La diplomatie religieuse du Maroc, efficace instrument de soft power en Afrique

Dessin de Hassan Bleibel paru dans Daily Star, Beyrouth.

Les institutions religieuses contrôlées par le roi du Maroc, Mohammed VI, sont nombreuses. Elles dirigent l’interprétation des textes, la diffusion du Coran, les études théologiques – psalmodie et exégèse comprises –, mais également l’influence politique de la religion.

En 2004, l’essayiste Bernard Cubertafond avait rédigé un article intitulé “Mohammed VI, commandeur des croyants au secours de la laïcité ?” [Confluences Méditerranée, Paris, L’Harmattan]. Il y évoquait le contrôle du monarque marocain sur la pratique religieuse dans le royaume. Il s’agissait alors, peu de temps après les attentats terroristes à Casablanca [le 16 mai 2003], d’expliquer comment Mohammed VI avait maîtrisé la situation à coups de législation et d’interprétations des textes religieux.

Une lecture simpliste ? Probablement, mais une lecture dans l’ère du temps, surtout. L’écrivain comparait alors la réforme religieuse marocaine à la loi française sur le foulard. Mais ce que Cubertafond a découvert en observant les réformes religieuses de Mohammed VI à travers un prisme occidental, c’est leur volet socio-politique. Car, au Maroc, le débat n’a jamais été religieux, mais plutôt social du côté des populations et politique du côté de la monarchie.

Dix-huit ans plus tard, c’est notamment, et surtout, par le biais des institutions religieuses, que Mohammed VI, souvent accusé d’absentéisme, garde ce lien inébranlable qui confirme sa suprématie sur le quotidien des Marocains.

La voie marocaine

Les réformes religieuses de Mohammed VI ont été nombreuses. Il s’agissait, dans les années 2000, de réactiver la tutelle du ministère des Habous [sorte de fondation religieuse] et des Affaires islamiques sur les imams. Une tutelle en bonne et due forme sur la formation des prédicateurs, l’interprétation des textes et la séparation du religieux et du politique.

En quelque sorte, Mohammed VI a établi une forme d’anglicanisme [ou religion d’État] marocain de l’islam. À court terme, il voulait normaliser la religion afin d’éviter au Maroc l’amalgame entre islam et terrorisme qui avait provoqué la décennie noire en Algérie et la propagation du fondamentalisme dans les autres pays arabo-musulmans.

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