"Dinah me manque": la mère de l'adolescente victime de harcèlement scolaire témoigne

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La mère de Dinah témoigne sur BFMTV - Capture d'écran de l'antenne
La mère de Dinah témoigne sur BFMTV - Capture d'écran de l'antenne

"J'entends sa voix, partout où je vais je l'entends." Samira Gonthier, la mère de Dinah est revenue pour BFMTV sur sa douleur après le suicide de sa fille. Âgée de 14 ans, celle-ci a été retrouvée pendue dans sa chambre à Kingersheim, dans le Haut-Rhin, dans la nuit du 4 au 5 octobre. Selon sa famille, elle avait été harcelée par des élèves de son collège. Un calvaire de plus de deux ans, qui aurait débuté subitement, de la part de camarades de classe, qui étaient à l'origine ses amies:

"Quand elle était au collège, fin 4e, début 3e, elle a fait connaissance de quelques jeunes filles de sa classe, c'est devenu un groupe d'amies, elles s'entendaient super bien. Elles faisaient des pique-niques ensemble, dormaient les unes chez les autres", se remémore Samira Gonthier sur notre antenne.

"Elle pouvait passer une heure à être secouée"

Mais les relations entre les jeunes filles vont subitement se dégrader. Samira Gonthier raconte notamment que Dinah avait tendance à corriger les fautes d'orthographe de ses camarades, car elle "aimait bien la langue française", ce qui a fini par leur déplaire. Une colère envers la jeune fille, qui s'est par la suite manifestée au sujet de l'orientation sexuelle de Dinah:

"Elle leur a parlé du mouvement LGBT, qu'elle suivait. À partir de ce moment, elles n'étaient pas d'accord avec ce qu'elle défendait, et elles ont commencé à lui envoyer des messages, la bousculer, la critiquer les unes après les autres, ou toutes ensembles", détaille-t-elle. "En classe on la bousculait, on lui tapait sa chaise, elle pouvait passer une heure à être secouée. On a aussi pris son carnet de correspondance pour dessiner des obscénités dessus", un carnet de correspondance qui est entre les mains de la police dorénavant.

En voyant le calvaire que subit sa fille, Samira Gonthier décide pendant le confinement d'aller déposer une main courante. Elle est finalement dissuadée par sa fille, qui lui affirme que les choses risquent de s'empirer en cas de plainte.

"Va mourir ailleurs"

Mais désespérée et seule, Dinah tente une première fois de mettre fin à ses jours en mars 2021. Après avoir survécu à son geste, elle envoie une lettre à ses harceleuses, pour leur "demander pardon".

"Et elles lui ont envoyé une lettre, que j'ai lu après être allé la chercher au collège. J'ai dû m'arrêter sur la route tellement la lettre était violente. "Je te hais, tu n'as pas compris que je te hais, qu'on te déteste tous, laisse nous tranquille, va mourir ailleurs, la prochaine fois ne te rate pas. La lettre je l'ai déchirée en mille morceaux, car ma fille pleurait à chaque fois qu'elle la lisait", raconte la mère de Dinah.

Aujourd'hui, Samira Gonthier regrette d'avoir déchiré la lettre qui aurait pu être un élément-clé pour l'enquête ouverte par le parquet de Mulhouse. Mais elle affirme ne pas avoir imaginé une seule seconde que sa fille irait jusqu'à commettre l'irréparable.

"Dinah me manque, on se faisait le câlin du soir, du matin, on s'embrassait beaucoup et on faisait du vélo ensemble. Ses deux frères vivaient dans une ville différente donc depuis trois ans c'était elle et moi", explique-t-elle, assurant "entendre encore sa voix".

Si elle dit "ne pas avoir de haine" contre les harceleuses de sa fille, Samira Gonthier a néanmoins décidé de porter plainte contre X et contre le collège "qui n'a rien fait" pour aider sa fille.

Article original publié sur BFMTV.com

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