Combien d'extraterrestres dans notre galaxie? Les explications de deux chercheurs

EXTRATERRESTRES - Sommes-nous seuls? L’univers est si immense qu’il est probable que d’autres formes de vies existent. Mais si c’est le cas, pourquoi n’avons-nous pas entendu parler d’eux? Tels sont les mystères au cœur du paradoxe de Fermi, qui s’interroge sur l’absence de découvertes d’extraterrestres.

Paru dans la revue The Astrophysical Journal le 4 avril dernier, un nouvel article s’intéresse à cette question et se demande la chose suivante: combien y-a-t-il de CETI possibles dans notre galaxie et quelle est la probabilité de réussir à communiquer avec eux?

Les deux auteurs chinois de l’étude Wenjie Song et He Gao, membres du département d’astronomie de l’université de Pékin, estiment qu’il y aurait au minimum 111 civilisations intelligentes extraterrestres communicantes (ou CETI) dans notre galaxie.

Jusqu’à 42.000 civilisations intelligentes dans notre galaxie?

Il est difficile d’étudier les autres civilisations car nous n’avons qu’un seul point de référence: les humains sur Terre. Pourtant, de nombreux chercheurs ont abordé la question. Une étude de 2020, par exemple, a conclu qu’il y a probablement 36 CETI dans la Voie lactée. La méthode scientifique qui avait été utilisée est reprise dans ces nouvelles recherches, en s’attardant sur deux paramètres qui sont jusqu’ici hypothétiques.

Le premier paramètre concerne le nombre de planètes habitables et la fréquence à laquelle la vie sur ces planètes évolue vers une civilisation intelligente (CETI). Le second est de savoir quel âge a son étoile hôte lorsqu’une telle forme de vie apparaît. D’après leurs résultats, le nombre de CETI qui existent ou ont existé dans la Voie lactée va de plus de 42.000 dans le scénario optimiste à 111 dans le scénario le plus pessimiste.

Tabeau du résultat des simulations. Le pourcentage F en haut représente le stade d’évolution de l’étoile hôte nécessaire au développement d’un CETI. Le pourcentage fc est le pourcentage de planètes terrestres pouvant accueillir un CETI. (Photo: The Astrophysical Journal/Wenjie Song/He Gao/2022)
Tabeau du résultat des simulations. Le pourcentage F en haut représente le stade d’évolution de l’étoile hôte nécessaire au développement d’un CETI. Le pourcentage fc est le pourcentage de planètes terrestres pouvant accueillir un CETI. (Photo: The Astrophysical Journal/Wenjie Song/He Gao/2022)

Tabeau du résultat des simulations. Le pourcentage F en haut représente le stade d’évolution de l’étoile hôte nécessaire au développement d’un CETI. Le pourcentage fc est le pourcentage de planètes terrestres pouvant accueillir un CETI. (Photo: The Astrophysical Journal/Wenjie Song/He Gao/2022)

Pour les chercheurs, il y aurait donc dans le pire des cas plus d’une centaine de formes de vies a découvrir au sein de la Voie lactée. Mais pour parvenir à les trouver, l’humanité va vraisemblablement devoir prendre son mal en patience.

Reprenant leurs scénarios, les deux chercheurs estiment qu’il faudra survire encore 2000 au minimum pour qu’une communication bidirectionnelle s’établisse avec nous. Cette durée pourrait d’ailleurs devenir bien plus longue si l’on suit le scénario pessimiste, et pousser jusqu’à 400 000 ans.

À l’échelle de notre espèce, c’est très (très) long. En effet, notre espèce, n’existe que depuis quelques centaines de milliers d’années et n’a découvert l’agriculture qu’il y a 12.000 ans. C’est court.

Un paradoxe, des hypothèses

La recherche d’autres formes de vies, de nombreux scientifiques s’y sont attelés. C’est le cas d’Enrico Fermi, l’un des créateurs de la bombe atomique. Lors d’un déjeuner dans les années 50 avec des collègues physicien, la question de la vie extraterrestre arrive sur la table.

Le chercheur italien fait alors remarquer ceci: vu l’immensité et l’âge de l’univers, si une civilisation extraterrestre existait, elle aurait certainement eu le temps de s’étendre sur des milliers de mondes et de nous rendre visite. Alors, où sont-ils?

C’est le “paradoxe de Fermi”. Depuis des milliers de personnes ont essayé de trouver une réponse à ce problème. En 1961, Franck Drake, un astronome américain, met carrément en place une équation afin de calculer le nombre de civilisations extraterrestres dans notre galaxie. Le problème, c’est que cette équation a de nombreuses inconnues. “Mais on commence à connaître plusieurs des termes: le nombre d’étoiles de planètes, le type de planètes”, précise Gabriel Chardin, physicien au CNRS.

En attendant de résoudre “l’équation de Drake”, les théories pour expliquer le paradoxe de Fermi pullulent. Certaines peu sérieuses, d’autres partent de véritables bases scientifiques.

Le problème du Grand filtre

À ce moment-là le Grand filtre entre en jeu. Défini en 1998 par Robin Hanson, il s’agit d’une suite de barrières qui nuit à l’émergence d’une civilisation extraterrestre avancée. Les auteurs abordent ce problème de la manière suivante: “La durée de vie des civilisations est très probablement auto-limitée, en raison de nombreuses perturbations potentielles, telles que les problèmes de population, l’annihilation nucléaire, les changements climatiques soudains, les comètes rebelles, les changements écologiques, etc.”

Mais alors, l’humanité rencontrera-t-elle un jour une autre civilisation? Comme pour toutes les questions relatives à ce sujet, le mystère reste entier, tant les inconnues sont nombreuses. Dès lors, il n’est pas impossible d’imaginer un scénario où “les humains pourraient ne recevoir aucun signal d’autres CETI avant leur extinction.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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