Des diplomates européens chahutés par des manifestants israéliens

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C’est un projet qui suscite beaucoup d’inquiétudes sur la scène internationale. Le gouvernement israélien a lancé dimanche 15 novembre un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle colonie à Jérusalem-Est. La démarche a été dénoncée par l’ONU, l’Union européenne et de nombreux pays. Elle est vue comme une menace sérieuse à la viabilité de la solution à deux Etats car cette colonie couperait Jérusalem-Est du sud de la Cisjordanie, empêchant toute continuité territoriale. En geste de protestation, une quatorzaine de diplomates européens se sont rendus sur place ce lundi. Mais ils ont été accueillis par des manifestants de la droite radicale israélienne.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

A leur arrivée à l’entrée de Givat HaMatos, les diplomates européens ont vu courir vers eux une vingtaine de manifestants. Brandissant des drapeaux israéliens, ils ont qualifié les diplomates européens d’ « antisémites », leur intimant de « rentrer chez eux ». Pour eux, Israël a trop longtemps repoussé les projets de construction dans cette colonie. Les pressions internationales avaient réussi à faire plier Benyamin Netanyahu, dénonce Aryeh King, maire adjoint de Jérusalem et organisateur de ce rassemblement : « La seule raison pour laquelle nous n’avons pas construit ici, ce n’est pas à cause de Trump, Biden ou Obama mais c’est à cause de Bibi Netanyahu, le dirigeant faible que nous avons dans notre pays, qui a peur de son ombre. »

Sur place, les diplomates ont reçu les explications de Ir Amim, une organisation israélienne qui dit défendre « une Jérusalem équitable et stable ». Le représentant de l’Union européenne, Sven Kühn von Burgsdorff, tente d’engager le dialogue avec quelques manifestants mais sans succès. C’est finalement dans un autre quartier qu’il a pu prendre la parole : « Israël est une société démocratique libre. Bien sûr, tout le monde peut protester et manifester un désaccord avec un point de vue que quiconque exprime. Malheureusement, nous n’avons pas pu engager un dialogue normal avec les manifestants. »

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Pour l’Union européenne, ces constructions menacent la continuité territoriale entre deux parties de territoires internationalement reconnus comme palestiniens, Jérusalem-Est et le sud de la Cisjordanie, changeant ainsi les paramètres internationalement acceptés de résolution du conflit sans négociation. Elle demande aux autorités israéliennes d’annuler cet appel d’offres. Et en appelle aussi aux nouveaux partenaires arabes d’Israël : « Les Emirats arabes unis et Bahreïn ont signé des accords de normalisation afin d’arêter l’annexion. Cela a été dit explicitement par les représentants des deux pays. Ce que nous voyons ici est une tentative d’annexion de facto. Et cela ne peut pas continuer. »

Un rappel à leurs responsabilités lancés alors que le ministre bahreïnien des Affaires étrangères est justement attendu ce mercredi à Jérusalem.