Sommes-nous devenus impatients ?

© MICHAEL BLANN/GETTY IMAGES

Pendant le premier confinement, certains se sont découvert une passion pour la pâtisserie. D’autres sont parvenus à terminer un livre abandonné depuis des mois. Quelques-uns se sont même surpris à s’ennuyer. Devenu « maître du temps », le « virus chronocrator » décrit par Pascal Chabot, philosophe et auteur d’Avoir le temps (éd. PUF), nous a forcés à ralentir. Le terme patience, issu du latin patior, qui signifie « subir », « accepter son sort », a pris tout son sens. « Nous avons renoué avec la morale stoïcienne qui incite à admettre le cours des choses sans se révolter », précise le philosophe. Dans ce contexte inédit, sans perspective d’issue certaine, nous n’avons pas tous déployé les mêmes capacités d’attente.

En effet, d’après Sylvie Droit-Volet, professeure en psychologie sociale et cognitive au CNRS, « une personne souffrant d’anxiété ou d’un TDAH (trouble de l’attention et de l’hyperactivité) sera par exemple plus sujette à l’impulsivité. […] L’éducation influence aussi nos traits de personnalité, dont la patience, précise-t-elle. C’est le cas typique de l’enfant-roi qui n’a pas appris à attendre, notamment parce que les parents remplissent le temps en permanence. L’enfant doit savoir s’ennuyer et trouver seul de quoi s’occuper. La patience, ça se travaille ».

Cette qualité dépend de deux systèmes neuronaux. D’une part, le système de contrôle cognitif aide à maîtriser l’impulsivité cognitive, soit nos choix automatiques, non réfléchis. D’autre part, un système dit de valuation (...)

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