux partenaires commerciaux.

"La substitution des importations n'est pas une panacée", a déclaré le président russe à un groupe de jeunes entrepreneurs qui se plaignaient d'un manque de produits jusqu'alors importés dans leur quête pour développer des vaccins. "Nous n'essayons pas de remplacer complètement les importations", a-t-il déclaré.

La Russie "doit collaborer avec ceux avec lesquels il est possible de collaborer". "Mais pour les technologies d'importance critique, nous devons disposer de notre propre savoir-faire", a-t-il ajouté. "Nous sommes en train de les développer".

En avril, les autorités russes ont déclaré avoir construit trois usines à Moscou pour produire des médicaments afin de pallier l'interdiction d'importation. L'industrie pharmaceutique russe est fortement dépendante des importations.

  • 19 h 14 : l'économie ukrainienne s'est contractée de 15,1 % sur les trois premiers mois de l'année

La guerre avec la Russie a entraîné une contraction de 15,1 % de l'économie ukrainienne au cours des trois premiers mois de l'année, a calculé l'agence nationale des statistiques.

L'invasion russe, le 24 février, a dévasté de larges pans de l'économie ukrainienne, et un grand nombre d'entreprises ont été contraintes de fermer ou de revoir radicalement leur production.

>> À voir aussi - Une économie ukrainienne ébranlée, des entreprises coupées du monde

Le Fonds monétaire international prévoit une contraction du PIB de l'Ukraine de 35 % sur l'ensemble de l'année 2022, et le ministre ukrainien des Finances, Sergiy Marchenko, a déclaré à la mi-mai qu'il s'attendait à une baisse allant jusqu'à 45-50 %.

L'inflation en Ukraine s'est accélérée pour atteindre 18 % sur douze mois en mai, contre 16,4 % en avril, selon l'agence de statistiques, les prix des denrées alimentaires continuant à s'envoler.

La Banque centrale ukrainienne (NBU) a prévenu que l'inflation globale pourrait atteindre 20 % d'ici à la fin de l'année. Le 2 juin, la NBU a fortement augmenté son taux d'intérêt directeur, qui est passé de 10 % à 25 %, dans le but de juguler l'inflation et de protéger la monnaie nationale, la hryvnia.

  • 17 h 57 : les revenus énergétiques de la Russie pourraient être plus élevés maintenant qu'avant la guerre en Ukraine

La Russie pourrait tirer davantage de revenus de ses ventes de combustibles fossiles aujourd'hui qu'avant son invasion de l'Ukraine, le 24 février, la hausse des prix mondiaux compensant l'impact des interdictions d'importation, a déclaré lors d'une audition Amos Hochstein, l'émissaire américain pour la sécurité énergétique.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les entreprises russes ne bloqueront pas leurs puits de pétrole malgré les efforts déployés par les pays occidentaux pour réduire leur dépendance à l'égard des approvisionnements énergétiques en provenance de Moscou.

  • 16 h 12 : deux combattants britanniques et un Marocain condamnés à mort par la justice de Donetsk

Deux Britanniques et un Marocain faits prisonniers dans l'est de l'Ukraine, où ils combattaient pour Kiev, ont été condamnés à mort pour mercenariat par la justice des autorités séparatistes de Donetsk, ont annoncé les agences de presse russes.

"La cour suprême de la République populaire de Donetsk a condamné à mort les Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner et le Marocain Brahim Saadoun, accusés d'avoir participé aux combats comme mercenaires", a indiqué l'agence de presse officielle russe Tass.

"Nous sommes évidement gravement préoccupés. Nous répétons que les prisonniers de guerre ne devraient pas être exploités pour des raisons politiques", a affirmé un porte-parole du Premier ministre britannique, Boris Johnson, tandis que la cheffe de la diplomatie, Liz Truss, a dénoncé un "simulacre de jugement sans aucune légitimité".

  • 15 h 01 : la Finlande veut fortifier sa frontière avec la Russie

Le gouvernement finlandais envisage de modifier la législation frontalière pour permettre la construction de barrières sa frontière avec la Russie.

Candidate à l'adhésion à l'Otan, la Finlande redoute notamment l'envoi de demandeurs d'asile à sa frontière comme l'avait fait la Biélorussie avec plusieurs pays de l'Union européenne l'an dernier. Des centaines de migrants du Moyen-Orient et d'Afghanistan s'étaient ainsi retrouvés bloqués à la frontière polonaise.

  • 14 h 49 : pousser l'Ukraine à un "mauvais" compromis avec la Russie serait "répugnant", avertit Boris Johnson

Le Premier ministre britannique a mis en garde contre toute volonté de la part des Occidentaux d'encourager l'Ukraine à accepter un "mauvais" compromis avec la Russie, jugeant que cela serait "moralement répugnant".

"Encourager une mauvaise paix en Ukraine, c'est encourager Poutine et encourager tous ceux dans le monde qui pensent que l'agression paie", a estimé Boris Johnson. "Cela serait une erreur et ouvrirait la porte à plus de conflits, plus d'instabilité, plus d'incertitude dans le monde et donc plus de difficultés économiques".

Boris Johnson a aussi dit "savoir que certains, pas dans ce pays mais ailleurs, estiment que le prix du soutien aux Ukrainiens est désormais trop élevé et qu'il faudrait les encourager à accepter ce que Poutine demande". "Abandonner les Ukrainiens serait moralement répugnant", a-t-il poursuivi.

Vladimir Poutine "ne vas jamais réussir à assujettir l'Ukraine et plus tôt il le comprendra, mieux ce sera, et il ne faut pas le laisser arriver à un succès partiel en avalant une partie du pays comme il l'a fait auparavant et déclarer un cessez-le-feu", a-t-il insisté.

  • 13 h 27 : Volodymyr Zelensky demande l'exclusion de la Russie de la FAO

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky demande l'exclusion de la Russie de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), sur fond d'accusations de Kiev de blocage et de vol des céréales ukrainiennes par Moscou.

"Il ne peut pas y avoir de discussion pour prolonger l'adhésion de la Russie à la FAO. Quelle y serait la place de la Russie si elle provoque la famine pour au moins 400 millions de personnes, voire plus d'un milliard ?", a lancé le président Zelensky dans un discours en visioconférence lors d'une réunion ministérielle de l'OCDE.

Le blocage des ports ukrainiens par la flotte russe de la mer Noire, à commencer par celui d'Odessa, principal port du pays, paralyse les exportations de céréales, notamment de blé, dont l'Ukraine était avant la guerre en passe de devenir le troisième exportateur mondial. Des pays africains et moyen-orientaux sont les premiers touchés et craignent de graves crises alimentaires.

  • 11 h 41 : à Kiev, "un certain calme" dans les rues malgré la guerre

  • 9 h 32 : l'Ukraine pourrait reprendre Severodonetsk "en deux, trois jours" avec des armes occidentales de longue portée

L'Ukraine pourrait reprendre la ville clé de Severodonetsk "en deux, trois jours", dès qu'elle disposera d'armes d'artillerie occidentales "de longue portée", estime Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine.

L'armée russe tente depuis des semaines de s'emparer de cette ville industrielle, importante pour le contrôle de l'ensemble du bassin minier du Donbass. Elle y a repris du terrain ces derniers jours.

  • 6 h 18 : Washington veut s'assurer que ses systèmes d'artillerie Himars sont bien utilisés

Les États-Unis, qui ont annoncé l'envoi de quatre systèmes d'artillerie de précision Himars à l'Ukraine, veulent s'assurer que les soldats ukrainiens maîtrisent bien leurs systèmes avant de leur en envoyer davantage, a indiqué mercredi le chef d'état-major américain, le général Mark Milley.

Le Himars est un système "sophistiqué", et "il faut certifier ces garçons, s'assurer qu'ils savent comment utiliser ces systèmes correctement", a déclaré le plus haut gradé américain dans l'avion le ramenant à Washington après une tournée en Europe. Il faut former les opérateurs, mais aussi les soldats chargés de la maintenance, ainsi que les officiers et sous-officiers, a-t-il expliqué aux journalistes l'accompagnant dans sa tournée.

  • 4 h 52 : la "bataille" de Severodonetsk est "l'une des plus difficiles", selon Volodymyr Zelensky

"Nous défendons nos positions, en infligeant des pertes importantes à l'ennemi. C'est une bataille très dure, très difficile, probablement une des plus difficiles de cette guerre", a affirmé le président ukrainien au sujet de la ville de Severodonetsk dans une vidéo diffusée mercredi soir.

Pour la Russie, mettre la main sur cette ville serait déterminant en vue d'une conquête de l'intégralité du vaste bassin houiller du Donbass, déjà en partie tenu par des séparatistes prorusses depuis 2014. "À bien des égards, le sort de notre Donbass se décide là", a estimé Volodymyr Zelensky.

Avec AFP

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