Euthanasie, suicide assisté, sédation profonde : quelles sont les différences ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
Atteint d'une maladie orpheline incurable et faute d'avoir été autorisé au suicide assisté, Alain Cocq avait décidé en septembre dernier de se laisser mourir en direct sur Facebook pour alerter l’opinion sur la question de la fin de vie.

Ce jeudi 8 avril, un débat sur la fin de vie sera étudié à l'Assemblée suite à une proposition de loi du député Olivier Falorni. Un texte qui veut légaliser l'euthanasie, à ne pas confondre avec le suicide assisté ou avec la sédation profonde, déjà autorisée en France. On vous explique.

Il s'agit d'une journée très importante à l'Assemblée. Ce jeudi 8 avril, un débat ultrasensible a lieu à l'Assemblée nationale suite à la proposition de loi du député Liberté et Territoire Olivier Falorni sur la fin de vie. Soutenu par 270 députés de tous bords, ce texte vise à légaliser l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une pathologie incurable, ce qui divise notamment au sein de la majorité. 

Cette proposition de loi intervient 5 ans après la dernière loi votée sur la fin de vie, la loi Claeys-Leonitti du 2 février 2016. Celle-ci autorise la sédation profonde mais interdit l'euthanasie ainsi que le suicide assisté, qui sont des termes à bien différencier pour comprendre les enjeux de ce débat qui pourrait durer très longtemps.

La sédation profonde

La sédation profonde, qui est donc autorisée en France, permet à une personne souffrant d'une pathologie incurable de bénéficier de sédatifs, des substances anti-douleurs et apaisantes, lorsque son pronostic vital est engagé à court terme (quelques heures ou quelques jours) et dont la souffrance est insupportable, afin d'être endormis jusqu'à leur mort. Ce que Jean Leonetti, co-auteur de cette dernière loi sur la fin de vie, appelle "le droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir". 

Vidéo - Débat sur l'euthanasie : en immersion avec une unité de soins palliatifs

Cette sédation est accompagnée d’un arrêt des traitements, y compris de l’alimentation et de l’hydratation, pour laisser la maladie évoluer naturellement jusqu'à la mort du patient. On parle également de "laisser mourir" ou d'"euthanasie passive".

L'euthanasie 

L'euthanasie est une pratique condamnée en France. Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) la définit comme "un acte destiné à mettre délibérément fin à la vie d'une personne atteinte d'une maladie grave et incurable, à sa demande, afin de faire cesser une situation qu'elle juge insupportable." Il s'agit donc d'une mort douce donnée par un médecin, à la demande du patient, effectuée à l'aide d'une injection létale. Plusieurs pays européens autorisent l'euthanasie comme la Belgique, les Pays-Bas ou plus récemment l'Espagne

Le suicide assisté

Le suicide assisté, également appelé suicide avec assistance médicale ou l'assistance au suicide est également interdit en France. Comme pour l'euthanasie, il s'agit d'une injection létale mais cet acte se différencie par le fait que le patient s'injecte lui-même le produit létale, d'où le terme de "suicide". C'est le médecin qui fournit le produit au patient. Ce procédé est autorisé en Suisse, aux Pays-Bas ainsi qu'en Espagne.

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