Le diable est mort, vive Lilith !

C’est dans les années 1970 que sont apparus, à Moscou, à Leningrad et à Odessa, les premiers satanistes de ce qui était alors l’URSS. Cette mode s’est développée avec la perestroïka et le flot de livres bas de gamme qui l’a accompagnée. Nous avons alors eu nos mages et sorciers maison. On trouve des sectes satanistes à Moscou, Saint-Pétersbourg et leurs alentours, à Iaroslavl, Bielgorod, Arkhangelsk, Briansk, au Birobidjan, à Vologda, Vladivostok, Khabarovsk, Nijni-Novgorod, Iakoutsk. Rien que pour Moscou, on compte une soixantaine d’obédiences différentes, qui rassemblent, selon le ministère russe de l’Intérieur, plus de 5 000 adeptes.
Traditionnellement, le satanisme est considéré comme une “foi inversée” : le diable de la chrétienté devient Dieu, les vertus sont qualifiées de vices et la croix à l’envers est le symbole le plus usité des adorateurs des ténèbres.
La seule secte sataniste féminine [russe] a été créée juste après la guerre par les lesbiennes de Moscou et de Podolsk. Les adeptes adorent la première femme, Lilith, et ont adopté le rat pour emblème.
“La Bible chrétienne ment. Ce n’est pas Eve que Dieu a créée à partir de la côte d’Adam, c’est Lilith. Elle était splendide, mais avait un caractère… difficile. Finalement, Dieu et Adam lui-même en ont eu assez et l’ont éliminée. Ensuite, Adam s’est vu offrir une autre femme”, explique l’une des adeptes. Celles-ci ne croient qu’en leur chef, qui porte le titre de Souveraine des rats. Lilith était une protectrice des animaux, et la secte a choisi le rat car c’est un mammifère intelligent et résistant. La secte enseigne que les femmes seront amenées à diriger le monde ; les “filles du rat” doivent donc aspirer à la perfection physique et morale, et établir leur domination sur les hommes. Auparavant, elles refusaient par principe d’avoir des enfants et s’efforçaient d’adopter des orphelines, mais la nouvelle génération se bat pour prolonger la “lignée de Lilith” grâce à l’insémination artificielle. La secte regroupe plus de 300 jeunes femmes âgées de 16 à 36 ans.

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