[EN DIRECT] Guerre en Ukraine: l'armée affirme désormais utiliser de l'artillerie fournie par l'Occident

Au 90e jour de l'invasion russe en Ukraine, ce mardi 24 mai, suivez en direct les dernières informations sur le conflit qui entre dans son quatrième mois.

Moscou a bloqué le site internet de RFI, qui diffuse des informations dans une quinzaine de langues dont le russe. Une adresse URL alternative permet d'accéder au site en français et en russe. RFI en russe est aussi disponible sur Telegram : https://t.me/RFI_Ru via un VPN et en Russie en français par satellite sur Hotbird.

► Le site de la rédaction russe de RFI diffuse la radio publique ukrainienne (en langue ukrainienne) depuis la page d'accueil.

Les points essentiels :

► La guerre en Ukraine entre dans son quatrième mois, au moment où les troupes russes concentrent leur offensive sur la dernière poche de résistance de la région de Louhansk, dans le Donbass.

► Les forces ukrainiennes pilonnent désormais les positions russes avec des systèmes d'artillerie occidentaux tout nouvellement acheminés, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée ukrainienne.

► Les sanctions de la communauté internationale contre Moscou « devraient être maximum », avec notamment « aucun commerce avec la Russie », a déclaré le président ukrainien lors d'un discours en visioconférence durant la réunion du Forum économique mondial à Davos.

► Le premier soldat russe jugé pour crime de guerre depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie a été reconnu coupable et condamné à la prison à perpétuité lundi à Kiev.

► Vingt pays se sont engagés à fournir des armes supplémentaires à l'Ukraine pour faire face aux forces russes lors d'une réunion des alliés ce lundi.

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15h00 : Situation militaire après trois mois de guerre

La guerre en Ukraine entre mardi dans son quatrième mois et en dépit de la résistance des forces de Kiev, les troupes russes sont en passe de conquérir toute la région de Louhansk, dans le Donbass.

L'Est

Après avoir éloigné les forces russes des deux plus grandes villes du pays, la capitale Kiev fin mars et début avril, puis Kharkiv (nord-est) en mai, les Ukrainiens reconnaissent depuis quelques jours des « difficultés » dans le bassin houiller Donbass, formé par les provinces de Louhansk et de Donetsk. Moscou concentre précisément sa puissance de feu sur le réduit ukrainien de la région de Lougansk, essayant d'encercler les villes de Sievierodonetsk et de Lyssytchansk.

Le ministère ukrainien de la Défense a aussi évoqué d'intenses combats en cours à proximité de là, dans les environs des localités de Popasna et de Bakhmout. La chute de Bakhmout, dans la province de Donetsk, donnerait aux Russes le contrôle d'un carrefour qui sert actuellement de centre de commandement impromptu pour une grande partie de l'effort de guerre ukrainien.

« Aujourd'hui, nous constatons que le nombre des bombardements à Sievierodonetsk a augmenté [...]. Ils détruisent simplement toute la ville », a déclaré le gouverneur de la région de Louhansk Serguiï Gaïdaï. « La capture de la poche de Sievierodonetsk verrait tout l'oblast de Lougansk placé sous occupation russe », résume le ministère britannique de la Défense, précisant que ces combats ne sont « qu'une partie de la campagne russe pour prendre le contrôle de tout le Donbass ».

Le Sud

Le front méridional semble quant à lui stable, bien que les Ukrainiens y revendiquent des gains territoriaux. Le commandement sud a fait état, dans la nuit de lundi à mardi, d'une « avancée » de ses divisions « à travers la région de Mykolaïv en direction de la région de Kherson », contrôlée par les Russes qui y ont introduit leur monnaie, le rouble. Il a accusé les « occupants » d'avoir tué des civils cherchant à fuir en voiture.

Les forces ukrainiennes pilonnent désormais les positions russes avec des systèmes d'artillerie occidentaux tout nouvellement acheminés, notamment des obusiers américains, a expliqué un porte-parole de l'armée ukrainienne.

Par ailleurs, le Danemark s'est engagé à fournir des missiles Harpoon à l'Ukraine, qui tente de contrer le blocus imposé par la marine russe au port d'Odessa, vital pour les exportations de blé. Selon l'Institute for the Study of War (ISW), les Russes se préparent dans le sud pour des opérations prolongées et pour faire face aux contre offensives ukrainiennes.

14h46 : Jens Stoltenberg (Otan) : « Nos choix économiques ont des conséquences sur notre sécurité »

À Davos, le secrétaire général de l'Otan a envoyé un nouveau message de fermeté à Vladimir Poutine en rappelant que les forces de traité nord-atlantique étaient plus présentes que jamais aux frontières de la Russie. Mais Jens Stoltenberg a également appelé les participants au Forum économique de Davos à tirer les leçons de cette guerre : il ne faut plus mettre en danger la sécurité collective pour des gains économiques de court terme.

14h24 : Les députés russes veulent faciliter l'interdiction de médias étrangers

Les députés russes ont adopté mardi en première lecture une proposition de loi qui doit permettre de fermer en Russie, sur simple décision du Parquet, les médias étrangers taxés de diffuser des informations jugées mensongères sur le conflit en Ukraine.

La chambre basse du Parlement russe, la Douma, a indiqué que ces médias pourront être interdits « en cas de diffusion d'informations visant à discréditer les forces armées russes ou liées à l'introduction de sanctions » contre la Russie. Selon ce projet de loi, le Procureur général ou ses adjoints auront le droit de retirer une licence de diffusion d'un média s'il publie des informations jugées « illégales » ou « dangereuses ».

14h07 : La Russie interdit l'entrée dans le pays à 154 membres de la Chambre des Lords

La Russie a interdit à 154 membres de la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique, d'entrer sur son territoire, en représailles aux sanctions visant la quasi-totalité des membres du Conseil de la Fédération, a annoncé mardi la diplomatie russe. « En réponse à la décision prise en mars par le gouvernement de Grande-Bretagne d'établir une liste de sanctions concernant presque tout le Conseil de la Fédération [...], des restrictions sont introduites à l'encontre de 154 membres de la Chambre des Lords », écrit le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

13h52 : Un accord de l'UE au sujet de l'embargo sur le pétrole russe « très improbable » dans les prochains jours, selon Viktor Orban

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui bloque l'adoption d'un embargo européen sur le pétrole russe, a estimé « très improbable » un accord dans les prochains jours, dans une lettre au président du Conseil européen Charles Michel consultée mardi par l'AFP. Dans ce courrier daté de lundi, le dirigeant hongrois ajoute qu'il serait « contre-productif » de discuter de ce sixième paquet de sanctions lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 prévu les 30 et 31 mai « en l'absence de consensus ».

13h22 : Le coût total de la reconstruction de l'Ukraine est impossible à quantifier, selon le ministre des Finances allemand

Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, a déclaré qu'il était impossible de dire combien coûterait la reconstruction de l'Ukraine, qui se concentre actuellement sur la lutte contre les troupes russes. Fournir une aide à la reconstruction à Kiev n'était pas seulement la responsabilité de l'Europe, mais aussi des organismes internationaux, a ajouté Lindner après la réunion de mai des ministres européens des Finances.

12h50 : Dernière mise à jour du ministère de la Défense britannique sur la situation en Ukraine

12h40 : La CEDH demande à l'Ukraine de mettre en sécurité des migrants retenus près du front

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a demandé à Kiev de mettre « immédiatement » en sécurité deux migrants retenus près d'Odessa, non loin du front, une situation dénoncée par des ONG qui pointent d'autres cas similaires, a-t-on appris mardi auprès de la CEDH et de l'avocate des migrants. Le gouvernement ukrainien « devrait déplacer immédiatement les requérants vers une zone plus sûre (dans le pays) et prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour assurer leur sécurité face au conflit armé en cours », a indiqué la Cour dans sa décision rendue vendredi, dont l'AFP a obtenu copie. « L'un (des requérants), d'origine palestinienne, a été libéré mais rien pour l'instant n'a été fait pour l'autre », a indiqué à l'AFP leur avocate, Me Daria Sartori, qui n'a pas précisé, « pour des raisons de sécurité », la nationalité de ce dernier.

Elle avait saisi la Cour basée à Strasbourg selon une procédure d'urgence qui permet d'ordonner des « mesures provisoires » lorsque les requérants sont exposés à « un risque réel de dommages irréparables ». La CEDH a demandé aux autorités ukrainiennes de lui fournir des informations relatives notamment aux conditions de détention et aux moyens qu'elles entendent déployer pour « protéger leur vie ». Kiev a jusqu'au 30 mai pour répondre.

12h30 : John Kerry appelle à ne pas sacrifier le climat sur l'autel de la guerre

La guerre en Ukraine ne doit pas servir de « prétexte » pour relâcher les efforts en matière de transition énergétique, a plaidé mardi à Davos l'émissaire américain pour le climat, John Kerry. « Nous ne devons pas permettre la création d'un faux récit selon lequel ce qui s'est passé en Ukraine rend inutile la nécessité de poursuivre et d'accélérer ce que nous faisons pour résoudre la crise du climat », a estimé le dirigeant américain lors d'une conférence de presse pendant la réunion du Forum économique mondial. Selon lui, « nous pouvons faire face à la crise ukrainienne ainsi qu'à la crise énergétique, tout en faisant face à la crise climatique. Personne ne devrait penser que la crise ukrainienne est un prétexte pour soudainement étendre les anciens types d'infrastructures ».

L'invasion russe en Ukraine a entraîné un profond bouleversement sur les approvisionnements en énergie, Moscou étant un des principaux exportateurs mondiaux de pétrole et de gaz, surtout en ce qui concerne l'Europe qui souhaite réduire rapidement sa dépendance aux hydrocarbures russes.

À lire aussi : Hausse des prix des carburants et ruptures de stocks aussi sur le continent africain

12h15 : À Kherson, la seule ville réellement sous contrôle du Kremlin, les autorités russes s’organisent

L'administration de la région ukrainienne de Kherson, nommée par la Russie, va demander à Moscou d'installer une base militaire sur son territoire, selon l'agence de presse russe RIA Novosti. La Russie a commencé à introduire le rouble russe comme monnaie avec des plans pour intégrer la région comme partie du territoire russe.

Selon le chef adjoint de ce que la Russie appelle « l'administration régionale civilo-militaire » de Kherson, ils n’ont « pas l'intention de devenir une république indépendante distincte. Leur tâche principale est d'être un sujet au sein de la Fédération de Russie ». Il a également déclaré que les écoles et les universités seraient gérées en russe mais que des classes ukrainiennes pourraient également être formées à la demande des parents.

12h00 : Dans le cadre d’une candidature à l'Otan, la Suède et la Finlande envoient une délégation à Ankara

La Suède et la Finlande vont envoyer des délégations à Ankara cette semaine, avec l'espoir de convaincre la Turquie de ne plus s'opposer à leur candidature pour rejoindre l'Otan, indique ce mardi le ministre finlandais des Affaires étrangères. « Quand on voit les problèmes arriver, bien sûr, on prend la voie diplomatique. Nous envoyons nos délégations visiter Ankara, depuis à la fois la Suède et la Finlande. Cela se passera demain », a dit Pekka Haavisto lors d'une table ronde à Davos, où le Forum économique mondial organise une réunion cette semaine.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a poussé Helsinki à repenser la position qui l'avait longtemps fait rester en dehors de l'Alliance atlantique, a rappelé le ministre. « Nous pensons que l'Otan est un groupe de 30 pays démocratiques avec des valeurs communes et une coopération transatlantique très forte, et c'est ce que nous recherchons en ce moment », a-t-il ajouté.

Selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères, le porte-parole de la présidence, Ibrahim Kalin, et le vice-ministre Sedat Onal participeront à la réunion qui se tiendra demain mercredi. Selon la télévision privée turque NTV, qui cite le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, Ankara a préparé un « projet d'accord » qui servira de base aux discussions. La Turquie veut des « garanties » qui peuvent être données dans un accord officiel et signé.

► À lire aussi : Adhésion de la Finlande et Suède à l'Otan: la position d’Erdogan recueille des soutiens en Turquie

11h45 : La justice russe ordonne l'arrestation de deux blogueurs pour avoir discrédité l'armée

Un tribunal de Moscou a ordonné ce mardi le placement en détention par contumace de deux blogueurs russes, accusés de discréditer l'armée russe et son offensive en Ukraine. Michael Nacke, qui anime hors de Russie un blog vidéo sur YouTube comptant plus de 700 000 abonnés, est accusé d'avoir diffusé des informations mensongères sur les forces armées russes, selon le tribunal Basmannyi de Moscou, qui a ordonné son placement en détention, selon son site. Veronika Belotserkovskaïa, blogueuse et autrice de plusieurs livres de cuisine qui vit en France, est accusée du même crime. Le tribunal a également ordonné son placement en détention par contumace, selon l'agence Tass. Il lui est reproché de s'être exprimée sur l'offensive sur son compte Instagram.

La diffusion d'informations mensongères sur les forces armées russes est passible d'une lourde peine de prison et a été défini en droit russe juste après que Vladimir Poutine a ordonné l'offensive contre l'Ukraine le 24 février dernier. Il est ainsi notamment interdit d'employer les termes de guerre ou d'invasion au sujet de l'offensive russe, ou d'accuser l'armée de crimes de guerre.

De nombreux critiques du régime mais aussi de simples internautes critiques de cette offensive font l'objet de poursuites de ce type ou ont été incarcérés, comme l'opposant Vladimir Kara-Mourza ou l'artiste Alexandra Skotchilenko. « Je prends cette arrestation par contumace, et l'affaire en général, comme le signal que le Kremlin voit des risques dans les informations que nous essayons de diffuser parmi les citoyens russophones », a réagi auprès de l'AFP Michael Nacke. « Cela signifie que ce que nous faisons est juste et que les autorités le prennent comme une menace », a-t-il ajouté. « C'est la raison pour laquelle nous allons continuer, car il n'y a rien de plus important maintenant que d'arrêter cette guerre ».

À relire : En pleine guerre en Ukraine, Moscou resserre son contrôle de l'information

11h10 : Le ministre français chargé de l'Europe « convaincu que l'Ukraine fera partie de l'UE »

Le ministre délégué français chargé de l'Europe, Clément Beaune, s'est dit « convaincu » ce mardi que l'Ukraine ferait un jour partie de l'Union européenne, tout en insistant sur l'idée d'une communauté politique européenne permettant d'« ouvrir une perspective » à Kiev en attendant une adhésion effective. « Je suis convaincu que l'Ukraine fera partie de l'Union européenne », a déclaré M. Beaune après un entretien avec la vice-Première ministre ukrainienne Olga Stefanichyna, en visite à Paris.

Dimanche, M. Beaune avait déclaré que l'adhésion de l'Ukraine à l'UE prendrait « 10 à 15 ans ». « J'ai donné des dates illustratives pour expliquer qu'un processus d'intégration complète à l'Union européenne est long », a souligné le ministre mardi en vantant de nouveau l'idée d'une communauté politique européenne.

11h00 : La Russie prépare une loi abolissant la limite d'âge pour s'engager dans l'armée

La Russie prépare la suppression d'une limite d'âge pour s'engager dans l'armée, selon l'ordre du jour de mercredi de la Douma, chambre basse du Parlement russe, un texte déposé en pleine offensive contre l'Ukraine. « Le but du projet de loi est d'éliminer la limite d'âge pour les citoyens en âge de travailler (...), à laquelle ils ont le droit de conclure le premier contrat de service militaire », indique la note explicative du projet de loi.

Selon cette note, seuls les citoyens âgés de 18 à 40 ans sont actuellement autorisés à conclure un premier contrat avec l'armée. Pour les citoyens étrangers, la fenêtre est de 18 à 30 ans. Or, « pour l'utilisation d'armes de haute précision, le fonctionnement d'armes et d'équipements militaires, des spécialistes hautement professionnels sont nécessaires », donc plus âgés.

Cette loi permettrait d'aider à « attirer des spécialistes dans des domaines populaires, principalement liés aux civils (soutien médical, ingénierie, maintenance, exploitation, communications, etc.) pour le service militaire sous contrat », indique le document.

10h45 : Le métro de Kharkiv a rouvert ce mardi matin après avoir été fermé pendant plus de deux mois

10h00 : Des cadavres découverts à Marioupol

Selon un fonctionnaire local repris par le média indépendant ukrainien Kyiv Independent, environ 200 cadavres auraient été découverts sous les décombres d'un immeuble résidentiel à Marioupol. Petro Andriushchenko, conseiller du maire de Marioupol, a indiqué que les corps avaient été retrouvés dans le sous-sol d'un immeuble de l'avenue Myru.

09h30 : La Russie utilise la faim et les céréales pour exercer son pouvoir, déclare la présidente de la Commission européenne

« La Russie utilise la faim et les céréales pour exercer son pouvoir. La coopération mondiale est l'antidote à ce chantage. 1) L'Europe travaille dur pour acheminer les céréales vers les marchés mondiaux. 2) Nous augmentons notre propre production. 3) Nous aidons l'Afrique à accroître également sa capacité de production. »

09h25 : 85 000 Ukrainiens en France après trois mois de guerre

Trois mois après le début de la guerre en Ukraine, 85 000 Ukrainiens bénéficient de l'allocation pour demandeurs d'asile (Ada) en France, a indiqué le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) Didier Leschi. « Au 20 mai, 85 000 déplacés Ukrainiens étaient couverts par l'Ada », dont 45 000 cartes de paiement ont été délivrées à ce jour à des familles qui ont quitté le conflit, a précisé le directeur général de l'administration qui verse cette allocation. Il s'agit de l'indicateur le plus fiable pour mesurer le nombre de déplacés ukrainiens installés en France depuis l'invasion russe du 24 février.

Depuis plusieurs semaines, l'Ofii, organe sous tutelle du ministère de l'Intérieur, délivre ces allocations à des Ukrainiens au rythme de « 300 par jour », a précisé le préfet Leschi. Début mars, lors de la première réunion de la cellule interministérielle de crise (CIC) sur l'Ukraine, la France avait anticipé l'arrivée de « 50 000, peut-être 100 000 réfugiés » de ce conflit, selon les propos du pilote de la CIC Joseph Zimet. Ce dernier avait alors insisté sur la nécessité de redimensionner les capacités d'hébergement pour faire face à un tel afflux.

Parmi les 85 000 personnes, « 8 000 sont en logement », tandis que les autres sont hébergées dans des structures d'accueil ou par le biais d'hébergements chez l'habitant, a précisé mardi le patron de l'Ofii Didier Leschi. L'allocation pour demandeurs d'asile, attribuée aux réfugiés ukrainiens même si ces derniers n'ont pas besoin de demander l'asile (ils bénéficient de la « protection temporaire » enclenchée par l'Europe), s'élève à 6,80 euros par jour et pour une personne.

Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies recensait dimanche plus de 6,5 millions de déplacés qui ont fui l'Ukraine, dont plus de la moitié en Pologne.

09h00 : Sur le front, les Ukrainiens utilisent de l'artillerie fournie par l'Occident, affirme l’armée

Les forces ukrainiennes pilonnent désormais les positions russes avec des systèmes d'artillerie occidentaux tout nouvellement acheminés, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée ukrainienne. Les combats continuent de faire rage sur de vastes parties de l'est et du sud de l'Ukraine et une grande partie des batailles prennent la forme de heurts d'artillerie de longue portée entre armées russe et ukrainienne.

Jusqu'à présent, l'Ukraine utilisait en grande partie des obusiers hérités de l'époque soviétique. Mais ces dernières semaines, des systèmes d'artillerie dernier cri fournis à l'Ukraine par des pays étrangers, dont des M777 américains, sont arrivés sur la ligne de front.

Washington et l'Europe ont consacré des milliards d'euros en armements pour aider l'Ukraine à repousser l'invasion de l'armée russe, mieux équipée que la sienne. « Au nom des hommes qui utilisent à présent le M777, je dirais que c'est comme passer du train à vapeur à la voiture électrique », a déclaré lundi soir à l'AFP le capitaine Dmytro Pletentchouk, de l'administration militaire de Mykolaïv (sud). « Ces systèmes sont maintenant utilisés par les forces armées ukrainiennes et ils le sont avec beaucoup de succès », a-t-il dit, sans révéler les positions sur lesquelles ils se trouvaient. « Nos ennemis en sont très affectés », a-t-il lancé, précisant que les échanges de tirs d'artillerie avaient lieu dans la région « chaque jour et chaque nuit ».

Selon lui, la ligne de front près de cette ville portuaire s'est largement stabilisée après la tentative des forces russes de prendre Mykolaïv dans les premières semaines de cette guerre entamée le 24 février. La ville demeure un bouclier stratégique protégeant Odessa, le plus grand port ukrainien. « Nous allons tenir Mykolaïv », a assuré M. Pletentchouk. « Mais, laissez-moi insister : disposer d'armes occidentales sur n'importe quelle partie de la ligne de front renforce considérablement notre position tactique et stratégique », a-t-il ajouté.

08h40 : L'ex-président prorusse de Moldavie en garde à vue pour trahison et corruption

L'ex-président prorusse de la Moldavie, Igor Dodon, a été placé mardi en garde à vue, soupçonné de trahison et corruption, a annoncé le parquet de ce pays où les tiraillements entre pro-occidentaux et pro-russes se sont accentués avec le conflit en Ukraine. « Igor Dodon a été arrêté mardi matin pour 72 heures. Il est détenu au centre de détention provisoire du Centre national de lutte contre la corruption », a annoncé la porte-parole du bureau de procureur général Mariana Chiorpec. Il est ciblé dans le cadre d'une enquête pour « trahison d'État », « corruption passive », « financement d'un parti politique par une organisation criminelle » et « enrichissement illégal ».

Les enquêteurs soupçonnent M. Dodon d'avoir touché de l'argent en 2019 d'un allié politique et oligarque sulfureux, Vlad Plahotniuc, qui s'est exilé depuis et fait l'objet de sanctions américaines. Igor Dodon a présidé la Moldavie de 2016 à 2020, et était ouvertement soutenu par Moscou. Pays majoritairement roumanophone mais à forte minorité russophone, le pouvoir y passe régulièrement des prorusses aux pro-occidentaux, nourrissant des crises politiques à répétition. Après de multiples scandales ayant éclaboussé M. Dodon, sur fond de corruption et de pauvreté endémique, la pro-européenne Maïa Sandu a remporté en 2020 et 2021 coup sur coup la présidentielle et les législatives, ancrant fermement son pouvoir.

Depuis l'offensive russe contre l'Ukraine, Chisinau a affiché un soutien résolu à Kiev. Elle accueille des réfugiés de guerre, a déposé une candidature d'adhésion à l'UE et obtenu la promesse européenne d'une hausse importante de l'aide militaire. Car la Moldavie, qui abrite la Transdniestrie, un territoire séparatiste prorusse frontalier de l'Ukraine, craint que Moscou puisse la choisir comme cible. D'autant que la région sécessionniste a dit avoir été visée en avril par des tirs venant d'Ukraine. Les autorités russes ont elles exprimé des critiques très virulentes à l'égard de la Moldavie.

► À lire aussi : «Un problème majeur pour le pays»: la Moldavie face à l’omniprésente propagande russe

08h20 : Le nombre de pertes russes au 24 mai, selon les autorités ukrainiennes

07h40 : « La Russie veut utiliser la peine de mort comme moyen de pression et de répression »

Avec la sortie de la pandémie, le nombre d'exécutions dans le monde a augmenté en 2021, déplore Amnesty International dans son rapport annuel. Un bond de 20% en ce qui concerne les exécutions, 40% pour les condamnations à mort. La peine de mort est aujourd'hui surtout utilisée comme un outil de pression et de répression, selon Anne Denis, responsable pour l'ONG de la commission de la peine de mort. Elle cite notamment la Russie où certains hommes politiques ont réclamé ces derniers jours le retour de la peine de mort pour les soldats ukrainiens arrêtés à Marioupol.

07h20 : Valentina Sierikova ou l'impensable guerre

Pour beaucoup d'habitants du Donbass, l'invasion russe a été un choc. Reportage près de Drouzhkivka, 60 000 habitants, où RFI a rencontré Valentina Sierikova, 90 ans, dont la moitié en usine, sous l'Union soviétique.

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07h00 : Le ministre ukrainien des Affaires étrangères réclame plus d'armes

« Il est trop tôt pour conclure que l'Ukraine dispose déjà de toutes les armes dont elle a besoin. L'offensive russe dans le Donbass est une bataille sans merci, la plus importante sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. J'exhorte les partenaires à accélérer les livraisons d'armes et de munitions, en particulier les MLRS, l'artillerie à longue portée et les véhicules blindés de transport de troupes. »

06h45 : Un embargo de l'UE sur le pétrole russe possible « d'ici quelques jours », selon Berlin

Un embargo européen sur le pétrole russe est possible « d'ici quelques jours », a estimé le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck, alors que le sujet ne fait pour l'instant pas l'unanimité nécessaire au sein des Vingt-Sept. « Il n'y a plus que quelques États, surtout la Hongrie, qui ont signalé des problèmes », a dit M. Habeck lundi soir à la télévision publique ZDF. Mais « les discussions se poursuivent » et « je pense que nous allons réussir une percée d'ici quelques jours ».

Les Européens ont déjà annoncé la fin des importations de charbon russe à partir d'août prochain. Mais un embargo sur le pétrole d'ici la fin de l'année est encore en cours de discussion. « Un embargo est à portée de main », selon M. Habeck, les sanctions européennes devant être décidées à l'unanimité.

À l'origine, Bruxelles prévoyait un arrêt des importations de pétrole brut russe dans les six mois et des produits raffinés d'ici à fin 2022. Mais la Hongrie refuse pour l'instant ce sixième paquet de sanctions proposé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, faute de garanties sur le maintien de son approvisionnement. Le Premier ministre Victor Orban, qui a avalisé jusqu'à présent toutes les sanctions européennes malgré sa proximité avec Vladimir Poutine, redoute également une hausse des prix. Pays enclavé, sans accès à la mer, la Hongrie dépend du pétrole acheminé de Russie par l'oléoduc Droujba. Budapest a donc demandé une exemption pour l'approvisionnement par cette voie, représentant, avec 0,7 de 2,8 millions de barils par jour, une faible partie des achats européens.

Une dérogation de deux années proposée à la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque est jugée insuffisante par le gouvernement hongrois. Il a demandé au moins quatre années et près de 800 millions d'euros en financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité de l'oléoduc Adria qui vient de Croatie. Depuis l'invasion de l'Ukraine, l'UE cherche aussi à réduire rapidement sa dépendance du gaz russe.

►À lire aussi : La Hongrie freine le projet européen d'embargo sur le pétrole russe

06h30 : Des réfugiés ukrainiens arrivent au Canada

06h15 : Si Moscou s'empare de la poche de Severodonetsk, l'ensemble de l'oblast de Louhansk sera placé sous occupation russe

Selon le point quotidien du ministère britannique de la Défense, la Russie a augmenté l'intensité de ses opérations dans le Donbass en cherchant à encercler Severodonetsk, Lyschansk et Rubizhne. Actuellement, les axes nord et sud de cette opération sont séparés par environ 25 km de territoire tenu par les Ukrainiens. Ces derniers ont opposé une forte résistance, les forces occupant des positions défensives bien retranchées. « L'opération de force conjointe » de l'Ukraine, établie de longue date, conserve probablement le commandement et le contrôle effectifs de ce front. La Russie a toutefois obtenu quelques succès localisés, dus en partie à la concentration des unités d'artillerie.

Si la Russie s'empare de la poche de Severodonetsk, l'ensemble de l'oblast de Louhansk sera placé sous occupation russe. Bien qu'elle constitue actuellement l'effort principal de la Russie, cette opération n'est qu'une partie de la campagne menée par la Russie pour s'emparer du Donbass. Si la ligne de front du Donbass se déplace plus à l'ouest, les lignes de communication russes seront étendues et les forces russes seront probablement confrontées à de nouvelles difficultés de réapprovisionnement logistique.

05h50 : Sur fond de guerre, un diplomate russe basé à Genève démissionne

« Jamais je n’ai eu autant honte en 20 ans de carrière diplomatique. » Ces mots, ce sont ceux de Boris Bondarev. Conseiller à la mission russe auprès des Nations unies à Genève, ou plutôt ex-conseiller. Dans une lettre rendue publique lundi 23 mai, ce diplomate a en effet décidé de quitter son poste pour s’opposer à la guerre en Ukraine. C’est l’un des rares diplomates russes à l’avoir fait depuis le début du conflit. En tout cas publiquement.

C’est une simple lettre. Sept paragraphes écrits serrés sur une feuille A4. Mais qui font plus parler dans les couloirs de l’ONU que beaucoup de résolutions votées dans les assemblées, rapport notre correspondant à Genève Jérémie Lanche. Dans sa déclaration, Boris Bondarev s’en prend aux dirigeants russes, accusés d’avoir lancé la guerre pour mieux se maintenir au pouvoir. Il écorne au passage l’image du ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov, symbole selon lui de la déliquescence de la Russie. En quelques années, il est passé d’un « professionnel respecté » par ses collaborateurs à « quelqu’un qui menace le monde du feu nucléaire ». La diplomatie russe n’a plus rien à voir avec la diplomatie, dit encore Bondarev. Elle n’est là que pour « pousser à la guerre, mentir » et propager « la haine ».

La mission russe à Genève n’a pas voulu faire de commentaire à ce stade. Interrogé par l’agence Associated Press, Bondarev, lui, a depuis précisé qu’il souhaitait que ses collègues suivent son exemple. « Tous les diplomates russes ne sont pas des va-t’en guerre, a-t-il dit. Mais ils sont raisonnables, ils savent qu’ils doivent la boucler ».

05h30 : À Odessa, ville relativement épargnée jusqu’à présent, le conflit est dans tous les esprits

Au premier abord on pourrait penser que tout est normal, qu’Odessa ressemble un peu à un havre de paix par rapport à l’Est du pays, racontent nos envoyés spéciaux Sébastien Nemeth et Jad el-Khoury. Et c’est vrai aussi qu’il y a eu peu de bombardements sur la ville, peu de destructions. Pourtant, tout vous rappelle que le conflit est bien là. Les nombreux barrages et contrôles de l’armée, les sirènes qui alertant les habitants d’une menace sur la ville ou encore les tirs de la défense aérienne.

Avec les beaux jours, les promeneurs profitent des bords de mer, mais personne ne se baigne, aucun bateau n’est de sortie. Pour cause, la côte subit depuis mars un blocus total. Les navires russes menacent au large, et des mines flottantes ont été repérées. Le port de la ville, infrastructure clé du pays, d’où des tonnes et des tonnes de denrées alimentaires sont exportées dans le monde chaque année, a été bunkerisé et vit sous menace constante.

Les autorités ont donc trouvé des solutions alternatives, faisant sortir les marchandises par train, par route, par voie fluviale. Mais on est loin d’atteindre les capacités d’exportation normales. D’où une inflation mondiale de certains cours.

Autre signe que la guerre n’est jamais loin, dans les rues on rencontre des Ukrainiens d’un peu partout et notamment de l’Est, venus se réfugier dans la cité portuaire à cause des violences. Et beaucoup sont partagés après trois mois de guerre. Certains, comme Kiril, disent qu’il faut arrêter de faire couler le sang, stopper les morts inutiles et négocier. « J’espère rentrer avant la fin de l’été, retrouver une vie normale, reconstruire, revenir où j’ai grandi », dit-il. D’autres comme Antonina ont été galvanisés par la reprise de Kharkiv par les forces ukrainiennes et croient en une victoire face aux Russes. « La solution politique doit passer après la partie militaire », selon elle. On voit donc que, ce conflit, à la fois si loin et si proche d’Odessa, reste bien sûr dans tous les esprits.

05h10 : Trois mois de conflit et des milliers de morts des deux côtés

L'« opération spéciale » souhaitée par la Russie n’aurait dû durer que quelques jours, Moscou pensant que Kiev serait vite prise par ses troupes. Mais la guerre semble partie pour durer, comme le souligne de plus en plus d’experts. Une guerre très violente sur le terrain et une guerre d’images et d’informations. Si à l’heure actuelle ni Kiev, ni Moscou n’ont communiqué de chiffres précis sur les pertes au sein de leurs armées, les estimations qui circulent font état de pertes colossales du côté russe.

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Trois mois de guerre en Ukraine, au moment où les troupes russes concentrent leur offensive sur la dernière poche de résistance de la région de Louhansk, dans le Donbass (est).

Après avoir éloigné les forces russes des deux plus grandes villes du pays, la capitale Kiev fin mars et début avril puis Kharkiv en mai, les Ukrainiens reconnaissent depuis quelques jours des « difficultés » dans le Donbass, formé par les oblasts de Louhansk et Donetsk.

« Les prochaines semaines de guerre seront difficiles », a prévenu lundi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son allocution télévisée quotidienne. « Les occupants russes s'efforcent de montrer qu'ils n'abandonneront pas les zones occupées de la région de Kharkiv (nord-est), qu'ils ne rendront pas la région de Kherson (sud), les territoires occupés de la région de Zaporijjia (sud-est) et le Donbass (est). Ils avancent quelque part. Ils renforcent leurs positions ailleurs », a-t-il poursuivi.

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