"Trop d'immigration, trop de violence", les militants du RN disent leur "ras-le-bol"

·3 min de lecture

"Trop d'immigration, trop de violence": Lucien Félicité, militant de longue date au Rassemblement national, est venu samedi en Seine-et-Marne applaudir la tête de liste aux élections régionales en Ile-de-France, Jordan Bardella, qui a dénoncé avec force l'insécurité et la "barbarie" grandissantes à ses yeux.

Il s'agissait de l'unique grand meeting du parti d'extrême droite en France, contraint par la crise sanitaire ainsi que des finances dans le rouge, pour les élections régionales et départementales des 20 et 27 juin prochains.

Candidat aux départementales à Vigneux-sur-Seine (Essonne), en binôme avec l'ancienne suppléante de Nicolas Dupont-Aignan, Lisa Haddad, Lucien Félicité n'en peut plus des rodéos urbains dans sa ville, où "tous les voilés ont voté" pour le maire l'an dernier parce qu'il "va agrandir la mosquée", avance-t-il.

"On espère que ça va changer. Il y a trop d'immigration, trop de violence, ça n'existait pas comme ça avant", ajoute ce militant au RN depuis 32 ans, technicien à la mairie de Paris.

Sa fille a déchiré son affiche près de l'école en disant "on se tape la honte". "Mais pourquoi je serais facho ?", demande-t-il en précisant qu'il vient de la Réunion.

"Il n'y a plus de mélanges, que des clans, des communautés", dit M. Félicité, qui trouve que le polémiste Eric Zemmour "a raison: c'est le grand remplacement dans le RER, on ne va plus être français".

Il trouverait "logique" que les jeunes "dans les cités, qui brûlent le drapeau, retournent dans leur pays". "Il y en a ras-le-bol", abonde sa voisine Suzanne.

Coiffés chacun d'un Borsalino, les deux frères Didier et Dominique Pech, 72 et 70 ans, anciens militants du mouvement néofasciste Ordre nouveau qui ont participé à la fondation du Front national en 1972, sont venus défendre "l'identité" de la France mais craignent, entre les deux tours des régionales, "un regroupement familial de l'extrême gauche à la droite qui empêche" le RN de gagner, alors qu'il est donné en tête au premier tour dans six régions sur 13.

- "Changement de population" -

Ancien normalien reconverti dans la permaculture, Gilles Robert, 47 ans, vient écouter ce que dira M. Bardella sur l'écologie. Il vient de la gauche et a rejoint le RN en lisant l'essayiste d'extrême droite Alain Soral - qui déclarait que "Marx aurait voté Le Pen" et a quitté le parti en 2009 -, même s'il le trouve "monomaniaque sur l'antisémitisme".

Nadejda Remy, traductrice d'origine russe et candidate ex-Debout la France dans le Val d'Oise, est surtout venue soutenir Marine Le Pen face à Emmanuel Macron pour "sortir le pays de l'impasse": "Les régionales, c'est comme une petite répétition de la présidentielle".

Casquette "Trump 2024" vissée sur la tête, drapeau confédéré cousu sur sa veste, Philippe Steens embrasse son "amie", Marie-Caroline Le Pen, fille aînée de Jean-Marie Le Pen et candidate aux régionales en Ile-de-France.

Il dénonce les trop faibles condamnations pour des "tirs au mortier contre la police", et ne veut pas "le changement de population" car "on perd toutes nos valeurs et notre culture".

Un militaire qui veut rester anonyme pense qu'il est "temps de reprendre les choses en main", en saluant la récente tribune controversée de militaires alertant sur le risque d'une "guerre civile" en France.

Sur l'estrade, alors qu'au même moment gauche et associatifs manifestaient dans plusieurs villes contre l'extrême droite, Jordan Bardella dénonce "la montée de la barbarie" et juge "insupportable d'entendre le président Macron parler de +sentiment+ d'insécurité", sous les huées des militants. Ils sifflent aussi copieusement les ministres Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti.

"Ils n'ont rien dans le pantalon", crie un participant dans la foule de près de 500 personnes.

"On peut se faire tabasser (...) parce qu'on est un peu trop français", s'insurge M. Bardella, qui veut "relocaliser chez eux" les délinquants en situation irrégulière. "On est chez nous", scandent alors les militants en agitant des petits drapeaux français.

are/reb/cb

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles