«Diane a les épaules», amère porteuse

Libération.fr

Clotilde Hesme irradie dans le rôle d’une femme tiraillée entre sa vie amoureuse et son engagement dans une GPA.

Diane porte l’enfant d’un couple d’amis homos lorsqu’elle rencontre Fabrizio et en tombe amoureuse. Ainsi résumé, le point de départ du film pourrait être trompeur quand à sa nature : Diane a les épaules ne cherche pas à alimenter le débat sur la GPA, celle-ci y étant considérée comme un fait qui, n’ayant plus à être discuté, peut devenir prétexte à une comédie sentimentale. En termes de récit, la GPA apporte en effet de nouvelles possibilités, d’inédites constructions amoureuses ou formes de jalousies. Par exemple, comment peut se construire un couple lorsque la femme attend un enfant qui ne lui est pas destiné ?

On regrette d’abord que ce film assez distendu rate l’occasion de pousser à bout toutes les pistes narratives qu’ouvre son sujet, comme le ferait une grande comédie à la Blake Edwards. Mais cette nonchalance a aussi son charme et, surtout, il apparaît progressivement que le vrai moteur du film n’est pas son sujet mais son actrice principale, Clotilde Hesme. Elle commence par agacer avec sa manière de forcer la joie et la fantaisie, mais on comprend que c’est la définition même de son personnage que de surjouer l’enthousiasme ou de feindre l’indifférence. Elle cache ainsi un mal-être, une contradiction entre son corps et son esprit que le corps est le premier à trahir à travers une succession de crispations et de relâchements, de déboîtements et d’élans soudains. Cette dimension très physique du jeu de Hesme apporte un intéressant contrepoint burlesque au réalisme du scénario, et elle influe ou déteint sur les comportements des autres personnages, eux-mêmes contraints à régulièrement maîtriser leurs débordements.

Dans la dernière partie, lorsque l’enfant paraît, cette tension entre le contrôle de soi et le lâcher-prise se concentre sur le visage de l’actrice, en particulier dans deux scènes étonnantes : Diane tentant de retenir ses contractions (...)

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